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Ancienne abbaye de Sellières

Dossier IA10001310 réalisé en 2015

Fiche

L'abbaye de Sellières a été fondée vers 1167 au diocèse de Troyes par Hugues, seigneur de Romilly, qui fit appel pour la peupler aux moines de Jouy (77 - anc. dioc. de Sens), dans la filiation de Pontigny. Ces derniers étaient déjà présents localement depuis une quinzaine d'années, notamment à Malminoux (comm. St-Martin-de-Bossenay -10) où l'évêque de Troyes Henri de Carinthie leur avait donné ses biens en 1152-53, imité en cela en 1166 par Alvide de Minay. De même, ils possédaient la ferme de l'Isle, dont il reste quelques vestiges, non loin au territoire de Pont-sur-Seine depuis une date inconnue (dès le XIIe s. ?). Il est donc probable, qu'à la requête d'Hugues de Romilly, ils aient profité d'un de leurs biens fonciers pour y installer une colonie. Ainsi fondée, Sellières n'apparaît néanmoins de manière certaine dans la documentation qu'en 1179, à l'occasion de l'importante aumône du droit de pâturage sur les terres du fondateur. Les revenus de l'abbaye semblent alors encore bien modestes quand il est même question de dettes dès 1190. Le comte de Champagne y remédie en 1192 en octroyant diverses rentes aux environs, notamment à Nogent, Fontaine-Mâcon ou Barbonne. Il est à noter que ces lieux préfigurent déjà l'armature du temporel en cours de constitution. Sellières est une abbaye de 3e génération : l'élan et le dynamisme des premières décennies s'essoufflent d'autant plus que les établissements concurrents sont déjà bien implantés (Molesme, Montier-la-Celle).

Le temporel, sans être très important, n'en est pas pour autant négligeable (cf. carte du temporel IVR21_20151000516NUCA). La bulle pontificale d'Urbain II (AD10, 9H12, 1186) dresse un premier bilan des possessions 20 ans environ après la fondation : on relève 3 granges principales (Mesnil [-lès-Pars], Minay et Malminoux) sur le plateau au sud de la Seine, ainsi que 3 domaines viticoles au nord, sur la côte de Champagne, cumulant les fonctions de celliers (Potangis) et de relais urbains (Barbonne et Sézanne). Une autre grange importante viendra compléter ce dispositif au XIIIe siècle (Le Clos-de-Mâcon ou de Sellières, 10- com. Bouy-sur-Orvin). Par sa situation entre Troyes et Provins, Sellières ne pouvait manquer de s'établir dans ces deux cités comtales où elle a possédé plusieurs maisons à vocation de refuge et de pied-à-terre commercial en temps de foires, de rapport aussi. Dans le même ordre d'idée mais à proximité immédiate, l’abbaye s'est implantée dans les bourgades de Pont et Romilly. Au XIVe siècle viendront encore s'ajouter deux nouvelles granges, de moindre importance, Quincampoix et Chauffaune, ainsi que le petit domaine rural de Boissy (77- Bouchy-le-Repos). La propriété de moulins est plus difficile à établir pour Sellières qui a obtenu surtout des rentes, à l'exception de celui de Tasuble (auj. la Folie, 10- Traînel) sur l'Orvin, qui lui a été donné en 1254. Les autres, comme celui de Villette (10- Quincey) sur l'Ardusson ne semblent jamais avoir été possédés en propre. Ce temporel s’articule donc sur la complémentarité de 3 aires distinctes : le val de Seine (confluence autour de l’abbaye) pour ses bois, marais et pâturages, le plateau sec au sud de la Seine pour ses domaines agricoles céréaliers et son élevage ovin sur les savarts, et enfin la côte de Champagne pour la vigne associée à d’autres cultures. Dans un premier temps, l’essentiel s’est donc concentré dans un rayon moins de 10 km autour de Sellières. Ce périmètre n’a été outrepassé qu’au XIIIe siècle en lien avec le développement d’activités plus spéculatives. On ne connaît pas la morphologie du bâti médiéval de Sellières. On sait juste que l’église abbatiale (construite en craie) a été consacrée en 1235 (Le Clert, Notre-Dame de Seillières, 1902). S’il est connu que la quasi totalité de l’abbaye fut détruite en 1567 par les Huguenots qui n’épargnèrent que deux travées de l’église, on sait moins en revanche que les granges ont gravement souffert de la guerre de Cent-Ans, comme le rappellent les clauses du bail du Clos-de-Mâcon en 1485 : « Comme plusieurs de noz maisons, granges et labouraiges soient à present à ruynes et venuz comme à non valloyr, tant par la fortune des guerres qui le temps passé ont eu cours en ce pays, comme parce que plusieurs des dites maisons, granches et terres ont esté tenuz et occupez par gens qui les ont lessez deschoyr, et mesmes noz maisons, granche et labouraige du clos de Celliers [sic] … » (AD10, 9 H 3). La Commende fut introduite vers 1548-50 avec Bertrand de la Vernade comme premier abbé commendataire (1544-56) mais les menses ne furent partagées qu’en 1621, sous Louis d’Ancienville. Les ressources ayant souvent manqué, ce qui avait pu être relevé ou consolidé pâtit du manque d’entretien ; l’abbaye, poursuivant lentement sa ruine, dut attendre 1759, soit près de deux siècles, pour être reconstruite et ce, malgré le très faible effectif. On y compta toujours moins de 5 religieux depuis le milieu du XVIIe siècle.

