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Ancienne abbaye d'Igny

Dossier IA51001054 réalisé en 2015

Fiche

Quatrième fille de Clairvaux, Igny appartient à la génération des abbayes importantes et précoces issues directement des chefs de filiation (Cîteaux, La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond). Elle a été fondée en 1126 conjointement par saint Bernard et l’archevêque de Reims, Renaud de Martigné, qui a fourni l’assise matérielle et séculière nécessaire, extraite de ses propriétés situées en Tardenois aux confins occidentaux de son diocèse, à la limite de celui de Soissons, son suffragant (51-com. Arcis-le-Ponsart) (cf. ill. IVR21_20155100370NUCA). Sous la conduite du premier abbé Humbert (1126-1138), la communauté s’est développée rapidement au point d’essaimer en 1135 à Signy (Ardennes) et d’édifier les premiers bâtiments, dont l’église qui a été dédicacée dès 1130 en présence de l’abbé de Clairvaux. Toutes les conditions semblaient réunies pour quele monastère prospère rapidement : le prestige de l’abbé-père, l’influence du métropolitain, la bienveillance du comte de Champagne et de ses vassaux et bien sûr l’élan général suscité par la réforme cistercienne. Après la démission d’Humbert désireux de finir ses jours à Clairvaux, un chanoine de Tournai converti par Bernard, Guerric, fut appelé à prendre la crosse. Son abbatiat (1138-1155) fut marqué par une nouvelle fondation ardennaise, à la Valroy en Porcien (1147) mais surtout par la portée de ses textes, lettres et sermons. Il fut remplacé deux ans avant sa mort par Geoffroy d’Auxerre, secrétaire de saint Bernard, lui aussi resté célèbre pour ses vies des saints Bernard et Pierre de Tarentaise. Élu à Clairvaux, il quitta sa charge en 1162. Comme ce dernier, plusieurs abbés d’Igny devinrent par la suite abbés de Clairvaux ou de Cîteaux, en particulier pendant le XIIIe siècle.

À l’instar de saint Bernard, les trois premiers abbés ont grandement contribué au prestige d’Igny qui se traduisit très rapidement par la croissance et la prospérité. De fait, grâce aux nombreuses libéralités des archevêques et des seigneurs du voisinage dont certains occupaient de hautes fonctions dans l’entourage comtal (Châtillon, Braine), le temporel était fixé de manière quasi définitive dès le milieu du XIIe siècle ! La bulle confirmative du pape Adrien IV en donne un état en 1158, où l’on voit déjà 6 des 11 granges en exploitation, plus un moulin associé à l’une d’elles, ainsi que 3 autres en cours de constitution. Les deux dernières granges seront attestées quelques années plus tard. Le temporel d’Igny a ceci d’exemplaire qu’outre la rapidité de sa formation, il s’est développé principalement à l’intérieur d’un espace restreint, dans un rayon de moins de 10 km autour de l’abbaye (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100525NUCA) : dans un premier temps en direction du nord, avec les granges de Montaon (02-com. Dravegny), Resson (02-com. Mont-Saint-Martin), Party (02-com. Coulonges-Cohan) et Montazin (51-com. Savigny-sur-Ardres), puis vers le sud à la Villardelle. L’espace interstitiel a été comblé peu après par les granges de Raray (02-com. Dravegny), Morfontaine (02-com. Coulonges-Cohan) et Rozoy (51-com. Aougny), soit un ensemble assez concentré, principalement réparti de part et d’autre de l’axe méridien naturel que constitue la vallée de l’Orillon, tributaire de l’Ardre. Seules échappent à cette logique spatiale La Villardelle, véritable tête de pont pour le défrichement de la forêt de Ris, Montazin et la dernière venue Voisin au nord-est dans la vallée de la Vesle. Cette morphologie, qui se caractérise par une extension vers l’ouest très vite contenue, procède en fait d’un contexte concurrentiel entre communautés monastiques. Si l’archevêque de Reims a bien fondé Igny en son diocèse, l’évêque de Soissons a quant à lui co-fondé vers 1130 dans le sien les couvents prémontrés de Chartreuve, à seulement 7 km au nord-ouest (02-com. Chéry-Chartreuve), et Saint-Yved de Braine, elle aussi possessionnée aux mêmes lieux. Une telle proximité ne pouvait qu’imposer des contraintes de développement et engendrer des conflits d’intérêts : si Montaon est éloignée de 2 km environ de Chartreuve, comme Party de Camp (02-com. Sergy, grange de St-Médard de Soissons), Morfontaine et Resson se sont respectivement retrouvées à 500 m à peine de leurs voisines et concurrentes prémontrées de Courteaux (02-com. Coulonges-Cohan) et des Prés (02-com. Chéry-Chartreuve). Les chartriers d’Igny et de Saint-Yved de Braine comptent plusieurs actes relatifs aux accords qui ont dû être conclus entre cisterciens et prémontrés comme cette copie vidimée en 1254 d’un chirographe de 1142 par lequel les abbés de Cîteaux et Prémontré s’engagent à garder paix et charité entre eux (AD51, 19H5), ou encore ces deux actes établissant ici les droits respectifs d’Igny et Braine sur leurs propriétés en 1193 (AD51, 19H15) et là l’accord sur le partage à parts égales de la forêt du Charmel avec Chartreuve en 1224 (AD51, 19H26). À cette densité élevée d’exploitations monastiques est encore venue s’ajouter vers 1150 la celle grandmontaine des Bonshommes (02-com. Seringes-et-Nesles).

