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Ancienne abbaye de Mores

Dossier IA10001314 réalisé en 2015

Fiche

Même si la date précise de 1153 n’est pas assurée, l'abbaye de Mores, 66e fille de Clairvaux, est l’une des toutes dernières —sinon la dernière— fondations de saint Bernard, qui d’une certaine manière transposa ici une ultime fois les circonstances de la fondation de son abbaye et de certaines de ses granges, entre Champagne et Bourgogne, au diocèse de Langres.

Le lieu-même de Mores n’est pas une création cistercienne, bien au contraire. Si le site de la basse vallée de l’Ource entre Landreville et Celles paraît aujourd’hui à l’écart, le contexte était bien différent au début du XIIe siècle. Une paroisse du nom de Mores, dépendant du chapitre Saint-Denis de Reims, existait déjà à cet endroit, en rive droite de l’Ource, appuyée sur le versant. Une seconde paroisse, Villenesse, était établie en rive gauche cette fois mais un peu plus en amont, et dépendait alors de la proche abbaye de Molesme, génitrice de Cîteaux. Cette dernière reçut aussi le quart de la terre de Mores entre 1107 et 1125. On est donc loin de l’image du désert surtout que l’abbaye et les deux villages, qui avaient leurs propres seigneurs, ont coexisté un temps. L’initiative de la fondation de Mores semble au final revenir à l’abbé de Clairvaux en dépit des discordances archivistiques pointées par les différents auteurs. Il faut tout de suite préciser que les archives de Mores ont disparu à la Révolution pendant leur transfert au dépôt départemental. Ainsi, à l’exception de quelques pièces modernes, l’histoire de cette abbaye repose essentiellement sur les copies de moins de 150 actes qui ont été faites fort heureusement par le Père Vignier au XVIIe siècle, et qui ont été éditées par l’abbé Lalore en 1873 (Abbé Charles Lalore, Chartes de l’abbaye de Mores, Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. XXXVII, 1873, p. 5-112).

Les tractations ont duré plusieurs années, mettant en scène l’archevêque de Reims, pressé par saint Bernard d’obtenir des chanoines la cession de cette terre (1151-53). L’aura bernardine s’est traduite ici aussi par un afflux de donations émanant des seigneurs locaux, au premier rang desquels le sire de Chacenay, principal donateur initial, de Chappes, de Briel côté champenois, ou encore le comte de Bar-sur-Seine côté bourguignon. Molesme céda non seulement sa terre mais abandonna à son tour sa part de dîme qui grevait les lieux.

La chronologie de la construction du monastère, mal renseignée, est l’objet d’interprétations divergentes. Sa bénédiction en septembre 1153 (suivant l’obituaire) est considérée par les uns comme une date d’achèvement des bâtiments, moyennant remploi de l’ancienne église paroissiale, et par d’autres comme date de la pose de la première pierre. Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’à l’érection de Mores en abbaye a correspondu la disparition plus ou moins rapide des deux paroisses de Mores et de Villenesse, même si telles familles seigneuriales en ont porté les noms jusqu’au XIVe siècle.

Si la guerre de Cent-Ans a apporté comme ailleurs son lot de calamités, l’état de ruine de l’abbaye constaté en 1666 résulte surtout du saccage et de l’incendie par les Huguenots. On la rebâtit entre 1599 et 1620, en conservant toutefois quelques parties médiévale comme le transept et le chœur de l’église. Mais l’abbaye était passée en commende et les impératifs de restaurations invoqués dès 1633 se heurtèrent aux problèmes financiers de la communauté. Mores fut à nouveau dévastée pendant la guerre de Trente Ans qui n’a pas épargné le pays de Langres. En 1686, on rebâtit cuisine et réfectoire quand l’église et le cloître, menaçant toujours ruine, ne furent partiellement reconstruits que vers 1732 (Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 971-972). Dom Guyton y déplora en 1744 entre autres la quasi désaffection du sanctuaire, la transformation de plusieurs salles en celliers contenant environ 600 pièces de vin. Une véritable décadence s’était progressivement emparée du monastère, là où d’aucuns parlent d’incurie des moines (Roserot, d’après Lalore). Les ventes révolutionnaires achevèrent le démantèlement. En 1872, on voyait encore la maison conventuelle et l’aile orientale du cloître pendant que la nef de l’église était déjà empruntée par la nouvelle route départementale de Celles à Landreville. Les derniers bâtiments furent abattus en 1887 si bien qu’il ne reste aujourd’hui de Mores qu’une prairie et quelques bois (ill. IVR21_20151000231NUCA).

