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Ancienne abbaye du Reclus

Dossier IA51001050 réalisé en 2015

Fiche

Le Reclus fait partie de ces abbayes cisterciennes aux origines pas clairement établies, et ce d’autant plus que son histoire n’a pas encore été véritablement écrite, à l’exception de quelques contributions ponctuelles qui, souvent, se paraphrasent. Bien avant l’arrivée des cisterciens, vers 1128, un ermite du nom d’Hugues Reclusus vivait en un lieu dénommé « Fons Balini » (non identifié, au territoire de Saint-Prix semble-t-il). Cet ermitage servit de base à la fondation que préparèrent saint Bernard et l’évêque de Troyes Hatton, et qui aboutit en 1142-43. Le Reclus entra dans la grande filiation claravallienne, via Vauclair qui envoya un groupe de moines. L’assise matérielle fut apportée peu après (1144) par Simon de Broyes qui donna divers droits d’usages au bois de Talus. Justifiant le titre honorifique de fondateur, cette générosité trahit sans doute les motivations religieuses de cette puissante famille, qui avait déjà fondé vers 1131 pour des moniales bénédictines de Molesme (filiation de Jully), le prieuré d’Andecy en sa seigneurie de Baye. Néanmoins, l’épreuve des faits compromit la pérennité du site, mise en cause dans la grande détresse de la jeune abbaye. C’est pourquoi le comte de Champagne Henri le Libéral intervint en 1164 en donnant des bois et divers usages en sa proche forêt de Wassy, dont le pâturage, et initiant un déplacement du site abbatial en lieu plus propice, celui que les vestiges occupent encore aujourd’hui, en rive droite du Petit-Morin, en limite des territoires paroissiaux de Talus, Corfélix et Bannay (ill. IVR21_20155100322NUCA). Cette libéralité doit être aussi considérée comme une compensation car le comte prépare à ce moment-là la fondation d’une autre fille de Vauclair, la Charmoye, à 12 km au nord, qu’il dote des deux granges de Betin et du Jard, appartenant jusqu’alors au Reclus. Au titre du préjudice, il ajoute une terre et un bois à Lachy et une somme de 200£ pour en financer le défrichement (AD51, 16H4, 1177). Ce dernier domaine est vraisemblablement à l’origine de la ferme des Épées (grange en 1228). L’abbaye prit réellement son envol grâce à une nouvelle faveur de la famille de Broyes, qui donna une partie du marais, une carrière voisine, une terre pour en extraire de l’argile, des bois proches, le droit de pâturages sur tous ses domaines, des revenus sur plusieurs moulins ainsi que 10 arpents de terre à planter en vignes. Cette importante donation allait assurer son développement matériel et économique de manière décisive même si le Reclus n’a jamais été un monastère très important. Le siècle qui suivit fut une période d’accroissement temporel notable, redevable en grande partie à cette même famille qui céda beaucoup de bois, notamment à Chapton (entre Soizy et Lachy) en 1202, en face de l’abbaye du côté de Colléard en rive gauche du Petit Morin en 1210 et 1223 et surtout 180 arpents à nouveau au bois de Chapton en 1239.

Le temporel du Reclus se composait des 8 granges suivantes à la fin du XIIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100500NUCA) Noërel/Norroy (51-com. Connantre ?), Chenevrey (51-anc. com. Joches), Broyes/ Maison des Convers (com. Broyes), dont 5 existaient encore en 1756 selon l’état des revenus, le Mont (51-com. Clamanges), les Épées (51-com. Lachy), les Pisserottes et la Haute-Vigne (51-com. du Thoult-Trosnay) et Colléard (51-com. Talus-st-Prix), auxquelles il faut ajouter les trois relais urbains de Châlons, Reims et Sézanne —ce dernier jouant aussi le rôle de cellier—, la forge devant l’abbaye et l’énigmatique Vieille-Grange (don non localisé du comte de Champagne avant 1200, peut-être site primitif ?). L’extension géographique de ce temporel reflète bien la situation de l’abbaye, au contact entre Champagne crayeuse, plateau briard, marais de Saint-Gond et côte de Champagne viticole, chacune de ces entités bien distinctes et complémentaires accueillant une ou plusieurs granges. La vigne semble avoir été une source de revenus notable pendant un temps car, outre la bien nommée grange de Haute-Vigne, on en trouve mention en plusieurs lieux comme Barbonne (1179), Colléard (1210), le Mont Août (1228) et Sézanne (1225), où la maison jouera le rôle de point d’écoulement. À ce titre, le relais châlonnais est plus exemplaire car plusieurs maisons y sont signalées dès 1186-93, dont une où l’on vendait les vins de l’abbaye (1225). Eu égard à leur localisation, les granges des Pisserottes, de Broyes et de Chenevrey ont nécessairement contribué à la production. Les domaines briards se sont quant à eux plus orientés vers l’élevage et la gestion forestière. On notera enfin avec intérêt le rôle de relais qu’a dû jouer la grange du Mont, idéalement située à mi-chemin de Châlons.

