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Ancienne abbaye d'Auberive

Dossier IA52001032 réalisé en 2015

Fiche

Auberive (52) a été fondée au début de 1135 (ou avant ?), vingt ans après Clairvaux. Des laïques, seigneurs des environs, en sont à l’origine, de concert avec l'évêque de Langres, Villain d’Aigremont, par ailleurs oncle paternel de saint Bernard. Raimbaud fut désigné premier abbé. La contrée forestière retenue pour l’implantation de la 24e fille de Clairvaux, au cœur de ce qu’on appelle la Montagne (plateau de Langres), était de christianisation ancienne même si l’encadrement paroissial y demeurait assez lâche, rudesse du milieu oblige. La dotation initiale, composée des nombreuses donations effectuées pour cette occasion et consignées dans la pancarte que l’évêque Vilain émit cette même année 1135 (Gallia christiana, IV, pièce XLII, col. 165-168), attribua aux moines un vaste espace allant des têtes de vallées de l’Aube naissante à la source de l’Aujon. Les premières années furent consacrées à l’aménagement du site abbatial (assainissement, détournement de la rivière, terrassements), à la construction des bâtiments et à la mise en place des premiers domaines agricoles au sein du maillage villageois préexistant (ill. IVR21_20155200296NUCA). Dès 1141, le Val-Serveux, ancien ermitage voisin devenu maison de chanoines réguliers vers 1100, en profita pour s’unir à l’abbaye qui le réduisit au statut de grange. Auberive a bénéficié des largesses des seigneurs des environs, dont les puissants Grancey et Saulx, qui y élirent sépulture (E. Guillou, ”Auberive - Esquisse historique”, Les Cahiers Haut-Marnais, 1950, n°23, p. 113). La société toute entière participa à son essor, chacun donnant selon son rang et ses moyens, les uns des terres, les autres des droits, d’autres encore se faisant moines ou convers, comme le rappellent plusieurs noms de religieux tirés du chartrier.

La prospérité d’Auberive se mesure à sa douzaine de granges au XIIIe siècle, auxquelles s'ajoutaient de nombreux autres domaines d’importances diverses (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200689NUCA). Du noyau primitif (dans un rayon de 5 km environ autour de l'abbaye) sortirent les granges de la Salle et Crilley, d’Amorey (terre épiscopale) puis d’Allofroy, alors siège d’une paroisse et d’un petit prieuré relevant de Saint-Oyend-de-Joux (39- Saint-Claude). De même, la seigneurie de Cunlins, relevant des Grancey, fut progressivement remplacée par une nouvelle grange, le Val-Clavin. À ces 5 granges, il convient d’ajouter la grange abbatiale, souvent supposée mais mentionnée seulement à la fin du XIVe siècle (P. Gautier, ”La désolation de l’abbaye d’Auberive à la fin de la guerre de Cent Ans”, Bull. CTHS, 1912, p. 55). Ce n’est qu’au début du XIIIe siècle, avec la mainmise définitive sur l’ancien village d’Acquenove, transformé à son tour en grange, que la maîtrise de cet espace initial fut complète. L’extension au-delà se fit alors selon les opportunités et les besoins, en particulier vers le nord où l’abbaye créa deux nouvelles granges. Signe des temps, Érelles (52-com. Arbot) fut achetée en 1202 aux templiers de Morment (52-com. Leffonds) pendant que Plongerot était en cours de constitution entre 1188 et 1219 en périphérie de la seigneurie de Rochetaillée (52). Ces acquisitions, comprenant la forêt qui les séparait, permirent à Auberive de gagner les vallées intérieures du plateau, afin d’en mettre à profit les nombreux cours d’eau qui actionneraient les moulins. En développant parallèlement un domaine agricole complémentaire (domus ?) à Chameroy sur le haut Aujon dès l’épiscopat de Gautier de Bourgogne (1162-1180), puis en achetant en 1244 à l’abbaye de Luxeuil (70) le petit moûtier qu’elle tenait dans l’ancienne paroisse de la Chapelle de Bay, Auberive effaça progressivement les entraves à la continuité de son temporel pour mieux en assurer la cohérence. Toutefois, à progresser ainsi vers le nord, Auberive ne manquerait pas de se heurter aux possessions de Longuay, de 15 ans sa cadette. De fait, dès avant la fin du XIIe siècle, les deux abbayes se disputaient les espaces de pâturages, et aboutirent à un accord en 1199, fixant comme limite à leur rayon d’action respectif une ligne joignant La Chaume (21) à Giey-sur-Aujon (52), en passant par Gurgy (21) et Rouvres-sur-Aube (52) (B. Chauvin, Vauxbons, 2005, p. 45). Si le temporel d’Auberive se figea dans cette direction, ce ne fut pas le cas vers le sud, et cela en lien étroit avec l’approvisionnement en denrées à plus haute valeur spéculative telles que le vin, le fer et le sel. Outre quelques petites vignes locales, les besoins quotidiens en vin nécessitèrent de s’implanter dans des terroirs propices. À la faveur de donations vers 1164 (E. Petit, Histoire des ducs de Bourgogne, II, n°428 et 430, s.d.), Auberive développa un petit domaine viticole dans les proches environs de Dijon (vignes à Pouilly et Mirande), puis un autre en 1182 à Mussy-l’Évêque [-sur-Seine] (10), bourg épiscopal. Deux nouveaux celliers virent le jour à Ruffey [-lès-Échirey] (21) au nord de Dijon à partir de 1219-22, puis à Esnoms [-au-Val] (52) à seulement 15 km au sud-est, bien établi au pied du versant sud du plateau de Langres et qui prit par la suite le nom de ”Petite-Auberive”. À Cohons (52), à 20 km à l’est en des conditions similaires, apparut encore en 1247 un dernier domaine dont la fonction viticole semble avoir été prédominante. On notera que des vignobles ont perduré dans tous ces sites jusqu’à la crise phylloxérique. Comme ses voisines Clairvaux, Longuay, La Crête et Morimond, Auberive prit une part active à la production de fer. À l’écart du bassin de Wassy, plus spécifiquement champenois, et du fameux ban de Chaligny des Lorrains, les moines s’implantèrent à la Chaume à partir de 1169, à la suite de la donation d’une minière par l'évêque de Langres, Gautier, assortie de droits d’usages en bois (Petit, I, n°482). Longuay bénéficia de la même faveur au même moment. Une forge fut établie peu après dans ce qui devint dès lors l’un des principaux centres métallurgiques cisterciens (C. Verna-Navarre, "De Wassy à Cussey-les-Forges : un espace du fer au Moyen Âge", Les Cahiers Haut-Marnais, n°185, 1991, p. 38-56). Des laïques, parmi lesquels le sire de Grancey, donnèrent à leur tour en 1218-19 des mines à Cussey [-les-Forges] (21), renforçant ainsi les capacités de production. Pour le sel, indispensable à l’alimentation, à la conservation et au bétail, Auberive suivit la voie tracée par Clairvaux et Cîteaux et s’orienta vers Lons [-le-Saunier] (39). Si plusieurs abbayes cisterciennes tiraient déjà profit du bassin lédonien depuis les années 1169-73, où elles possédaient un patrimoine notable, Auberive n’y prit pied qu’en 1225, lorsque Rosières lui vendit pour 470 £ estevenans deux montées de muire qu’elle avait reçues du comte 20 ans plus tôt. Après avoir acquis celles de Clairvaux en 1234, avec un homme vraisemblablement spécialisé, pour 60 sous provinois annuels, l’abbaye se retrouva à la tête de 4,5 montées. Son patrimoine s'étoffa de quelques maisons et installations saunières, signalées en 1246. Face à l’éloignement et à la raréfaction de la main d’œuvre converse, Auberive accensa son domaine qui périclita vers 1320 (B. Chauvin, "Notes et documents pour servir à l'histoire du sel de Lons-le-Saunier au Moyen Âge : les archives de l'abbaye d'Auberive (1225-1294)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°182, 1990, p. 1-21). Le temps de la gestion seigneuriale étant venu, Auberive ne créa plus de grand domaine : elle reçut pourtant d’Hugues II Morhier en 1223 une place à Santenoge (52-com. Villars-Santenoge), en son fief familial, pour y construire une grange, où seule une petite ferme semble pourtant avoir été établie, comme à Baissey (52), en 1252. Dernier sursaut en 1369, à une date où l’abbaye disposait encore d’une capacité financière suffisante, Auberive fit l’acquisition de la grange de la Dhuis, non loin du cellier d’Esnoms, mise en vente par le maître de l’hôpital de Sussy, endetté.