Au cours du dernier tiers du XIIe siècle, Igny est progressivement sortie de ce cercle rapproché en s’installant tout d’abord à Épernay vers 1178 grâce à des donations comtales (d’ap. S. Ziegler, "Le domaine de l'abbaye d'Igny", Utilis est lapis in structura, 2000, p. 161). Un cellier, servant probablement aussi de relais urbain, y fut construit et initia le mouvement d’implantation urbaine dans les cités épiscopales de Reims à partir de 1183 et de Châlons au cours du XIIIe siècle. Bien plus loin encore, Igny rejoignit un temps Clairvaux à Wassy (95 km) où le comte de Champagne lui avait donné une forge en 1158. Pour compléter ce dispositif, nombre de moulins dotés d’installations diverses (étangs, pêcheries) ont été bâtis et surtout acquis le long de l’Orillon (Saint-Crépin, Longueville, Vagisson, les Petites-Chézelles) et sur la Vesle (Les Ventaux). Ici comme ailleurs, les signes du tournant vers une économie plus spéculative ne manquent pas.

Les crises de la fin du Moyen-Âge ont laissé des traces, notamment financières, qui obligèrent Igny à se séparer de sa grange de Voisin en 1378, puis du cellier d’Épernay. Pour faire face à la chute de recrutement des convers, certains domaines furent aliénés, subdivisés et loués à des familles de tenanciers. C’est l’origine des fermes tardomédiévales et modernes de Baslieux, la Vallée de Bois et la Haye-le-Loup, toutes trois construites sur des terres soustraites au vaste domaine de la grange abbatiale. Sous l’abbatiat de Ponce II (1378-98), l’abbaye qui eut à souffrir de la soldatesque a pu être réparée et embellie et l’église abbatiale agrandie (Igny II) grâce aux libéralités des Châtillon. L’abbaye médiévale subsista jusqu’à ce que les guerres de religion, puis les troubles de la Fronde, l’endommagent à de nombreuses reprises. Igny était alors tombée en commende sur décret royal en 1545. Le premier abbé en fut Louis de Foligny (1545-53). À cette époque, l’abbaye comptait encore 72 moines. Entre 1760 et 1776, signe des temps, disparaissaient les quelque 210 manuscrits précieux que dom Guyton avait encore vus en 1744, et qui avaient fait la renommée de la bibliothèque. En assez mauvais état de longue date, certaines parties du monastère furent reconstruites, parmi lesquelles le corps de logis, terminé en 1740, mais il fallut attendre le dernier abbé, Jean-Charles de Coucy (1777-90), pour que la reconstruction complète, sur un plan nouveau à côté de l’ancien carré monastique, soit menée à son terme (1780-87). Il fut tenu compte de la baisse de l’effectif pour la nouvelle église, réduite à la taille d’une chapelle, sous forme de rotonde (Igny III). La Révolution ne laissa pas le temps à la communauté d’en profiter : sa suppression fut prononcée le 13 février 1790, mais les religieux ne quittèrent les lieux que le 5 avril 1791. Les ventes des Biens nationaux durèrent environ 6 mois (du 28 décembre 1790 au 4 juin 1791) tant dans la Marne que dans l’Aisne, et les bâtiments conventuels d’Igny furent adjugés au directeur des douanes de Reims, M. Raison, le 9 mai pour 36 200 £, après que ce dernier ait acheté le 14 avril précédent les 3 fermes relevant de la commune d’Arcis, la Vallée de Bois, Baslieux (ou Bailleul) et la Grange [abbatiale], pour une somme de 154 100 £ (d’après Mercier, "Précis statistique et historique de la commune d'Arcis-le-Ponsard, suivi de l'histoire de l'abbaye d'Igny", Travaux de l'Académie de Reims, 1872, p. 219). N’ayant pas eu pour dessein de revendre les matériaux issus de la démolition comme ce fut trop souvent le cas, cet acquéreur conserva la totalité du monastère. C’est ce qui facilita le retour de moines cisterciens moins d’un siècle plus tard, lorsque, après avoir appris sa mise en vente, l’archevêque de Reims Mgr Langénieux racheta Igny, avec l’intention d’y installer une nouvelle communauté. Venus de Sainte-Marie-du-Désert au diocèse de Toulouse, les moines arrivèrent le 2 février 1876. La Première Guerre Mondiale allait les en chasser à nouveau : le monastère fut réquisitionné comme hôpital militaire en raison de sa proximité avec les lignes de front, mais surtout, lors de leur retraite le 3 août 1918, les troupes allemandes firent sauter à la mine les bâtiments de l’abbaye du XVIIIe siècle (cf. ill. IVR21_20155100534NUCA), n’épargnant que quelques pans de murs. C’est au titre des dommages de guerre obtenus en 1926 qu’Igny a pu être une nouvelle fois relevée. La reconstruction sur le modèle du Loc-Dieu (Aveyron) dura 3 ans et la nouvelle église (Igny IV) fut consacrée le 28 avril 1930, à l’occasion du 8e centenaire de sa fondation. Depuis quelques mois déjà, des moniales issues de la Coudre en Mayenne avaient pris possession des lieux, où elles entretiennent aujourd’hui encore la tradition cistercienne.