L’abbé Lalore a livré dans son édition des chartes un plan masse de l’abbaye, relevé in situ avant destruction complète. On y notera surtout les caractéristiques de l’église abbatiale (56 x 26 m), dont le chœur à chevet plat et chapelles greffées au transept renvoyaient immanquablement au fameux plan dit (à tort ou à raison) « bernardin » (ill. IVR21_20151000521NUCA). La jonction entre l'église, en particulier le bras sud du transept, l'aile septentrionale du cloître et l'ancienne aile des moines (orientale) semble par ailleurs assez confuse et sans doute mal restituée en raison de l'état de ruine avancée à l'époque du relevé.

C'est au début du second quart du XVIe siècle que la commende a été instaurée ; le premier abbé nommé fut Jean VI Raguier (1530-37), membre d'une riche famille déjà investie de plusieurs dignités ecclésiastiques troyennes, mais le partage des menses n'eut lieu qu'en 1695. Cet accord fut l'occasion de dresser un inventaire précis des biens de l'abbaye. On en retiendra d'abord qu'à cette date, le temporel était encore en grande partie conservé : sur les 9 granges recensées au Moyen-Âge (non compris le refuge troyen), 3 manquaient pour avoir été vendues ou détruites (cf. carte du temporel IVR21_20151000520NUCA). Et encore, à l'exception de la grange de Montsuzain (ou Huon, avec moulin), la plus lointaine, où Mores n'avait manifestement plus de biens, les granges de l'Épine (10- Landreville) et du Moulin-Garnier (10- Chervey) n'étaient effectivement plus citées en tant que telles et pouvaient donc passer pour détruites, mais les terres qui en dépendaient demeuraient, elles, en bonne place dans l'inventaire et les revenus. Un siècle plus tard, à la Révolution, deux autres anciennes granges manquaient à l'appel, détruites à leur tour : Le Chêne (10- La Villeneuve-au-Chêne) et la Grange-au-Bois (ou Montmoyen, 10- Bertignolles). Les granges de Brué (ou des Bruyères, 10- Longpré-le-Sec) et de Billefeure (ou Bellefleur, 10- Montmartin-le-Haut) ont finalement subi le même sort dès le début du XIXe siècle. Ne subsistent aujourd'hui que les granges du Fragne et de Montchevreuil bien qu'aucun bâtiment très ancien n'y soit plus visible, l'une ayant été très altérée, l'autre partiellement aliénée et transformée en manoir. L'inventaire de 1695 présente par ailleurs l'intérêt de faire apparaître quelques domaines nouvellement érigés, quelquefois sur des héritages anciens (de granges détruites) : ce sont les fermes de Presle (10- Celles-sur-Ource), du Val-Bonnot et de la Lande-Guérin (10- Loches-sur-Ource), de la Tuilerie et des Quatre-Vingts Arpents (10- Chervey) ainsi qu'une autre ferme à Spoy (Soccard, "Notes historiques sur l'ancienne abbaye de Mores", Almanach-annuaire de l'arrondissement de Bar-sur-Seine, 1887, p. 158-159). La vallée de l'Ource, lieu de fondation, a naturellement servi de cadre au premier développement du temporel mais très rapidement l'extension s'est orientée au nord pour atteindre la vallée de l'Arce, puis, plus loin encore, la vallée de la Barse dès le début du XIIIe siècle. Du Barséquanais à la Champagne humide, 7 granges s'échelonnent ainsi de manière linéaire, occupant tantôt les vallées, tantôt les plateaux et mettant à profit les diverses potentialités. Un telle linéarité ne tient pas du hasard : d'autres territoires monastiques plus anciens encadrent déjà cet espace où Mores s'est frayé un passage. De fait, à très peu de distance à l’est commence le temporel de Clairvaux, au nord-ouest, celui de Montiéramey et au sud-ouest celui de Molesme. Deux granges échappent à cette logique mais contribuent pleinement à la diversification de l'économie du monastère : Montsuzain, en Champagne crayeuse (45 km) sur les bords de la Barbuise au nord de Troyes, a dû se tourner vers l'élevage ovin tandis que Montchevreuil, en forêt de Chaource, à 24 km à l'ouest, s'est sans doute orientée vers la gestion sylvicole associée à l'élevage (cf. dossier Montchevreuil). À cette dernière avec laquelle elle est citée en 1245, il faut ajouter l’énigmatique grange de Rognon, dont la localisation et la fugacité documentaire posent problème : faute de mieux, on suivra sans conviction l’hypothèse de Boutiot et Socard la plaçant à Ruvigny (Dict. topo. Aube, p. 140). L’absence de cellier ne doit pas étonner : la vigne était déjà présente sur les versants des vallées barroises et toutes les granges proches l’exploitaient en quantité non exclusive.