En dehors des systèmes productifs très spécialisées précités, qui d’ailleurs étaient toujours complétés par une activité agricole classique, le pastoralisme fut prédominant en tant que solution de valorisation optimale d’un vaste espace forestier sur sols arides. D’ailleurs, bien après l’apogée de l’essor cistercien, « entre 1379 et 1386, Auberive possédait dans ses domaines des troupeaux considérables, évalués pour les seuls moutons et brebis à 2354 têtes » (Gautier, op. cit., p. 51). Le produit annuel dépassait de loin les seuls besoins de la communauté, a fortiori lorsque le recrutement déclina. Aussi, l’implantation dans les centres urbains, où des relais, celliers ou hôtels avaient été acquis, s’inscrivait-elle dans une logique économique d’écoulement sur les marchés. Et cela d’autant plus que l’abbaye bénéficiait d’exemptions multiples, notamment de péages et de taxes. Le duc de Bourgogne autorisa par exemple l’abbaye en 1208 à vendanger 40 journaux de vignes à Dijon sans aucun ban (Petit, II, n°1163). De la sorte, avec la gratuité de la main d’œuvre converse pour le traitement et le transport, le sel arrivait à Auberive quasiment à prix coûtant (B. Chauvin, op. cit., 1990, p. 9). Par proximité et en tant que ville épiscopale (voire -refuge), une maison fut acquise à Langres, signalée en 1218 et 1227 (Marsy, ”La maison de l’abbaye d’Auberive à Langres (1227-1365)”, Revue de Champagne et de Brie, V, 1878, p. 262-264), ainsi qu’à Troyes en y suivant Clairvaux, à côté de laquelle Auberive s’était installée au quartier de la porte de Croncels (mentionnée en 1208). Les foires de Champagne ont attiré un grand nombre d’abbayes et pas seulement cisterciennes. Même configuration à Dijon, capitale ducale, mais en tant que point de rassemblement des abbés en voyage pour le Chapitre Général annuel. À ce titre, Auberive et Longuay ont joué un rôle important de relais "hôtelier" pour les abbés de la filiation claravallienne en provenance du nord-ouest et d'Angleterre par exemple (Chauvin, ”Glanes d’archives (1153-1762) autour des bâtiments médiévaux disparus d’Auberive et de Longuay”, Les Cahiers Haut-Marnais, n°274-275, 2014, p. 195). Ainsi, un véritable quartier hôtelier se développa à proximité de la porterie, constitué de chambres réservées puis achetées par les abbayes du nord (avec facilités logistique pour les montures).

La cohérence du temporel d’Auberive se mesure à l’ambivalence spatiotemporelle de sa morphologie : une première couronne de domaines (XIIe s.) groupés à peu de distance de l’abbaye, basée sur un système essentiellement sylvo-pastoral, que complète à l’extérieur une seconde couronne (XIIIe s.), nécessairement discontinue, façonnée par la géographie des ressources et articulée sur des centres de productions spécialisées, non sans lien avec les marchés urbains. Avant de se disloquer avec les crises des XIVe et XVe siècles, ce bel édifice s’accrut en 1404 des quelques biens de l’abbaye de moniales de Vauxbons, dissoute en 1394 sur décision de l’abbé de Cîteaux entérinée par le pape Benoît XIII en 1405 (B. Chauvin, Vauxbons, 2005, p. 59).