Histoire monumentale d’Igny

- Igny I

Grâce aux fouilles qu’a pu y mener le père Anselme Dimier en 1961 et 1962, on connaît un peu mieux l’évolution morphologique du site abbatial. Alors qu’il espérait retrouver le plan de l’abbaye médiévale, à l’est des bâtiments actuels à peu de distance de l’étang, il découvrit en fait les vestiges d’un édifice de petite taille, les fondements du chœur d’une chapelle au chevet plat dont les éléments sculptés évoquaient le XIIe siècle, avec quelques remaniements plus tardifs. L’hypothèse du grand monastère étant écartée, il ne pouvait s’agir que du sanctuaire primitif (Igny I) (cf. ill. IVR21_20155100526NUCA).

- Igny II

N’ayant pas obtenu l’autorisation de poursuivre, A. Dimier dut renoncer. Igny II demeure donc grandement inconnu. Seul un plan-masse succinct, réalisé par chance en 1741 avant la démolition, nous est parvenu, qui en donne un aperçu global (AD51, 19H10) (cf. ill. IVR21_20155100527NUCA). On y distingue le carré monastique dominé par l’emprise de la grande église du XIVe siècle (75 m de long d’après A. Dimier) dont le chœur très saillant semble avoir comporté une abside soit circulaire, soit à pans coupés (le plan ne permet pas d’être affirmatif). Les ailes des moines et des convers n’outrepassent que légèrement celle du réfectoire, qui se serait donc développé parallèlement à l’église ici. Au-delà jusqu’au mur d’enceinte, l’espace à l’est et au sud est alors occupé par l’étang, des vergers et des jardins. Le ruisseau traverse ces derniers, après avoir alimenté la retenue, en faisant un coude pour contourner l’abbaye et emprunte une conduite souterraine pour franchir le grand jardin situé dans le prolongement méridional du carré. Il poursuit son cours ensuite à l’air libre. Ces détails sont sans doute moins anodins qu’il n’y paraît car ce plan, même de facture sommaire (plan de bois), restitue correctement l’organisation spatiale de l’enclos monastique, encore identifiable aujourd’hui. La courbe du ruisseau évoque encore très vraisemblablement le détournement opéré par les moines pour assainir et préparer l’aire constructible. De même l’interruption du tracé pose question. Un tel détail plaide d’abord pour un certain souci de sérieux dans le relevé, mais peut-être faut-il le voir aussi comme le témoin de l’ancienne avancée vers le sud des ailes orientale et occidentale, où devaient se situer salle des moines, cellier des convers et latrines respectives qui, placées aux extrémités, venaient recouvrir l’évacuation des eaux usées. Si cette hypothèse était vérifiée, cela signifierait alors que ces deux ailes auraient été réduites antérieurement, soit par faits de guerres, soit par abandon. De la grande abbaye Igny II, il reste aujourd’hui quelques vestiges épars, remployés en décors dans les murs, exposés en dépôt lapidaire (cf. ill. IVR21_20155100528NUCA). Quelques colonnettes, bases et chapiteaux ont même été réunis et empilés par les derniers moines en 1778 pour former un ”trophée”, érigé juste à côté du sanctuaire primitif pour en perpétuer la mémoire (cf. ill. IVR21_20155100529NUCA). La pièce la plus emblématique n’en demeure pas moins cette très belle Vierge à l’Enfant du XIIIe siècle, véritable miraculée tant de la dilapidation du patrimoine sacré en 1791 que des bombardements de la ville de Reims en 1914 où elle se trouvait alors (archevêché) (cf. ill. IVR21_20155100530NUCA).