L’abbaye fut vendue le 3 mai 1791 à Louis de Baulny pour 360 000 £ : le domaine abbatial comprenait alors 320 ha de terres, prés et bois, une ferme, le palais abbatial, le moulin et ses dépendances, la maison conventuelle, l’église, un jardin. L’abbaye fut revendue dès 1808 à la famille Le Brun-Planck qui la conserva un siècle avant de s’en séparer en 1902 au profit d’un banquier parisien pour 158 000 Fr. : à cette date, il n’est plus question que de château (ancien palais abbatial), de ferme et quelques dépendances, de jardin et de 110 ha de terres, prés et bois. Les divisions ont amputé le domaine des 2/3 de sa superficie ; les bâtiments claustraux reconstruits en 1759 ont eux aussi disparu, dont les restes de l'église. De Sellières, il ne reste aujourd’hui que l'ancien palais abbatial (château), une aile de communs en retour et, un peu plus loin, au-delà de ce qui a été la cour, la ferme au bord de l’étang. Le palais abbatial est un long bâtiment de grès (41 x 9 m), hors avant-corps, « composé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage surmonté d’un grand comble coupé au centre par un vaste fronton. Neuf fenêtres s’ouvrent sur la façade située du côté du nord (sic). Du côté opposé (…) sur le jardin, se trouvent, à chaque extrémité du bâtiment, les ailes ou avant-corps » (Le Clert, op. cit., p. 223). À cette description du début du XXe siècle, dont l’orientation des façades est erronée, doit être ajouté l’usage de la brique comme matériau décoratif que l’on retrouve sur les arcs des linteaux de fenêtres et portes, ainsi que dans la scansion des niveaux et des « travées » matérialisées par l’alignement des baies. Le long toit de tuiles plates, à croupes, est rythmé à sa base par 5 lucarnes côté est, 2 seulement côté ouest, de part et d’autres du fronton.Fortement remaniée en façade orientale surtout, l’aile des communs, visiblement contemporaine du palais, ne présente pas de caractéristiques particulières. Il en est de même pour le moulin abbatial (XVIIIe s. ?) situé un peu plus en amont sur la rivière de Sellières (ill. IVR21_20151000517NUCA).