Auberive a été plusieurs fois pillée et endommagée au cours des guerres de Cent-Ans et de Trente-Ans, notamment dès 1317 par divers « particuliers, la plupart moines défroqués » (Petit, VIII, n°6682). Les gens de l’abbaye, abbés, moines et domestiques, ont été rançonnés voire capturés à de nombreuses reprises entre 1431 et 1436 et jusqu’en 1465, date à laquelle notamment le domaine de Cohons a été brûlé (Gautier, op. cit., p. 63). Le bétail a été maintes fois saisi et contraint à rachat. Lot commun des calamités de ce temps, entre Champagne et Bourgogne.Comme dans la majeure partie des établissements, la commende fut introduite au XVIe siècle, avec l’abbé Louis de Rye (1519-50). C’est à cette période qu’a été édifiée ”l’Abbatiale”, ancien logis des abbés extra muros, non loin de l’église. En dépit de ce régime, souvent funeste et décrié, la communauté comptait encore 25 moines en 1573 (J. Laurent et F. Claudon, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, XII (3e partie : Diocèses de Langres et de Dijon), 1941, p. 359-363). Le ballet des commendataires cessa un temps avec la conversion de Martial de Lévis, laïque devenu régulier 10 ans après sa nomination en 1553 (G. Vilain, L’abbaye d’Auberive, 2006, p. 15), cas trop peu fréquent pour ne pas être noté. Comme souvent, afin de protéger leur part des fréquents abus des abbés, liés à leur train de vie mondain, les religieux acceptaient le partage des biens et revenus de l’abbaye ; celui-ci fut conclu en 1682. Si les siècles de troubles et la commende ont pu entraîner ici ou là un certain relâchement, la réforme post-tridentine introduite par l’abbé de Clairvaux dans sa filiation imposa un retour aux valeurs fondamentales de l’ordre ; Auberive suivit en se rangeant sous la commune observance. Avec le retour à une paix durable à la suite de l’éloignement de l’ancienne frontière d’Empire, le XVIIIe siècle correspond là aussi à une prospérité retrouvée qui va autoriser la reconstruction de l’abbaye à partir des années 1745-50 (Chauvin, 2014, p.191). Il semble que les travaux aient été confiés à l’architecte Claude-Louis Daviler, dont le devis a été conservé (1762) (Vilain, p. 18). Cet important chantier, qui toutefois ne comprenait pas l’aile orientale, a pris fin en 1777. Il aura coûté aux religieux plus de 350 000 £, une somme obtenue sur le produit des ventes exceptionnelles de bois. À l’exception de l’église abbatiale dont le chœur a été épargné, la reconstruction a été menée à l’emplacement même du monastère médiéval qui aura servi de fondation. Le dernier projet, consacré à l’aile orientale, fut confié à François Buron, qui dirigea les travaux de 1782 à 1786 (id.). Trois ans plus tard, la Révolution allait sceller le sort de la communauté et disperser très rapidement le patrimoine monastique au titre des Biens Nationaux (1790). Acquise par le gendre de Diderot, l’homme d’affaires Caroillon de Vandeul, qui en deviendra seul propriétaire dès 1794, l’abbaye abritera une filature qui fonctionnera jusqu’en 1807. Simple résidence familiale par la suite, les bâtiments sont vendus en 1825 à un maître de forges, qui fera démolir la nouvelle église (désorientée) et l’aile méridionale du cloître sur laquelle elle était greffée. Ce dernier s’en sépara à son tour au profit de l’État, qui choisit Auberive comme maison de détention pour femmes, jusqu’alors affectées à la centrale de Clairvaux. La prison, puis une colonie pénitentiaire, fonctionnèrent de 1856 à 1924, après quoi Auberive renoua (hors temps de guerre) avec quatre communautés monastiques successives jusqu'en 1960, dont en dernier lieu des cisterciens, pour 6 petites années à peine. Durant la seconde moitié du XXe siècle, le groupe Solvay y installa une colonie de vacances qui n’atteignit pas le tournant du XXIe siècle : au dernier changement propriétaire a correspondu la réaffectation du site en pôle culturel privé (depuis 2004).

De l’abbaye médiévale, il ne reste que le chœur de l’ancienne église abbatiale (presbyterium) que la reconstruction moderne a épargné pour en faire une chapelle (ill. IVR21_20155200691NUCA). C’était un édifice, consacré en 1182, qui présentait l’intérêt de n’avoir pas été modifié (Chauvin, 2014, p. 180) ; son homogénéité devait l’apparenter à Fontenay, contemporaine et de la même filiation. L’édifice de plan en croix latine peu saillante, représenté en forme de tibériade sur un dessin du XVIIIe siècle (ill. IVR21_20155200696NUCA), comportait un porche au devant de sa façade occidentale a priori semblable à ceux de Pontigny et Quincy (D. Borlée, ”L’architecture des abbayes cisterciennes de l’Yonne : état des lieux et hyothèses”, Les Cisterciens dans l’Yonne, 1999, p. 32). Quelques incohérences, liées aux hésitations d’une main mal assurée, laissent planer un doute quant à la nature et la localisation précise du clocher (croisée ou chœur), par ailleurs surdimensionné. Se voient encore aujourd’hui dans le chœur conservé, armoire et piscine, ménagés dans l’épaisseur du mur sud, ainsi que la base reconstituée de l’autel. Son élément le plus remarquable, outre la belle et simple élévation en berceau brisé, réside dans l’ordonnancement du chevet plat : épaulé de solides contreforts, il se caractérisée par la superposition d’un triplet, de deux lancettes plus petites et enfin d’un petit oculus (ill. IVR21_20155200692NUCA). Côté cloître, le retour de communautés religieuses entraîna dans les années 1930 le réaménagement des lieux laissés par l’activité pénitentiaire, et permit de redécouvrir la porte médiévale qui avait été murée (ill. IVR21_20155200694NUCA). Ce beau et large portail du XIIIe siècle a conservé son tympan trilobé, autrefois peint de toute évidence, reposant sur des piédroits maçonnés, aux angles moulurés, ornés d’une fine colonnette engagée (incomplète). Cette dernière est réceptionnée au sol par un petit bloc en forme d’arc brisé sur chaque face. Ce motif, employé plus encore au tympan à la retombée des voussures et du trilobe, se retrouve à l’identique sur certains culots du dortoir des convers de Longuay, de fait contemporain. Si le tiers gauche a subi des dégâts irrémédiables jusqu’aux voussures, la structure des ébrasements est encore observable dans sa partie droite, même si les colonnettes sans doute en délit que surmontaient les beaux chapiteaux à feuille d’eau ont disparu. Seules les bases en sont encore visibles. Les motifs feuillagés, insérés entre les chapiteaux, ont été prolongés jusqu’aux coussinets. C’est peut-être parce qu’il ouvrait sur le réfectoire médiéval, en principe au centre de la galerie du cloître, qu’il a été manifestement déplacé de quelques mètres au XVIIIe siècle à hauteur du nouveau réfectoire des moines. Hors de la clôture mais intra muros, le moulin abbatial (XIIIe s.) a lui aussi été conservé avec ses biefs, pour des raisons sans doute utilitaires (ill. IVR21_20155200695NUCA). On perçoit, à travers les remaniements du pignon nord actuel, son pignon du XIIIe siècle, percé à l’étage de trois petites baies rectangulaires et soutenu par des contreforts. Une petite baie cintrée permettait déclarer le niveau inférieur, semi enterré. De même, peut-on toujours voir à l’arrière du chœur ”bernardin” l’ancien logis des abbés commendataires, traditionnellement appelé l’Abbatiale. Cette massive bâtisse du XVIe siècle présente une façade méridionale composite : la moitié ouest, remaniée au XVIIIe siècle, ne laisse plus apparaître qu’une rangée de 4 fenêtres sur chacun des deux étages (rez-de-chaussée très encombré) ; la moitié orientale en revanche se caractérise par une large travée de style renaissance, rythmée par la superposition de deux belles fenêtres à meneaux, entre lesquelles s’insère un fronton triangulaire venant couronner la baie inférieure. Une élégante tourelle marque probablement l’ancien angle sud-est du bâtiment (avant extension postérieure ?).