- Igny III

Malgré les réparations successives de plusieurs parties menaçant ruine, Igny fut finalement entièrement reconstruite sur un plan nouveau, au sud du carré médiéval : le monastère, tenant compte d’une population amoindrie, fut réduit à un grand corps de logis flanqué de deux avant-corps à l’arrière, ébauchant un préau-cour intérieure sur lequel ouvrait la seule aile de cloître longeant la façade nord (cf. ill. IVR21_20155100531NUCA). Le bâtiment, comprenant un étage, relevait d’une conception architecturale mêlant rigueur et simplicité, à l’instar des grands séminaires contemporains. La façade méridionale était un modèle du genre, là encore symétriquement ordonnancée de part et d’autre d’un avant-corps central à peine saillant, surmonté d’un fronton, et ouvrant sur le grand jardin (cf. ill. IVR21_20155100532NUCA). L’église abbatiale, de petite taille, avait été intégrée au retour oriental grâce à son plan en rotonde (cf. ill. IVR21_20155100533NUCA). C’est ce bâtiment que la famille Raison acquit en 1791 et que l’archevêque racheta pour préparer le retour des moines en 1876, dans lequel J.-K. Huysmans vécut sa conversion. La 1e Guerre mondiale aura eu raison d’Igny III (cf. ill. IVR21_20155100534NUCA).

- Igny IV

Les réparations de guerre imposées au Reich permirent à l’archevêché de reconstruire une nouvelle fois Igny. C’est l’abbaye que l’on voit aujourd’hui, inspirée du modèle du Loc-Dieu, véritable monastère fortifié aux allures castrales. Ce plan a redonné à Igny une structure basée sur le carré claustral dans lequel l’église abbatiale a retrouvé une emprise digne de celle qu’elle avait à l’époque médiévale (cf. ill. IVR21_20155100535NUCA). Des extensions ont vu le jour ces dernières années et d’autres sont en cours de réalisation, pour améliorer l’accueil des hôtes et visiteurs notamment (nouvelle porterie).

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Abbaye d'Igny
Destinations abbaye, ferme, abbaye, hôpital, abbaye
Parties constituantes non étudiées abbaye, chocolaterie
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Fismes
Adresse Commune : Arcis-le-Ponsart
Lieu-dit : Abbaye d'Igny
Adresse : D 27
Cadastre : 1988 C 150, 110 à 120

Quatrième fille de Clairvaux, Igny appartient à la génération des abbayes importantes et précoces issues directement des chefs de filiation (Cîteaux, La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond). Elle a été fondée en 1126 conjointement par saint Bernard et l’archevêque de Reims, Renaud de Martigné, qui a fourni l’assise matérielle et séculière nécessaire, extraite de ses propriétés situées en Tardenois aux confins occidentaux de son diocèse, à la limite de celui de Soissons, son suffragant (51-com. Arcis-le-Ponsart) (cf. ill. IVR21_20155100370NUCA). Sous la conduite du premier abbé Humbert (1126-1138), la communauté s’est développée rapidement au point d’essaimer en 1135 à Signy (Ardennes) et d’édifier les premiers bâtiments, dont l’église qui a été dédicacée dès 1130 en présence de l’abbé de Clairvaux. Toutes les conditions semblaient réunies pour quele monastère prospère rapidement : le prestige de l’abbé-père, l’influence du métropolitain, la bienveillance du comte de Champagne et de ses vassaux et bien sûr l’élan général suscité par la réforme cistercienne. Après la démission d’Humbert désireux de finir ses jours à Clairvaux, un chanoine de Tournai converti par Bernard, Guerric, fut appelé à prendre la crosse. Son abbatiat (1138-1155) fut marqué par une nouvelle fondation ardennaise, à la Valroy en Porcien (1147) mais surtout par la portée de ses textes, lettres et sermons. Il fut remplacé deux ans avant sa mort par Geoffroy d’Auxerre, secrétaire de saint Bernard, lui aussi resté célèbre pour ses vies des saints Bernard et Pierre de Tarentaise. Élu à Clairvaux, il quitta sa charge en 1162. Comme ce dernier, plusieurs abbés d’Igny devinrent par la suite abbés de Clairvaux ou de Cîteaux, en particulier pendant le XIIIe siècle.