On peut regretter la perte irrémédiable des sources de première main car l'abbaye de Mores s'inscrit à de nombreux égards dans la ligne d'une abbaye cistercienne "moyenne" et une étude approfondie aurait sans doute permis de dégager de grandes lignes type ayant valeur de comparaison.

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Abbaye de Mores
Destinations abbaye, détruite
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Mussy-sur-Seine
Adresse Commune : Celles-sur-Ource
Lieu-dit : Mores
Adresse : D 67
Cadastre : 1991 ZD 109-115

Même si la date précise de 1153 n’est pas assurée, l'abbaye de Mores, 66e fille de Clairvaux, est l’une des toutes dernières —sinon la dernière— fondations de saint Bernard, qui d’une certaine manière transposa ici une ultime fois les circonstances de la fondation de son abbaye et de certaines de ses granges, entre Champagne et Bourgogne, au diocèse de Langres.

Le lieu-même de Mores n’est pas une création cistercienne, bien au contraire. Si le site de la basse vallée de l’Ource entre Landreville et Celles paraît aujourd’hui à l’écart, le contexte était bien différent au début du XIIe siècle. Une paroisse du nom de Mores, dépendant du chapitre Saint-Denis de Reims, existait déjà à cet endroit, en rive droite de l’Ource, appuyée sur le versant. Une seconde paroisse, Villenesse, était établie en rive gauche cette fois mais un peu plus en amont, et dépendait alors de la proche abbaye de Molesme, génitrice de Cîteaux. Cette dernière reçut aussi le quart de la terre de Mores entre 1107 et 1125. On est donc loin de l’image du désert surtout que l’abbaye et les deux villages, qui avaient leurs propres seigneurs, ont coexisté un temps. L’initiative de la fondation de Mores semble au final revenir à l’abbé de Clairvaux en dépit des discordances archivistiques pointées par les différents auteurs. Il faut tout de suite préciser que les archives de Mores ont disparu à la Révolution pendant leur transfert au dépôt départemental. Ainsi, à l’exception de quelques pièces modernes, l’histoire de cette abbaye repose essentiellement sur les copies de moins de 150 actes qui ont été faites fort heureusement par le Père Vignier au XVIIe siècle, et qui ont été éditées par l’abbé Lalore en 1873 (Abbé Charles Lalore, Chartes de l’abbaye de Mores, Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. XXXVII, 1873, p. 5-112).