La phase générale de renouveau architectural de la seconde moitié du XVIIIe siècle a légué les majestueux bâtiments que l’on voit aujourd’hui (ill. IVR21_20155200293NUCA). Le beau portail d’entrée (ouest), rapporté de Beaulieu par le premier propriétaire après la Révolution et donnant accès au jardin que traversent les bras de l’Aube, ouvre sur l’aile occidentale et sa grande façade emblématique. Ce bâtiment de près de 70 m de long à deux étages, dont un sous combles, comporte un avant-corps central peu saillant, percé à chaque niveau d’une fenêtre en arc segmentaire et agrafe de part et d’autre de la porte centrale (en plein cintre), le tout surmonté d’un fronton triangulaire au décor inachevé encadré de pots à feu (ill. IVR21_20155200690NUCA). À ce module central répond aux deux extrémités un avant-corps large de deux travées, bordé de chaînages d’angles. Entre les deux s’égrènent les rangées de fenêtres, aux linteaux délardés, dans une symétrie parfaite. L’ensemble est couvert d’un long toit brisé à croupes, ponctué de lucarnes à arcs segmentaires et piédroits décorés de volutes. Cette aile occidentale, consacrée aux hôtes, a été reconstruite sur le bâtiment des convers médiéval dont elle a utilisé les fondations et peut-être aussi le rythme des travées. Cette remarque vaut pour l’ensemble du nouveau carré monastique (Chauvin, 2014, p. 192), car d’après le dessin précité de la vue en tibériade, les bâtiments des moines et des convers se prolongeaient sur une longueur équivalente au-delà de l’aile du réfectoire (ill. IVR21_20155200696NUCA). Si celle-ci est de facture similaire à l’aile ouest, cohérence de campagne architecturale oblige, il n’en va pas de même pour l’aile des moines qui prolongeait jadis le bras nord du transept de l’église abbatiale. Ce bâtiment, élevé 10 ans plus tard et doté d’un niveau de plus que l’aile occidentale (subdivisé en deux petits étages), présente d’emblée un aspect plus massif à caractère militaire, dépourvu d’animations telles que les avant-corps, qui annonce le XIXe siècle. Côté préau, même rupture au niveau du cloître dont les galeries ouest et nord n’ont pas été suivies d’un retour oriental, sans doute rendu inutile par la démolition de l’église médiévale (ill. IVR21_20155200693NUCA). Une belle harmonie caractérise en revanche les deux galeries subsistantes (1e campagne) : les façades est et sud, réduites à deux niveaux séparés par un bandeau horizontal courant sur toute la longueur, sont rythmées par les travées du cloître (8 côté logis des hôtes, 6 côté réfectoire) que sépare un chaînage s’élevant jusqu’à la corniche du toit. À chaque arcade en plein cintre du rez-de-chaussée correspond à l’étage une fenêtre centrée à linteau délardé. Le préau est ouvert au sud depuis la démolition de la nouvelle église, élevée perpendiculairement à l’ancienne, et de la galerie qui la desservait et qui, d’après G. Vilain (op. cit., p. 34) était couverte d’une terrasse à balustrade semblable à celle qui couronne le portail intérieur de l’abbaye de Trois-Fontaines (51). L’ensemble est encore porté au cadastre dit ”napoléonien” qui présente aussi l’intérêt de figurer une dérivation de l’Aube desservant le centre du préau (lavabo) et longeant l’aile des moines (latrines au pignon nord ?) avant de retrouver son lit plus en aval (ill. IVR21_20155200697NUCA).

Contrairement à ce qui a pu être déploré dans de trop nombreux cas au moment de la dissolution des communautés en 1789, les archives d’Auberive ont été transférées dans d’assez bonnes conditions au chef-lieu, en n’ayant subi aucune perte significative. Le riche fonds, aujourd’hui conservé pour l’essentiel aux Archives départementales de la Haute-Marne sous la cote 1 H, comporte entre autres trois cartulaires et inventaires, et un peu moins de 140 liasses (dont 4 de bulles pontificales), totalisant près de 2000 actes. Fait suffisamment rare pour être souligné.

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Auberive
Destinations abbaye, filature, prison, colonie de vacances, centre culturel
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Auberive - Villegusien-le-Lac
Adresse Commune : Auberive
Lieu-dit : Village
Cadastre : 1995 C 357, 172

Auberive (52) a été fondée au début de 1135 (ou avant ?), vingt ans après Clairvaux. Des laïques, seigneurs des environs, en sont à l’origine, de concert avec l'évêque de Langres, Villain d’Aigremont, par ailleurs oncle paternel de saint Bernard. Raimbaud fut désigné premier abbé. La contrée forestière retenue pour l’implantation de la 24e fille de Clairvaux, au cœur de ce qu’on appelle la Montagne (plateau de Langres), était de christianisation ancienne même si l’encadrement paroissial y demeurait assez lâche, rudesse du milieu oblige. La dotation initiale, composée des nombreuses donations effectuées pour cette occasion et consignées dans la pancarte que l’évêque Villain émit cette même année 1135 (Gallia christiana, IV, pièce XLII, col. 165-168), attribua aux moines un vaste espace allant des têtes de vallées de l’Aube naissante à la source de l’Aujon. Les premières années furent consacrées à l’aménagement du site abbatial (assainissement, détournement de la rivière, terrassements), à la construction des bâtiments et à la mise en place des premiers domaines agricoles au sein du maillage villageois préexistant (ill. IVR21_20155200296NUCA). Dès 1141, le Val-Serveux, ancien ermitage voisin devenu maison de chanoines réguliers vers 1100, en profita pour s’unir à l’abbaye qui le réduisit au statut de grange. Auberive a bénéficié des largesses des seigneurs des environs, dont les puissants Grancey et Saulx, qui y élirent sépulture (E. Guillou, ”Auberive - Esquisse historique”, Les Cahiers Haut-Marnais, 1950, n°23, p. 113). La société toute entière participa à son essor, chacun donnant selon son rang et ses moyens, les uns des terres, les autres des droits, d’autres encore se faisant moines ou convers, comme le rappellent plusieurs noms de religieux tirés du chartrier.