À l’instar de saint Bernard, les trois premiers abbés ont grandement contribué au prestige d’Igny qui se traduisit très rapidement par la croissance et la prospérité. De fait, grâce aux nombreuses libéralités des archevêques et des seigneurs du voisinage dont certains occupaient de hautes fonctions dans l’entourage comtal (Châtillon, Braine), le temporel était fixé de manière quasi définitive dès le milieu du XIIe siècle ! La bulle confirmative du pape Adrien IV en donne un état en 1158, où l’on voit déjà 6 des 11 granges en exploitation, plus un moulin associé à l’une d’elles, ainsi que 3 autres en cours de constitution. Les deux dernières granges seront attestées quelques années plus tard. Le temporel d’Igny a ceci d’exemplaire qu’outre la rapidité de sa formation, il s’est développé principalement à l’intérieur d’un espace restreint, dans un rayon de moins de 10 km autour de l’abbaye (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100525NUCA) : dans un premier temps en direction du nord, avec les granges de Montaon (02-com. Dravegny), Resson (02-com. Mont-Saint-Martin), Party (02-com. Coulonges-Cohan) et Montazin (51-com. Savigny-sur-Ardres), puis vers le sud à la Villardelle. L’espace interstitiel a été comblé peu après par les granges de Raray (02-com. Dravegny), Morfontaine (02-com. Coulonges-Cohan) et Rozoy (51-com. Aougny), soit un ensemble assez concentré, principalement réparti de part et d’autre de l’axe méridien naturel que constitue la vallée de l’Orillon, tributaire de l’Ardre. Seules échappent à cette logique spatiale La Villardelle, véritable tête de pont pour le défrichement de la forêt de Ris, Montazin et la dernière venue Voisin au nord-est dans la vallée de la Vesle. Cette morphologie, qui se caractérise par une extension vers l’ouest très vite contenue, procède en fait d’un contexte concurrentiel entre communautés monastiques. Si l’archevêque de Reims a bien fondé Igny en son diocèse, l’évêque de Soissons a quant à lui co-fondé vers 1130 dans le sien les couvents prémontrés de Chartreuve, à seulement 7 km au nord-ouest (02-com. Chéry-Chartreuve), et Saint-Yved de Braine, elle aussi possessionnée aux mêmes lieux. Une telle proximité ne pouvait qu’imposer des contraintes de développement et engendrer des conflits d’intérêts : si Montaon est éloignée de 2 km environ de Chartreuve, comme Party de Camp (02-com. Sergy, grange de St-Médard de Soissons), Morfontaine et Resson se sont respectivement retrouvées à 500 m à peine de leurs voisines et concurrentes prémontrées de Courteaux (02-com. Coulonges-Cohan) et des Prés (02-com. Chéry-Chartreuve). Les chartriers d’Igny et de Saint-Yved de Braine comptent plusieurs actes relatifs aux accords qui ont dû être conclus entre cisterciens et prémontrés comme cette copie vidimée en 1254 d’un chirographe de 1142 par lequel les abbés de Cîteaux et Prémontré s’engagent à garder paix et charité entre eux (AD51, 19H5), ou encore ces deux actes établissant ici les droits respectifs d’Igny et Braine sur leurs propriétés en 1193 (AD51, 19H15) et là l’accord sur le partage à parts égales de la forêt du Charmel avec Chartreuve en 1224 (AD51, 19H26). À cette densité élevée d’exploitations monastiques est encore venue s’ajouter vers 1150 la celle grandmontaine des Bonshommes (02-com. Seringes-et-Nesles).