Les tractations ont duré plusieurs années, mettant en scène l’archevêque de Reims, pressé par saint Bernard d’obtenir des chanoines la cession de cette terre (1151-53). L’aura bernardine s’est traduite ici aussi par un afflux de donations émanant des seigneurs locaux, au premier rang desquels le sire de Chacenay, principal donateur initial, de Chappes, de Briel côté champenois, ou encore le comte de Bar-sur-Seine côté bourguignon. Molesme céda non seulement sa terre mais abandonna à son tour sa part de dîme qui grevait les lieux.

La chronologie de la construction du monastère, mal renseignée, est l’objet d’interprétations divergentes. Sa bénédiction en septembre 1153 (suivant l’obituaire) est considérée par les uns comme une date d’achèvement des bâtiments, moyennant remploi de l’ancienne église paroissiale, et par d’autres comme date de la pose de la première pierre. Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’à l’érection de Mores en abbaye a correspondu la disparition plus ou moins rapide des deux paroisses de Mores et de Villenesse, même si telles familles seigneuriales en ont porté les noms jusqu’au XIVe siècle.

Si la guerre de Cent-Ans a apporté comme ailleurs son lot de calamités, l’état de ruine de l’abbaye constaté en 1666 résulte surtout du saccage et de l’incendie par les Huguenots. On la rebâtit entre 1599 et 1620, en conservant toutefois quelques parties médiévale comme le transept et le chœur de l’église. Mais l’abbaye était passée en commende et les impératifs de restaurations invoqués dès 1633 se heurtèrent aux problèmes financiers de la communauté. Mores fut à nouveau dévastée pendant la guerre de Trente Ans qui n’a pas épargné le pays de Langres. En 1686, on rebâtit cuisine et réfectoire quand l’église et le cloître, menaçant toujours ruine, ne furent partiellement reconstruits que vers 1732 (Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 971-972). Dom Guyton y déplora en 1744 entre autres la quasi désaffection du sanctuaire, la transformation de plusieurs salles en celliers contenant environ 600 pièces de vin. Une véritable décadence s’était progressivement emparée du monastère, là où d’aucuns parlent d’incurie des moines (Roserot, d’après Lalore). Les ventes révolutionnaires achevèrent le démantèlement. En 1872, on voyait encore la maison conventuelle et l’aile orientale du cloître pendant que la nef de l’église était déjà empruntée par la nouvelle route départementale de Celles à Landreville. Les derniers bâtiments furent abattus en 1887 si bien qu’il ne reste aujourd’hui de Mores qu’une prairie et quelques bois (ill. IVR21_20151000231NUCA).

L’abbé Lalore a livré dans son édition des chartes un plan masse de l’abbaye, relevé in situ avant destruction complète. On y notera surtout les caractéristiques de l’église abbatiale (56 x 26 m), dont le chœur à chevet plat et chapelles greffées au transept renvoyaient immanquablement au fameux plan dit (à tort ou à raison) « bernardin » (ill. IVR21_20151000521NUCA). La jonction entre l'église, en particulier le bras sud du transept, l'aile septentrionale du cloître et l'ancienne aile des moines (orientale) semble par ailleurs assez confuse et sans doute mal restituée en raison de l'état de ruine avancée à l'époque du relevé.