La prospérité d’Auberive se mesure à sa douzaine de granges au XIIIe siècle, auxquelles s'ajoutaient de nombreux autres domaines d’importances diverses (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200689NUCA). Du noyau primitif (dans un rayon de 5 km environ autour de l'abbaye) sortirent les granges de la Salle et Crilley, d’Amorey (terre épiscopale) puis d’Allofroy, alors siège d’une paroisse et d’un petit prieuré relevant de Saint-Oyend-de-Joux (39- Saint-Claude). De même, la seigneurie de Cunlins, relevant des Grancey, fut progressivement remplacée par une nouvelle grange, le Val-Clavin. À ces 5 granges, il convient d’ajouter la grange abbatiale, souvent supposée mais mentionnée seulement à la fin du XIVe siècle (P. Gautier, ”La désolation de l’abbaye d’Auberive à la fin de la guerre de Cent Ans”, Bull. CTHS, 1912, p. 55). Ce n’est qu’au début du XIIIe siècle, avec la mainmise définitive sur l’ancien village d’Acquenove, transformé à son tour en grange, que la maîtrise de cet espace initial fut complète. L’extension au-delà se fit alors selon les opportunités et les besoins, en particulier vers le nord où l’abbaye créa deux nouvelles granges. Signe des temps, Érelles (52-com. Arbot) fut achetée en 1202 aux templiers de Morment (52-com. Leffonds) pendant que Plongerot était en cours de constitution entre 1188 et 1219 en périphérie de la seigneurie de Rochetaillée (52). Ces acquisitions, comprenant la forêt qui les séparait, permirent à Auberive de gagner les vallées intérieures du plateau, afin d’en mettre à profit les nombreux cours d’eau qui actionneraient les moulins. En développant parallèlement un domaine agricole complémentaire (domus ?) à Chameroy sur le haut Aujon dès l’épiscopat de Gautier de Bourgogne (1162-1180), puis en achetant en 1244 à l’abbaye de Luxeuil (70) le petit moûtier qu’elle tenait dans l’ancienne paroisse de la Chapelle de Bay, Auberive effaça progressivement les entraves à la continuité de son temporel pour mieux en assurer la cohérence. Toutefois, à progresser ainsi vers le nord, Auberive ne manquerait pas de se heurter aux possessions de Longuay, de 15 ans sa cadette. De fait, dès avant la fin du XIIe siècle, les deux abbayes se disputaient les espaces de pâturages, et aboutirent à un accord en 1199, fixant comme limite à leur rayon d’action respectif une ligne joignant La Chaume (21) à Giey-sur-Aujon (52), en passant par Gurgy (21) et Rouvres-sur-Aube (52) (B. Chauvin, Vauxbons, 2005, p. 45). Si le temporel d’Auberive se figea dans cette direction, ce ne fut pas le cas vers le sud, et cela en lien étroit avec l’approvisionnement en denrées à plus haute valeur spéculative telles que le vin, le fer et le sel. Outre quelques petites vignes locales, les besoins quotidiens en vin nécessitèrent de s’implanter dans des terroirs propices. À la faveur de donations vers 1164 (E. Petit, Histoire des ducs de Bourgogne, II, n°428 et 430, s.d.), Auberive développa un petit domaine viticole dans les proches environs de Dijon (vignes à Pouilly et Mirande), puis un autre en 1182 à Mussy-l’Évêque [-sur-Seine] (10), bourg épiscopal. Deux nouveaux celliers virent le jour à Ruffey [-lès-Échirey] (21) au nord de Dijon à partir de 1219-22, puis à Esnoms [-au-Val] (52) à seulement 15 km au sud-est, bien établi au pied du versant sud du plateau de Langres et qui prit par la suite le nom de ”Petite-Auberive”. À Cohons (52), à 20 km à l’est en des conditions similaires, apparut encore en 1247 un dernier domaine dont la fonction viticole semble avoir été prédominante. On notera que des vignobles ont perduré dans tous ces sites jusqu’à la crise phylloxérique. Comme ses voisines Clairvaux, Longuay, La Crête et Morimond, Auberive prit une part active à la production de fer. À l’écart du bassin de Wassy, plus spécifiquement champenois, et du fameux ban de Chaligny des Lorrains, les moines s’implantèrent à la Chaume à partir de 1169, à la suite de la donation d’une minière par l'évêque de Langres, Gautier, assortie de droits d’usages en bois (Petit, I, n°482). Longuay bénéficia de la même faveur au même moment. Une forge fut établie peu après dans ce qui devint dès lors l’un des principaux centres métallurgiques cisterciens (C. Verna-Navarre, "De Wassy à Cussey-les-Forges : un espace du fer au Moyen Âge", Les Cahiers Haut-Marnais, n°185, 1991, p. 38-56). Des laïques, parmi lesquels le sire de Grancey, donnèrent à leur tour en 1218-19 des mines à Cussey [-les-Forges] (21), renforçant ainsi les capacités de production. Pour le sel, indispensable à l’alimentation, à la conservation et au bétail, Auberive suivit la voie tracée par Clairvaux et Cîteaux et s’orienta vers Lons [-le-Saunier] (39). Si plusieurs abbayes cisterciennes tiraient déjà profit du bassin lédonien depuis les années 1169-73, où elles possédaient un patrimoine notable, Auberive n’y prit pied qu’en 1225, lorsque Rosières lui vendit pour 470 £ estevenans deux montées de muire qu’elle avait reçues du comte de Bourgogne 20 ans plus tôt. Après avoir acquis celles de Clairvaux en 1234, avec un homme vraisemblablement spécialisé, pour 60 sous provinois annuels, l’abbaye se retrouva à la tête de 4,5 montées. Son patrimoine s'étoffa de quelques maisons et installations saunières, signalées en 1246. Face à l’éloignement et à la raréfaction de la main d’œuvre converse, Auberive accensa son domaine qui périclita vers 1320 (B. Chauvin, "Notes et documents pour servir à l'histoire du sel de Lons-le-Saunier au Moyen Âge : les archives de l'abbaye d'Auberive (1225-1294)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°182, 1990, p. 1-21). Le temps de la gestion seigneuriale étant venu, Auberive ne créa plus de grand domaine : elle reçut pourtant d’Hugues II Morhier en 1223 une place à Santenoge (52-com. Villars-Santenoge), en son fief familial, pour y construire une grange, où seule une petite ferme semble pourtant avoir été établie, comme à Baissey (52), en 1252. Dernier sursaut en 1369, à une date où l’abbaye disposait encore d’une capacité financière suffisante, Auberive fit l’acquisition de la grange de la Dhuis, non loin du cellier d’Esnoms, mise en vente par le maître de l’hôpital de Sussy, endetté.