Au cours du dernier tiers du XIIe siècle, Igny est progressivement sortie de ce cercle rapproché en s’installant tout d’abord à Épernay vers 1178 grâce à des donations comtales (d’ap. S. Ziegler, "Le domaine de l'abbaye d'Igny", Utilis est lapis in structura, 2000, p. 161). Un cellier, servant probablement aussi de relais urbain, y fut construit et initia le mouvement d’implantation urbaine dans les cités épiscopales de Reims à partir de 1183 et de Châlons au cours du XIIIe siècle. Bien plus loin encore, Igny rejoignit un temps Clairvaux à Wassy (95 km) où le comte de Champagne lui avait donné une forge en 1158. Pour compléter ce dispositif, nombre de moulins dotés d’installations diverses (étangs, pêcheries) ont été bâtis et surtout acquis le long de l’Orillon (Saint-Crépin, Longueville, Vagisson, les Petites-Chézelles) et sur la Vesle (Les Ventaux). Ici comme ailleurs, les signes du tournant vers une économie plus spéculative ne manquent pas.

Les crises de la fin du Moyen-Âge ont laissé des traces, notamment financières, qui obligèrent Igny à se séparer de sa grange de Voisin en 1378, puis du cellier d’Épernay. Pour faire face à la chute de recrutement des convers, certains domaines furent aliénés, subdivisés et loués à des familles de tenanciers. C’est l’origine des fermes tardomédiévales et modernes de Baslieux, la Vallée de Bois et la Haye-le-Loup, toutes trois construites sur des terres soustraites au vaste domaine de la grange abbatiale. Sous l’abbatiat de Ponce II (1378-98), l’abbaye qui eut à souffrir de la soldatesque a pu être réparée et embellie et l’église abbatiale agrandie (Igny II) grâce aux libéralités des Châtillon. L’abbaye médiévale subsista jusqu’à ce que les guerres de religion, puis les troubles de la Fronde, l’endommagent à de nombreuses reprises. Igny était alors tombée en commende sur décret royal en 1545. Le premier abbé en fut Louis de Foligny (1545-53). À cette époque, l’abbaye comptait encore 72 moines. Entre 1760 et 1776, signe des temps, disparaissaient les quelque 210 manuscrits précieux que dom Guyton avait encore vus en 1744, et qui avaient fait la renommée de la bibliothèque. En assez mauvais état de longue date, certaines parties du monastère furent reconstruites, parmi lesquelles le corps de logis, terminé en 1740, mais il fallut attendre le dernier abbé, Jean-Charles de Coucy (1777-90), pour que la reconstruction complète, sur un plan nouveau à côté de l’ancien carré monastique, soit menée à son terme (1780-87). Il fut tenu compte de la baisse de l’effectif pour la nouvelle église, réduite à la taille d’une chapelle, sous forme de rotonde (Igny III). La Révolution ne laissa pas le temps à la communauté d’en profiter : sa suppression fut prononcée le 13 février 1790, mais les religieux ne quittèrent les lieux que le 5 avril 1791. Les ventes des Biens nationaux durèrent environ 6 mois (du 28 décembre 1790 au 4 juin 1791) tant dans la Marne que dans l’Aisne, et les bâtiments conventuels d’Igny furent adjugés au directeur des douanes de Reims, M. Raison, le 9 mai pour 36 200 £, après que ce dernier ait acheté le 14 avril précédent les 3 fermes relevant de la commune d’Arcis, la Vallée de Bois, Baslieux (ou Bailleul) et la Grange [abbatiale], pour une somme de 154 100 £ (d’après Mercier, "Précis statistique et historique de la commune d'Arcis-le-Ponsard, suivi de l'histoire de l'abbaye d'Igny", Travaux de l'Académie de Reims, 1872, p. 219). N’ayant pas eu pour dessein de revendre les matériaux issus de la démolition comme ce fut trop souvent le cas, cet acquéreur conserva la totalité du monastère. C’est ce qui facilita le retour de moines cisterciens moins d’un siècle plus tard, lorsque, après avoir appris sa mise en vente, l’archevêque de Reims Mgr Langénieux racheta Igny, avec l’intention d’y installer une nouvelle communauté. Venus de Sainte-Marie-du-Désert au diocèse de Toulouse, les moines arrivèrent le 2 février 1876. La Première Guerre Mondiale allait les en chasser à nouveau : le monastère fut réquisitionné comme hôpital militaire en raison de sa proximité avec les lignes de front, mais surtout, lors de leur retraite le 3 août 1918, les troupes allemandes firent sauter à la mine les bâtiments de l’abbaye du XVIIIe siècle (cf. ill. IVR21_20155100534NUCA), n’épargnant que quelques pans de murs. C’est au titre des dommages de guerre obtenus en 1926 qu’Igny a pu être une nouvelle fois relevée. La reconstruction sur le modèle du Loc-Dieu (Aveyron) dura 3 ans et la nouvelle église (Igny IV) fut consacrée le 28 avril 1930, à l’occasion du 8e centenaire de sa fondation. Depuis quelques mois déjà, des moniales issues de la Coudre en Mayenne avaient pris possession des lieux, où elles entretiennent aujourd’hui encore la tradition cistercienne.