C'est au début du second quart du XVIe siècle que la commende a été instaurée ; le premier abbé nommé fut Jean VI Raguier (1530-37), membre d'une riche famille déjà investie de plusieurs dignités ecclésiastiques troyennes, mais le partage des menses n'eut lieu qu'en 1695. Cet accord fut l'occasion de dresser un inventaire précis des biens de l'abbaye. On en retiendra d'abord qu'à cette date, le temporel était encore en grande partie conservé : sur les 9 granges recensées au Moyen-Âge (non compris le refuge troyen), 3 manquaient pour avoir été vendues ou détruites (cf. carte du temporel IVR21_20151000520NUCA). Et encore, à l'exception de la grange de Montsuzain (ou Huon, avec moulin), la plus lointaine, où Mores n'avait manifestement plus de biens, les granges de l'Épine (10- Landreville) et du Moulin-Garnier (10- Chervey) n'étaient effectivement plus citées en tant que telles et pouvaient donc passer pour détruites, mais les terres qui en dépendaient demeuraient, elles, en bonne place dans l'inventaire et les revenus. Un siècle plus tard, à la Révolution, deux autres anciennes granges manquaient à l'appel, détruites à leur tour : Le Chêne (10- La Villeneuve-au-Chêne) et la Grange-au-Bois (ou Montmoyen, 10- Bertignolles). Les granges de Brué (ou des Bruyères, 10- Longpré-le-Sec) et de Billefeure (ou Bellefleur, 10- Montmartin-le-Haut) ont finalement subi le même sort dès le début du XIXe siècle. Ne subsistent aujourd'hui que les granges du Fragne et de Montchevreuil bien qu'aucun bâtiment très ancien n'y soit plus visible, l'une ayant été très altérée, l'autre partiellement aliénée et transformée en manoir. L'inventaire de 1695 présente par ailleurs l'intérêt de faire apparaître quelques domaines nouvellement érigés, quelquefois sur des héritages anciens (de granges détruites) : ce sont les fermes de Presle (10- Celles-sur-Ource), du Val-Bonnot et de la Lande-Guérin (10- Loches-sur-Ource), de la Tuilerie et des Quatre-Vingts Arpents (10- Chervey) ainsi qu'une autre ferme à Spoy (Soccard, "Notes historiques sur l'ancienne abbaye de Mores", Almanach-annuaire de l'arrondissement de Bar-sur-Seine, 1887, p. 158-159). La vallée de l'Ource, lieu de fondation, a naturellement servi de cadre au premier développement du temporel mais très rapidement l'extension s'est orientée au nord pour atteindre la vallée de l'Arce, puis, plus loin encore, la vallée de la Barse dès le début du XIIIe siècle. Du Barséquanais à la Champagne humide, 7 granges s'échelonnent ainsi de manière linéaire, occupant tantôt les vallées, tantôt les plateaux et mettant à profit les diverses potentialités. Un telle linéarité ne tient pas du hasard : d'autres territoires monastiques plus anciens encadrent déjà cet espace où Mores s'est frayé un passage. De fait, à très peu de distance à l’est commence le temporel de Clairvaux, au nord-ouest, celui de Montiéramey et au sud-ouest celui de Molesme. Deux granges échappent à cette logique mais contribuent pleinement à la diversification de l'économie du monastère : Montsuzain, en Champagne crayeuse (45 km) sur les bords de la Barbuise au nord de Troyes, a dû se tourner vers l'élevage ovin tandis que Montchevreuil, en forêt de Chaource, à 24 km à l'ouest, s'est sans doute orientée vers la gestion sylvicole associée à l'élevage (cf. dossier Montchevreuil). À cette dernière avec laquelle elle est citée en 1245, il faut ajouter l’énigmatique grange de Rognon, dont la localisation et la fugacité documentaire posent problème : faute de mieux, on suivra sans conviction l’hypothèse de Boutiot et Socard la plaçant à Ruvigny (Dict. topo. Aube, p. 140). L’absence de cellier ne doit pas étonner : la vigne était déjà présente sur les versants des vallées barroises et toutes les granges proches l’exploitaient en quantité non exclusive.

On peut regretter la perte irrémédiable des sources de première main car l'abbaye de Mores s'inscrit à de nombreux égards dans la ligne d'une abbaye cistercienne "moyenne" et une étude approfondie aurait sans doute permis de dégager de grandes lignes type ayant valeur de comparaison.