En dehors des systèmes productifs très spécialisées précités, qui d’ailleurs étaient toujours complétés par une activité agricole classique, le pastoralisme fut prédominant en tant que solution de valorisation optimale d’un vaste espace forestier sur sols arides. D’ailleurs, bien après l’apogée de l’essor cistercien, « entre 1379 et 1386, Auberive possédait dans ses domaines des troupeaux considérables, évalués pour les seuls moutons et brebis à 2354 têtes » (Gautier, op. cit., p. 51). Le produit annuel dépassait de loin les seuls besoins de la communauté, a fortiori lorsque le recrutement déclina. Aussi, l’implantation dans les centres urbains, où des relais, celliers ou hôtels avaient été acquis, s’inscrivait-elle dans une logique économique d’écoulement sur les marchés. Et cela d’autant plus que l’abbaye bénéficiait d’exemptions multiples, notamment de péages et de taxes. Le duc de Bourgogne autorisa par exemple l’abbaye en 1208 à vendanger 40 journaux de vignes à Dijon sans aucun ban (Petit, II, n°1163). De la sorte, avec la gratuité de la main d’œuvre converse pour le traitement et le transport, le sel arrivait à Auberive quasiment à prix coûtant (B. Chauvin, op. cit., 1990, p. 9). Par proximité et en tant que ville épiscopale (voire -refuge), une maison fut acquise à Langres, signalée en 1218 et 1227 (Marsy, ”La maison de l’abbaye d’Auberive à Langres (1227-1365)”, Revue de Champagne et de Brie, V, 1878, p. 262-264), ainsi qu’à Troyes en y suivant Clairvaux, à côté de laquelle Auberive s’était installée au quartier de la porte de Croncels (mentionnée en 1208). Les foires de Champagne ont attiré un grand nombre d’abbayes et pas seulement cisterciennes. Même configuration à Dijon, capitale ducale, mais en tant que point de rassemblement des abbés en voyage pour le Chapitre Général annuel. À ce titre, Auberive et Longuay ont joué un rôle important de relais "hôtelier" pour les abbés de la filiation claravallienne en provenance du nord-ouest et d'Angleterre par exemple (Chauvin, ”Glanes d’archives (1153-1762) autour des bâtiments médiévaux disparus d’Auberive et de Longuay”, Les Cahiers Haut-Marnais, n°274-275, 2014, p. 195). Ainsi, un véritable quartier hôtelier se développa à proximité de la porterie, constitué de chambres réservées puis achetées par les abbayes du nord (avec facilités logistique pour les montures).

La cohérence du temporel d’Auberive se mesure à l’ambivalence spatiotemporelle de sa morphologie : une première couronne de domaines (XIIe s.) groupés à peu de distance de l’abbaye, basée sur un système essentiellement sylvo-pastoral, que complète à l’extérieur une seconde couronne (XIIIe s.), nécessairement discontinue, façonnée par la géographie des ressources et articulée sur des centres de productions spécialisées, non sans lien avec les marchés urbains. Avant de se disloquer avec les crises des XIVe et XVe siècles, ce bel édifice s’accrut en 1404 des quelques biens de l’abbaye de moniales de Vauxbons, dissoute en 1394 sur décision de l’abbé de Cîteaux entérinée par le pape Benoît XIII en 1405 (B. Chauvin, Vauxbons, 2005, p. 59).