Période(s) Principale : 12e siècle, 14e siècle , (détruit)

Histoire monumentale d’Igny

- Igny I

Grâce aux fouilles qu’a pu y mener le père Anselme Dimier en 1961 et 1962, on connaît un peu mieux l’évolution morphologique du site abbatial. Alors qu’il espérait retrouver le plan de l’abbaye médiévale, à l’est des bâtiments actuels à peu de distance de l’étang, il découvrit en fait les vestiges d’un édifice de petite taille, les fondements du chœur d’une chapelle au chevet plat dont les éléments sculptés évoquaient le XIIe siècle, avec quelques remaniements plus tardifs. L’hypothèse du grand monastère étant écartée, il ne pouvait s’agir que du sanctuaire primitif (Igny I) (cf. ill. IVR21_20155100526NUCA).

- Igny II

N’ayant pas obtenu l’autorisation de poursuivre, A. Dimier dut renoncer. Igny II demeure donc grandement inconnu. Seul un plan-masse succinct, réalisé par chance en 1741 avant la démolition, nous est parvenu, qui en donne un aperçu global (AD51, 19H10) (cf. ill. IVR21_20155100527NUCA). On y distingue le carré monastique dominé par l’emprise de la grande église du XIVe siècle (75 m de long d’après A. Dimier) dont le chœur très saillant semble avoir comporté une abside soit circulaire, soit à pans coupés (le plan ne permet pas d’être affirmatif). Les ailes des moines et des convers n’outrepassent que légèrement celle du réfectoire, qui se serait donc développé parallèlement à l’église ici. Au-delà jusqu’au mur d’enceinte, l’espace à l’est et au sud est alors occupé par l’étang, des vergers et des jardins. Le ruisseau traverse ces derniers, après avoir alimenté la retenue, en faisant un coude pour contourner l’abbaye et emprunte une conduite souterraine pour franchir le grand jardin situé dans le prolongement méridional du carré. Il poursuit son cours ensuite à l’air libre. Ces détails sont sans doute moins anodins qu’il n’y paraît car ce plan, même de facture sommaire (plan de bois), restitue correctement l’organisation spatiale de l’enclos monastique, encore identifiable aujourd’hui. La courbe du ruisseau évoque encore très vraisemblablement le détournement opéré par les moines pour assainir et préparer l’aire constructible. De même l’interruption du tracé pose question. Un tel détail plaide d’abord pour un certain souci de sérieux dans le relevé, mais peut-être faut-il le voir aussi comme le témoin de l’ancienne avancée vers le sud des ailes orientale et occidentale, où devaient se situer salle des moines, cellier des convers et latrines respectives qui, placées aux extrémités, venaient recouvrir l’évacuation des eaux usées. Si cette hypothèse était vérifiée, cela signifierait alors que ces deux ailes auraient été réduites antérieurement, soit par faits de guerres, soit par abandon. De la grande abbaye Igny II, il reste aujourd’hui quelques vestiges épars, remployés en décors dans les murs, exposés en dépôt lapidaire (cf. ill. IVR21_20155100528NUCA). Quelques colonnettes, bases et chapiteaux ont même été réunis et empilés par les derniers moines en 1778 pour former un ”trophée”, érigé juste à côté du sanctuaire primitif pour en perpétuer la mémoire (cf. ill. IVR21_20155100529NUCA). La pièce la plus emblématique n’en demeure pas moins cette très belle Vierge à l’Enfant du XIIIe siècle, véritable miraculée tant de la dilapidation du patrimoine sacré en 1791 que des bombardements de la ville de Reims en 1914 où elle se trouvait alors (archevêché) (cf. ill. IVR21_20155100530NUCA).