À considérer le cadastre ancien et la carte d’État-Major (mi XIXe), force est de constater que le site présente quelques anomalies, en particulier le jardin, car ces deux documents ne figurent ni le moulin, ni le bief qui permet de l’éviter, ni la pièce d’eau inscrite dans la perspective de la façade orientale du palais abbatial, que montrent pourtant plusieurs vues du début du XXe siècle (ill. IVR21_20151000518NUCA). Aux bâtiments eux-mêmes s’est substituée une représentation schématique agglomérée pour le moins curieuse. À l’évidence, la levée des informations topographiques de cette planche cadastrale a été bâclée. Le cadastre actuel apporte quelques éléments d’interprétation grâce au parcellaire qui trahit encore l’ancien agencement des lieux : la rivière de Sellières, rectifiée par les moines pour l’aménagement du site, y est représentée asséchée entre le moulin et l’abbaye. Cet état doit résulter de la cessation d’activité du moulin, devenu résidence. Le bief aurait alors été créé juste en amont pour dévier le courant vers le bras oriental qui contourne l’abbaye et rejoint le lit ancien à hauteur de la ferme, de manière à assainir les lieux. Dès lors, la pièce d’eau se serait envasée, faute d’alimentation. Longue de 150 mètres pour un peu plus de 30 mètres de largeur, on retrouve son emprise parcellaire sur la section ZM (parcelle 60), en accord avec les cartes postales anciennes. Les aménagements architecturaux en bordure du bassin sont aujourd’hui partiellement conservés ; le pourtour de l’ancien bassin, envahi par la végétation, se lit encore dans le double alignement d’arbres qui le matérialisait. Le cours de la rivière n’aurait donc été rétabli que plus récemment et ce qui reste du bassin à nouveau alimenté. Ce scénario reste toutefois à confirmer.

[À titre d’information, il n’est pas tenu compte ici de l’épisode célèbre de l’inhumation de Voltaire avant le transfert de ses cendres au Panthéon en 1791, hors de propos en dépit de la notoriété que cela conféra un temps à Sellières].

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Château de Sellières
Destinations abbaye, logis abbatial, château
Parties constituantes non étudiées communs
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Romilly-sur-Seine
Adresse Commune : Romilly-sur-Seine
Lieu-dit : Domaine de Sellières
Cadastre : 2015 ZM 61-97-98-102 logis abbatial : parcelle 98

L'abbaye de Sellières a été fondée vers 1167 au diocèse de Troyes par Hugues, seigneur de Romilly, qui fit appel pour la peupler aux moines de Jouy (77 - anc. dioc. de Sens), dans la filiation de Pontigny. Ces derniers étaient déjà présents localement depuis une quinzaine d'années, notamment à Malminoux (comm. St-Martin-de-Bossenay -10) où l'évêque de Troyes Henri de Carinthie leur avait donné ses biens en 1152-53, imité en cela en 1166 par Alvide de Minay. De même, ils possédaient la ferme de l'Isle, dont il reste quelques vestiges, non loin au territoire de Pont-sur-Seine depuis une date inconnue (dès le XIIe s. ?). Il est donc probable, qu'à la requête d'Hugues de Romilly, ils aient profité d'un de leurs biens fonciers pour y installer une colonie. Ainsi fondée, Sellières n'apparaît néanmoins de manière certaine dans la documentation qu'en 1179, à l'occasion de l'importante aumône du droit de pâturage sur les terres du fondateur. Les revenus de l'abbaye semblent alors encore bien modestes quand il est même question de dettes dès 1190. Le comte de Champagne y remédie en 1192 en octroyant diverses rentes aux environs, notamment à Nogent, Fontaine-Mâcon ou Barbonne. Il est à noter que ces lieux préfigurent déjà l'armature du temporel en cours de constitution. Sellières est une abbaye de 3e génération : l'élan et le dynamisme des premières décennies s'essoufflent d'autant plus que les établissements concurrents sont déjà bien implantés (Molesme, Montier-la-Celle).