Période(s) Principale : (détruit)
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Bibliographie

    ARBOIS DE JUBAINVILLE, Henri d', Répertoire archéologique du département de l'Aube, Paris, 1861, col. 76.

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd) [en particulier, tome 1, p. 169 et 289]

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 439

    CHEVALIER, Ulysse, Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. Topo-bibliographie, II, Montbéliard, 1894-99, col. 2017

    COTTINEAU, dom L.-H., Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Mâcon, 1936, II, col. 1982

    COUTANT, Lucien, "Notice historique sur l’abbaye de Mores", Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube, t. XXII, 1836, p. 3-21

    CZMARA, J.-C., "Mores", Circuit des abbayes dans l’Aube, Bar-sur-Aube, 1994 , p. 39-42

    DIMIER, Anselme, et COCHERIL, Maur, "Quelques blasons d'abbayes cisterciennes de l'ancien diocèse de Langres", Mémoires de la Société Historique et Archéologique de Langres, t. V, (1961), SHAL, Langres, 1961

    DUHEM, G., "Les églises disparues du département de l’Aube" [I- L'église abbatiale de Mores], Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. XCVI, 1933-34, p. 18-21

    DU TEMS, Abbé Hugues, Le clergé de France, t. IV, Paris, 1775, p. 562-564Gallia christiana, IV (1728) col. 842-845.

    GUYTON, Dom, "Voyage littéraire de Dom Guyton en Champagne (1744-1749)" [par Ulysse ROBERT et Édouard de BARTHÉLEMY], Paris, 1890, p. 74-81, 114-115

    JOLY, Bertrand, "Les chartes de fondation des abbayes cisterciennes au XIIe siècle dans le diocèse de Langres", Les Cahiers Haut-Marnais, n°167, 1986 ("1285-1985, autour du 7e centenaire du rattachement de la Champagne à la France. La future Haute-Marne du IXe au XIVe siècle", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1985), p. 107-144

    LALORE, Abbé Charles, "Chartes de l’abbaye de Mores", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. XXXVII, 1873, p. 5-112

    LAURENT, Jacques, et CLAUDON, Ferdinand, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, t. XII (Province ecclésiastique de Lyon), 3e partie : Diocèses de Langres et de Dijon, Picard, Ligugé / Paris, 1941, p. 365-369

    LE CLERT, Louis, "Deux chartes de l’abbaye de Mores", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. LVII, 1893, p. 97-99

    LE CLERT, Louis, "Montchevreuil", Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube, 1893, p. 134-142

    MANGIN, Abbé de, Histoire du diocèse de Langres, t. III, Paris, 1765, p. 438-440

    MIGNE, abbé J.-P., Dictionnaire des abbayes et monastères [préface de Maxime de Montrond], Paris 1856, col. 567

    PETIT, Ernest, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, Dijon, t. II (1887), III (1889)

    PETIT, Ernest, "Voyage de l'abbé Lebeuf à Clairvaux en 1730", Bulletin de la Société des Sciences de l'Yonne, n°41, 1887, p. 55.

    ROSEROT, Alphonse, "Les abbayes du département de l’Aube : abbayes de Montier-la-Celle, de Mores, de Nesle, de Notre-Dame-des-Prés et du Paraclet. Additions et corrections à la Gallia Christiana, tomes IV et XII (4e partie)", Bulletin historique et philologique du C. T. H. S., 1903, p. 113-139

    ROSEROT, Alphonse, Dictionnaire historique de la Champagne méridionale (Aube) des origines à 1790, Langres-Angers, 1942-1948 [en part.: p. 260, 373, 626, 641, 659, 661, 929-931, 970-973, 999]

    ROUSSEL, abbé Ch.-Fr., Le diocèse de Langres ; histoire et statistique, t. III, 1875, p. 256

    SOCCARD, "Notes historiques sur l'ancienne abbaye de Mores", Almanach-annuaire de l'arrondissement de Bar-sur-Seine, 1887, p. 129-180.

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Christophe WISSENBERG

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