- Igny III

Malgré les réparations successives de plusieurs parties menaçant ruine, Igny fut finalement entièrement reconstruite sur un plan nouveau, au sud du carré médiéval : le monastère, tenant compte d’une population amoindrie, fut réduit à un grand corps de logis flanqué de deux avant-corps à l’arrière, ébauchant un préau-cour intérieure sur lequel ouvrait la seule aile de cloître longeant la façade nord (cf. ill. IVR21_20155100531NUCA). Le bâtiment, comprenant un étage, relevait d’une conception architecturale mêlant rigueur et simplicité, à l’instar des grands séminaires contemporains. La façade méridionale était un modèle du genre, là encore symétriquement ordonnancée de part et d’autre d’un avant-corps central à peine saillant, surmonté d’un fronton, et ouvrant sur le grand jardin (cf. ill. IVR21_20155100532NUCA). L’église abbatiale, de petite taille, avait été intégrée au retour oriental grâce à son plan en rotonde (cf. ill. IVR21_20155100533NUCA). C’est ce bâtiment que la famille Raison acquit en 1791 et que l’archevêque racheta pour préparer le retour des moines en 1876, dans lequel J.-K. Huysmans vécut sa conversion. La 1e Guerre mondiale aura eu raison d’Igny III (cf. ill. IVR21_20155100534NUCA).

- Igny IV

Les réparations de guerre imposées au Reich permirent à l’archevêché de reconstruire une nouvelle fois Igny. C’est l’abbaye que l’on voit aujourd’hui, inspirée du modèle du Loc-Dieu, véritable monastère fortifié aux allures castrales. Ce plan a redonné à Igny une structure basée sur le carré claustral dans lequel l’église abbatiale a retrouvé une emprise digne de celle qu’elle avait à l’époque médiévale (cf. ill. IVR21_20155100535NUCA). Des extensions ont vu le jour ces dernières années et d’autres sont en cours de réalisation, pour améliorer l’accueil des hôtes et visiteurs notamment (nouvelle porterie). En dehors de l'église (à certaines heures) et des locaux d'accueil, l'essentiel de l'abbaye, compris dans la clôture, n'est pas visitable.

Murs calcaire moyen appareil
Toit ardoise
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle

Annexes

  • Bibliographie

    AUBERGER, Jean-Baptiste, "L'unanimité cistercienne primitive : mythe ou réalité ?", Cîteaux : studia et documenta, vol. III, Cîteaux / Éditions Sine Parvulos, Achel, 1986

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd)

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 562-563

    BELLER, Abbé J., Une page nouvelle de l’histoire de l’abbaye d’Igny de l’ordre de Cîteaux au diocèse de Reims, Reims, 1887, 37 p.

    BELLER, Abbé J., Le Bienheureux Guerric, disciple de saint Bernard et 2e abbé du monastère d’Igny, Reims, 1890, 383 p.

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    GUYTON, Dom, "Voyage littéraire de Dom Guyton en Champagne (1744-1749)" [par Ulysse ROBERT et Édouard de BARTHÉLEMY], Paris, 1890, p. 34-40, 128-131.LE LONG, Nicolas, Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon, Châlons, 1783, p. 264

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    LUCOT, Le monastère Notre-Dame d’Igny de l’ordre de Cîteaux au diocèse de Reims, Châlons / M., 1877, 16 p.

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    PÉCHENARD, P. L., Histoire de l’abbaye d’Igny de l’ordre de Cîteaux au diocèse de Reims, Reims, 1883, 627 p.

    ROSEROT, Alphonse, Dictionnaire historique de la Champagne méridionale (Aube) des origines à 1790, Langres / Angers, 1942-1948, p.

    SCHMITT, P. (abbé), Histoire de l’abbaye d’Igny, Paris, 1933, 211 p.VALENTIN, Notice historique sur les bâtiments du canton de Fismes, Reims, 1866, p. 12

    ZIEGLER, Sébastien, "Le domaine de l'abbaye d'Igny", Utilis est lapis in structura. Mélanges offerts à Léon Pressouyre, CTHS, Paris, 2000, p. 151-162

    [s. n.], Abbaye d’Igny de l’ordre des Cisterciens réformés de Notre-Dame de la Trappe, Igny, 1895, 31 p.

    [s.n.], "Igny", Le Cercle des Collectionneurs de Signy-l'Abbaye et ses environs, n°38, mars 2003, p. 8-10

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Christophe WISSENBERG

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