Le temporel, sans être très important, n'en est pas pour autant négligeable (cf. carte du temporel IVR21_20151000516NUCA). La bulle pontificale d'Urbain II (AD10, 9H12, 1186) dresse un premier bilan des possessions 20 ans environ après la fondation : on relève 3 granges principales (Mesnil [-lès-Pars], Minay et Malminoux) sur le plateau au sud de la Seine, ainsi que 3 domaines viticoles au nord, sur la côte de Champagne, cumulant les fonctions de celliers (Potangis) et de relais urbains (Barbonne et Sézanne). Une autre grange importante viendra compléter ce dispositif au XIIIe siècle (Le Clos-de-Mâcon ou de Sellières, 10- com. Bouy-sur-Orvin). Par sa situation entre Troyes et Provins, Sellières ne pouvait manquer de s'établir dans ces deux cités comtales où elle a possédé plusieurs maisons à vocation de refuge et de pied-à-terre commercial en temps de foires, de rapport aussi. Dans le même ordre d'idée mais à proximité immédiate, l’abbaye s'est implantée dans les bourgades de Pont et Romilly. Au XIVe siècle viendront encore s'ajouter deux nouvelles granges, de moindre importance, Quincampoix et Chauffaune, ainsi que le petit domaine rural de Boissy (77- Bouchy-le-Repos). La propriété de moulins est plus difficile à établir pour Sellières qui a obtenu surtout des rentes, à l'exception de celui de Tasuble (auj. la Folie, 10- Traînel) sur l'Orvin, qui lui a été donné en 1254. Les autres, comme celui de Villette (10- Quincey) sur l'Ardusson ne semblent jamais avoir été possédés en propre. Ce temporel s’articule donc sur la complémentarité de 3 aires distinctes : le val de Seine (confluence autour de l’abbaye) pour ses bois, marais et pâturages, le plateau sec au sud de la Seine pour ses domaines agricoles céréaliers et son élevage ovin sur les savarts, et enfin la côte de Champagne pour la vigne associée à d’autres cultures. Dans un premier temps, l’essentiel s’est donc concentré dans un rayon moins de 10 km autour de Sellières. Ce périmètre n’a été outrepassé qu’au XIIIe siècle en lien avec le développement d’activités plus spéculatives. On ne connaît pas la morphologie du bâti médiéval de Sellières. On sait juste que l’église abbatiale (construite en craie) a été consacrée en 1235 (Le Clert, Notre-Dame de Seillières, 1902). S’il est connu que la quasi totalité de l’abbaye fut détruite en 1567 par les Huguenots qui n’épargnèrent que deux travées de l’église, on sait moins en revanche que les granges ont gravement souffert de la guerre de Cent-Ans, comme le rappellent les clauses du bail du Clos-de-Mâcon en 1485 : « Comme plusieurs de noz maisons, granges et labouraiges soient à present à ruynes et venuz comme à non valloyr, tant par la fortune des guerres qui le temps passé ont eu cours en ce pays, comme parce que plusieurs des dites maisons, granches et terres ont esté tenuz et occupez par gens qui les ont lessez deschoyr, et mesmes noz maisons, granche et labouraige du clos de Celliers [sic] … » (AD10, 9 H 3). La Commende fut introduite vers 1548-50 avec Bertrand de la Vernade comme premier abbé commendataire (1544-56) mais les menses ne furent partagées qu’en 1621, sous Louis d’Ancienville. Les ressources ayant souvent manqué, ce qui avait pu être relevé ou consolidé pâtit du manque d’entretien ; l’abbaye, poursuivant lentement sa ruine, dut attendre 1759, soit près de deux siècles, pour être reconstruite et ce, malgré le très faible effectif. On y compta toujours moins de 5 religieux depuis le milieu du XVIIe siècle.