Auberive a été plusieurs fois pillée et endommagée au cours des guerres de Cent-Ans et de Trente-Ans, notamment dès 1317 par divers « particuliers, la plupart moines défroqués » (Petit, VIII, n°6682). Les gens de l’abbaye, abbés, moines et domestiques, ont été rançonnés voire capturés à de nombreuses reprises entre 1431 et 1436 et jusqu’en 1465, date à laquelle notamment le domaine de Cohons a été brûlé (Gautier, op. cit., p. 63). Le bétail a été maintes fois saisi et contraint à rachat. Lot commun des calamités de ce temps, entre Champagne et Bourgogne.Comme dans la majeure partie des établissements, la commende fut introduite au XVIe siècle, avec l’abbé Louis de Rye (1519-50). C’est à cette période qu’a été édifiée ”l’Abbatiale”, ancien logis des abbés extra muros, non loin de l’église. En dépit de ce régime, souvent funeste et décrié, la communauté comptait encore 25 moines en 1573 (J. Laurent et F. Claudon, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, XII (3e partie : Diocèses de Langres et de Dijon), 1941, p. 359-363). Le ballet des commendataires cessa un temps avec la conversion de Martial de Lévis, laïque devenu régulier 10 ans après sa nomination en 1553 (G. Vilain, L’abbaye d’Auberive, 2006, p. 15), cas trop peu fréquent pour ne pas être noté. Comme souvent, afin de protéger leur part des fréquents abus des abbés, liés à leur train de vie mondain, les religieux acceptaient le partage des biens et revenus de l’abbaye ; celui-ci fut conclu en 1682. Si les siècles de troubles et la commende ont pu entraîner ici ou là un certain relâchement, la réforme post-tridentine introduite par l’abbé de Clairvaux dans sa filiation imposa un retour aux valeurs fondamentales de l’ordre ; Auberive suivit en se rangeant sous la commune observance. Avec le retour à une paix durable à la suite de l’éloignement de l’ancienne frontière d’Empire, le XVIIIe siècle correspond là aussi à une prospérité retrouvée qui va autoriser la reconstruction de l’abbaye à partir des années 1745-50 (Chauvin, 2014, p.191). Il semble que les travaux aient été confiés à l’architecte Claude-Louis Daviler, dont le devis a été conservé (1762) (Vilain, p. 18). Cet important chantier, qui toutefois ne comprenait pas l’aile orientale, a pris fin en 1777. Il aura coûté aux religieux plus de 350 000 £, une somme obtenue sur le produit des ventes exceptionnelles de bois. À l’exception de l’église abbatiale dont le chœur a été épargné, la reconstruction a été menée à l’emplacement même du monastère médiéval qui aura servi de fondation. Le dernier projet, consacré à l’aile orientale, fut confié à François Buron, qui dirigea les travaux de 1782 à 1786 (id.). Trois ans plus tard, la Révolution allait sceller le sort de la communauté et disperser très rapidement le patrimoine monastique au titre des Biens Nationaux (1790). Acquise par le gendre de Diderot, l’homme d’affaires Caroillon de Vandeul, qui en deviendra seul propriétaire dès 1794, l’abbaye abritera une filature qui fonctionnera jusqu’en 1807. Simple résidence familiale par la suite, les bâtiments sont vendus en 1825 à un maître de forges, qui fera démolir la nouvelle église (désorientée) et l’aile méridionale du cloître sur laquelle elle était greffée. Ce dernier s’en sépara à son tour au profit de l’État, qui choisit Auberive comme maison de détention pour femmes, jusqu’alors affectées à la centrale de Clairvaux. La prison, puis une colonie pénitentiaire, fonctionnèrent de 1856 à 1924, après quoi Auberive renoua (hors temps de guerre) avec quatre communautés monastiques successives jusqu'en 1960, dont en dernier lieu des cisterciens, pour 6 petites années à peine. Durant la seconde moitié du XXe siècle, le groupe Solvay y installa une colonie de vacances qui n’atteignit pas le tournant du XXIe siècle : au dernier changement propriétaire a correspondu la réaffectation du site en pôle culturel privé (depuis 2004).

Contrairement à ce qui a pu être déploré dans de trop nombreux cas au moment de la dissolution des communautés en 1789, les archives d’Auberive ont été transférées dans d’assez bonnes conditions au chef-lieu, en n’ayant subi aucune perte significative. Le riche fonds, aujourd’hui conservé pour l’essentiel aux Archives départementales de la Haute-Marne sous la cote 1 H, comporte entre autres trois cartulaires et inventaires, et un peu moins de 140 liasses (dont 4 de bulles pontificales), totalisant près de 2000 actes. Fait suffisamment rare pour être souligné.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle, 2e moitié 18e siècle

Auberive est, avec Clairvaux, l'une des rares abbayes champenoises à avoir conservé une grande partie de son patrimoine monumental. L'imposant ensemble reconstruit au XVIIIe siècle se dresse toujours fièrement au nord du village actuel, à la faveur d'un petit élargissement de la vallée de l'Aube naissante, encaissée dans le haut plateau autrefois appelé "la Montagne". Parallèlement à la rivière suivant un axe ici nord-ouest / sud-est, l'ancienne abbaye présente un plan carré, aujourd'hui dépourvu de son aile sud (église), que prolongent vers le nord les extensions des ailes occidentale et orientale. De l’abbaye médiévale, il ne reste que le chœur de l’ancienne église abbatiale (presbyterium) que la reconstruction moderne a épargné pour en faire une chapelle (ill. IVR21_20155200691NUCA). C’était un édifice, consacré en 1182, qui présentait l’intérêt de n’avoir pas été modifié (Chauvin, 2014, p. 180) ; son homogénéité devait l’apparenter à Fontenay, contemporaine et de la même filiation. L’édifice de plan en croix latine peu saillante, représenté en forme de tibériade sur un dessin du XVIIIe siècle (ill. IVR21_20155200696NUCA), comportait un porche au devant de sa façade occidentale a priori semblable à ceux de Pontigny et Quincy (D. Borlée, ”L’architecture des abbayes cisterciennes de l’Yonne : état des lieux et hypothèses”, Les Cisterciens dans l’Yonne, 1999, p. 32). Quelques incohérences, liées aux hésitations d’une main mal assurée, laissent planer un doute quant à la nature et la localisation précise du clocher (croisée ou chœur), par ailleurs surdimensionné. Se voient encore aujourd’hui dans le chœur conservé, armoire et lavabo, ménagés dans l’épaisseur du mur sud, ainsi que la base reconstituée de l’autel. Son élément le plus remarquable, outre la voûte en berceau brisé, réside dans l’ordonnancement du chevet plat : épaulé de solides contreforts, il se caractérisée par la superposition d’un triplet, de deux lancettes plus petites et enfin d’un petit oculus (ill. IVR21_20155200692NUCA). Côté cloître, le retour de communautés religieuses entraîna dans les années 1930 le réaménagement des lieux laissés par l’activité pénitentiaire, et permit de redécouvrir la porte médiévale qui avait été murée (ill. IVR21_20155200694NUCA). Ce beau et large portail du XIVe siècle (?) a conservé son tympan trilobé, autrefois peint de toute évidence, reposant sur des piédroits maçonnés, aux angles moulurés. Ce motif de congé, employé sur les moulures des piédroits, le trilobe du tympan ainsi que les tores du rouleau de la voussure, se retrouve sur certains culots du dortoir des convers de Longuay, de fait contemporain. Si le tiers gauche a subi des dégâts irrémédiables jusqu’à la voussure, la structure des ébrasements est encore observable dans sa partie droite, même si les colonnettes sans doute en délit que surmontaient les beaux chapiteaux à feuille d’eau ont disparu. Seules les bases en sont encore visibles. Les motifs feuillagés, insérés entre les chapiteaux, ont été prolongés jusqu’aux coussinets. C’est peut-être parce qu’il ouvrait sur le réfectoire médiéval, en principe au centre de la galerie du cloître, qu’il a été manifestement déplacé de quelques mètres au XVIIIe siècle à hauteur du nouveau réfectoire des moines. Hors de la clôture mais intra muros, le moulin abbatial (XIIIe s.) a lui aussi été conservé avec ses biefs, pour des raisons sans doute utilitaires (ill. IVR21_20155200695NUCA). On perçoit, à travers les remaniements du pignon nord actuel, son pignon du XIIIe siècle, percé à l’étage de trois petites baies rectangulaires et soutenu par des contreforts. Une petite baie cintrée permettait déclarer le niveau inférieur, semi enterré. De même, peut-on toujours voir à l’arrière du chœur ”bernardin” l’ancien logis des abbés commendataires, traditionnellement appelé l’Abbatiale. Cette massive bâtisse du XVIe siècle présente une façade méridionale composite : la moitié ouest, remaniée au XVIIIe siècle, ne laisse plus apparaître qu’une rangée de 4 fenêtres sur chacun des deux étages ; la moitié orientale en revanche se caractérise par une large travée de style renaissance, rythmée par la superposition de deux fenêtres à meneaux, entre lesquelles s’insère un fronton triangulaire venant couronner la baie inférieure. Une élégante tourelle marque probablement l’ancien angle sud-est du bâtiment (avant extension postérieure ?).