L’abbaye fut vendue le 3 mai 1791 à Louis de Baulny pour 360 000 £ : le domaine abbatial comprenait alors 320 ha de terres, prés et bois, une ferme, le palais abbatial, le moulin et ses dépendances, la maison conventuelle, l’église, un jardin. L’abbaye fut revendue dès 1808 à la famille Le Brun-Planck qui la conserva un siècle avant de s’en séparer en 1902 au profit d’un banquier parisien pour 158 000 Fr. : à cette date, il n’est plus question que de château (ancien palais abbatial), de ferme et quelques dépendances, de jardin et de 110 ha de terres, prés et bois. Les divisions ont amputé le domaine des 2/3 de sa superficie ; les bâtiments claustraux reconstruits en 1759 ont eux aussi disparu, dont les restes de l'église. De Sellières, il ne reste aujourd’hui que l'ancien palais abbatial (château), une aile de communs en retour et, un peu plus loin, au-delà de ce qui a été la cour, la ferme au bord de l’étang.

[À titre d’information, il n’est pas tenu compte ici de l’épisode célèbre de l’inhumation de Voltaire avant le transfert de ses cendres au Panthéon en 1791, hors de propos en dépit de la notoriété que cela conféra un temps à Sellières].

Période(s) Principale : 18e siècle

De Sellières, il ne reste aujourd’hui que l'ancien palais abbatial (château), une aile de communs en retour et, un peu plus loin, au-delà de ce qui a été la cour, la ferme au bord de l’étang. Le palais abbatial est un long bâtiment de grès (41 x 9 m), hors avant-corps, « composé d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage surmonté d’un grand comble coupé au centre par un vaste fronton. Neuf fenêtres s’ouvrent sur la façade située du côté du nord (sic). Du côté opposé (…) sur le jardin, se trouvent, à chaque extrémité du bâtiment, les ailes ou avant-corps » (Le Clert, op. cit., p. 223). À cette description du début du XXe siècle, dont l’orientation des façades est erronée, doit être ajouté l’usage de la brique comme matériau décoratif que l’on retrouve sur les arcs des linteaux de fenêtres et portes, ainsi que dans la scansion des niveaux et des « travées » matérialisées par l’alignement des baies. Le long toit de tuiles plates, à croupes, est rythmé à sa base par 5 lucarnes côté est, 2 seulement côté ouest, de part et d’autres du fronton.

Fortement remaniée en façade orientale surtout, l’aile des communs, visiblement contemporaine du palais, ne présente pas de caractéristiques particulières. Il en est de même pour le moulin abbatial (XVIIIe s. ?) situé un peu plus en amont sur la rivière de Sellières (ill. IVR21_20151000517NUCA).

À considérer le cadastre ancien et la carte d’État-Major (mi XIXe), force est de constater que le site présente quelques anomalies, en particulier le jardin, car ces deux documents ne figurent ni le moulin, ni le bief qui permet de l’éviter, ni la pièce d’eau inscrite dans la perspective de la façade orientale du palais abbatial, que montrent pourtant plusieurs vues du début du XXe siècle (ill. IVR21_20151000518NUCA). Aux bâtiments eux-mêmes s’est substituée une représentation schématique agglomérée pour le moins curieuse. À l’évidence, la levée des informations topographiques de cette planche cadastrale a été bâclée. Le cadastre actuel apporte quelques éléments d’interprétation grâce au parcellaire qui trahit encore l’ancien agencement des lieux : la rivière de Sellières, rectifiée par les moines pour l’aménagement du site, y est représentée asséchée entre le moulin et l’abbaye. Cet état doit résulter de la cessation d’activité du moulin, devenu résidence. Le bief aurait alors été créé juste en amont pour dévier le courant vers le bras oriental qui contourne l’abbaye et rejoint le lit ancien à hauteur de la ferme, de manière à assainir les lieux. Dès lors, la pièce d’eau se serait envasée, faute d’alimentation. Longue de 150 mètres pour un peu plus de 30 mètres de largeur, on retrouve son emprise parcellaire sur la section ZM (parcelle 60), en accord avec les cartes postales anciennes. Les aménagements architecturaux en bordure du bassin sont aujourd’hui partiellement conservés ; le pourtour de l’ancien bassin, envahi par la végétation, se lit encore dans le double alignement d’arbres qui le matérialisait. Le cours de la rivière n’aurait donc été rétabli que plus récemment et ce qui reste du bassin à nouveau alimenté. Ce scénario reste toutefois à confirmer.

Murs grès brique et pierre
Toit tuile plate
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans croupe
Mesures :
Précision dimensions

41 x 9 m (hors avant-corps)

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1988/08/26
Précisions sur la protection

Façades et toitures du logis abbatial ; fondation de l'ancienne détruite (cad. AB 39) : inscription par arrêté du 26 août 1988.

Annexes

  • Bibliographie

    ARBOIS DE JUBAINVILLE, Henri d', Pouillé du diocèse de Troyes, Paris, 1853, p. 34 et 148

    ARBOIS DE JUBAINVILLE, Henri d', Voyage paléographique dans le département de l'Aube, Troyes/ Paris, 1855, p. 160-164, 173-174.

    AUFAUVRE, Amédée, "Translation de Voltaire à l'abbaye de Scellières", Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube, 1857, p. 123-128

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 826

    BEAUNIER, dom et BESSE, dom J.-M., Abbayes et prieurés de l'ancienne France, t. VI (Province ecclésiastique de Sens), Ligugé / Paris, 1913, p. 141

    BOUTIOT, Théophile, Histoire de la ville de Troyes et de la Champagne méridionale, 5 vol., Troyes, 1877

    CHEVALIER, Ulysse, Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. Topo-bibliographie, II, Montbéliard, 1894-99, col. 2892

    COTTINEAU, dom L.-H., Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Mâcon, 1936, II, col. 2973

    COURTALON-DELAISTRE, Abbé Jean-Charles, Topographie historique du diocèse de Troyes, t. 3, Troyes-Paris, 1784, p. 212

    DIMIER, Anselme, "Le mot Locus dans le sens de monastère", Revue Mabillon, n°250 (oct.-déc. 1972), p. 133-154 [en part. p. 148]

    DOUËT-D'ARCQ, Louis-Claude, Archives de l'Empire. Collection de sceaux, t. III, Paris, 1868, n° 9094, p. 137Gallia christiana, XII (1770) col. 608-609, instr. n° 45.

    GUYTON, Dom, "Voyage littéraire de Dom Guyton en Champagne (1744-1749)" [par Ulysse ROBERT et Édouard de BARTHÉLEMY], Paris, 1890, p. 117-119

    LE CLERT, Louis, "Notre-Dame de Seillières, abbaye bénédictine du diocèse de Troyes", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. LXVI, 1902, p. 205-308

    LE CLERT, Louis, "Étude historique sur Romilly-sur-Seine", Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube, 1898, p. 45-145.

    MASSON, C., "Les possessions hydrauliques de l’abbaye de Sellières", La Vie en Champagne, n° 3, juillet-sept. 1995, p. 5-8MIGNE, abbé J.-P., Dictionnaire des abbayes et monastères [préface de Maxime de Montrond], Paris 1856, col. 710

    ROSEROT, Alphonse, "Les abbayes du département de l’Aube : abbayes de la Piété, de Radonvilliers (?), de Scellières, de Troyes (N.-D.-aux-Nonnains, St-Loup, St-Martin-ès-Aires) et du Val-des-Vignes. Additions et corrections à la Gallia Christiana, tomes IV et XII (5e et dernière partie)", Bulletin historique et philologique du C. T. H. S., 1903, p. 558-601.

    ROSEROT, Alphonse, Dictionnaire historique de la Champagne méridionale (Aube) des origines à 1790, Langres-Angers, 1942-1948 [en part.: p. 359, 400, 852-853, 911-912, 1214, 1440-1442]

(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - Wissenberg Christophe
Christophe Wissenberg

Prestataire de cartographie pour les publications du SRI


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