La phase générale de renouveau architectural de la seconde moitié du XVIIIe siècle a légué les majestueux bâtiments que l’on voit aujourd’hui (ill. IVR21_20155200293NUCA). Le portail d’entrée (ouest), rapporté de Beaulieu par le premier propriétaire après la Révolution et donnant accès au jardin que traversent les bras de l’Aube, ouvre sur l’aile occidentale et sa grande façade emblématique. Ce bâtiment de près de 70 m de long à deux étages, dont un sous combles, comporte un avant-corps central peu saillant, percé à chaque niveau d’une fenêtre en arc segmentaire et agrafe de part et d’autre de la porte centrale (en plein cintre), le tout surmonté d’un fronton triangulaire au décor inachevé encadré de pots à feu (ill. IVR21_20155200690NUCA). À ce module central répond aux deux extrémités des avant-corps larges de deux travées, bordés de chaînages d’angles. Entre les deux s’égrènent les rangées de fenêtres, aux linteaux délardés, dans une symétrie parfaite. L’ensemble est couvert d’un long toit brisé à croupes, ponctué de lucarnes à arcs segmentaires et piédroits décorés de volutes. Cette aile occidentale, consacrée aux hôtes, a été reconstruite sur le bâtiment des convers médiéval dont elle a utilisé les fondations et peut-être aussi le rythme des travées. Cette remarque vaut pour l’ensemble du nouveau carré monastique (Chauvin, 2014, p. 192), car d’après le dessin précité de la vue en tibériade, les bâtiments des moines et des convers se prolongeaient sur une longueur équivalente au-delà de l’aile du réfectoire (ill. IVR21_20155200696NUCA). Si celle-ci est de facture similaire à l’aile ouest, cohérence de campagne architecturale oblige, il n’en va pas de même pour l’aile des moines qui prolongeait jadis le bras nord du transept de l’église abbatiale. Ce bâtiment, élevé 10 ans plus tard et doté d’un niveau de plus que l’aile occidentale (subdivisé en deux petits étages), présente d’emblée un aspect plus massif à caractère militaire, dépourvu d’animations telles que les avant-corps, qui annonce le XIXe siècle. Côté préau, même rupture au niveau du cloître dont les galeries ouest et nord n’ont pas été suivies d’un retour oriental, sans doute rendu inutile par la démolition de l’église médiévale (ill. IVR21_20155200693NUCA). Une belle harmonie caractérise en revanche les deux galeries subsistantes (1e campagne) : les façades est et sud, réduites à deux niveaux séparés par un bandeau horizontal courant sur toute la longueur, sont rythmées par les travées du cloître (8 côté logis des hôtes, 6 côté réfectoire) que sépare un chaînage s’élevant jusqu’à la corniche du toit. À chaque arcade en plein cintre du rez-de-chaussée correspond à l’étage une fenêtre centrée à linteau délardé. Le préau est ouvert au sud depuis la démolition de la nouvelle église, élevée perpendiculairement à l’ancienne, et de la galerie qui la desservait et qui, d’après G. Vilain (op. cit., p. 34) était couverte d’une terrasse à balustrade semblable à celle qui couronne le portail intérieur de l’abbaye de Trois-Fontaines (51). L’ensemble est encore porté au cadastre dit ”napoléonien” qui présente aussi l’intérêt de figurer une dérivation de l’Aube desservant le centre du préau (lavabo) et longeant l’aile des moines (latrines au pignon nord ?) avant de retrouver son lit plus en aval (ill. IVR21_20155200697NUCA).

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moyen appareil crépi
Toit tuile plate, ardoise
Étages rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Couvrements voûte en berceau brisé
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH partiellement, 1956/10/16, 2006/10/04
inscrit MH partiellement, 2004/07/30, 2006/10/04
Précisions sur la protection

La grille en fer forgé du 18e siècle de la porte du parc avec son encadrement de pierre et les murs circulaires situés de part et d'autre du portail (cad. C 37) : classement par arrêté du 16 octobre 1956 - L'ancien hôtel abbatial : la façade principal sud, la toiture correspondante et l'escalier en vis intérieur (cad. C 189, 190) : inscription par arrêté du 30 juillet 2004 - Les bâtiments de l'ancienne abbaye à l'intérieur de l'enclos : les ailes ouest, nord et est des anciens bâtiments conventuels, y compris la parcelle où se trouvait l'ancienne église et la galerie sud du cloître (cad. C 357) ; l'ancien chœur de l'église et les vestiges des murs est et sud du bras sud du transept, les pavillons d'entrée, les deux ponts, l'ancien moulin, le colombier et le mur d'enceinte (cad. C 30, 33 à 48, 426, 427, 170 à 173, 175, 177, 178, 180, 181, 357) : classement par arrêté du 4 octobre 2006 - Les sols à l'intérieur de l'enclos de l'ancienne abbaye, le bief avec ses aménagements, y compris les maçonneries bordant le bief et l'Aube, l'église néo-gothique et le quartier disciplinaire de l'ancienne colonie agricole pénitentiaire (cad. C 30, 33 à 38, 426, 427, 170 à 173, 422, 423, 175, 177, 178, 424, 425, 180 à 182) : inscription par arrêté du 4 octobre 2006.

Annexes

  • Bibliographie

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(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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