Après la guerre de Cent-Ans, les anciennes granges ont été amodiées et certaines, divisées en plusieurs fermes, de manière à trouver plus facilement preneurs. D’autres ont été créées sur les terres de Bannay ou de Coizard. Comme le rappelle A. Dimier, les revenus avaient alors fortement baissé au point que « le chapitre général de 1456 dut faire appel à la générosité des autres maisons pour lui venir en aide » (A. Dimier, « La Marne cistercienne », in B. Chauvin, Mélanges à la mémoire du père Anselme Dimier, t.1, 1987, p. 621). Ici comme ailleurs, les crises de la fin du Moyen Âge ont été aggravées par l’instauration de la commende, dont le premier abbé fut le courtisan Melin de Saint-Gelais en 1532, privant le monastère d’une part importante de ses revenus. Le Reclus fut incendié lors des guerres de Religion, en 1567, lorsque Nicolas Boucherat, futur abbé de Cîteaux, en était le prieur. Faute de moyens, les bâtiments encore debout ont été remis en état tant bien que mal : il ne restait plus de l’église abbatiale, réduite à la dimension d’une chapelle, qu’une partie du sanctuaire. C’est sur la nef détruite qu’on éleva le palais abbatial, mais bien plus tard au XVIIIe siècle seulement. La reconstruction de l’abbaye se limita à l’érection d’une nouvelle église sur les ruines de la précédente, lancée en 1767, consacrée 3 ans plus tard, et en présence du descendant des sires de Broyes, François Berthelot, baron de Baye, qui en a été le financeur. Entre temps, alors que l’ordre réfléchissait au devenir des petits monastères en difficultés, le Reclus reçut en 1744 une affectation particulière, l’accueil de moines récalcitrants et/ou en pénitence, ce qu’on s’empressa de considérer comme la preuve de l’existence d’une maison de détention. De beaux graffitis témoignent encore de leur séjour forcé.

C’est sous le dernier abbé de Ventoux que l’abbaye ferma ses portes et fut vendue comme bien national. Un certain Berlin, de Château-Thierry, s’en porta acquéreur. Plus tard, le domaine fut divisé en deux propriétés, puis à nouveau réunies au cours du XXe siècle.

Faute de relevé ancien et de fouilles archéologiques, le plan complet de l’abbaye du Reclus n’est pas connu mais un plan proche de l’état actuel a été diffusé au XXe s. (A. Erlande-Brandenburg, "L’abbaye du Reclus", Congrès Archéologique de France, 1977 (Champagne du Nord), p. 647-652) (ill. IVR21_20155100501NUCA). De l’abbaye médiévale, il reste avant tout le bâtiment des moines (salle capitulaire, sacristie, galerie orientale du cloître) et quelques vestiges structuraux de l’église, soit repris dans l’édifice du XVIIIe, soit retrouvés au dehors par sondages. De l’abbaye reconstruite, il reste l’église abbatiale et le palais des abbés commendataires. L’agencement des jardins reprend partiellement par ailleurs la structure du carré monastique, notamment les emplacements du préau et du bâtiment des convers.

Bâtiments médiévaux (cf. plan, ill. IVR21_20155100501NUCA) :

- L’aile des moines du Reclus, seul véritable vestige de l’abbaye médiévale, est l’un des beaux exemples d’architecture cistercienne de Champagne. Réduite de moitié environ, elle se prolongeait au sud sur plusieurs travées correspondant au moins à l’espace de la salle des moines, détruite. Ce bâtiment de 22 m de long sur 15 m de large (galerie du cloître comprise) comporte deux niveaux sous un toit à croupes moyennement pentu et couvert de tuiles plates. Il présente un aspect extérieur austère et très remanié tout en laissant entrevoir de nombreux éléments médiévaux, ce qui n’est pas sans rappeler celui de Quincy (Yonne). En façade occidentale (côté jardin, ill. IVR21_20155100502NUCA), le rez-de-chaussée se caractérise par une arcature complète mais irrégulière, correspondant aux arcs formerets des baies de la galerie du cloître, qui ouvraient sur le préau. Ces baies à remplages, en arc brisé (sauf la travée centrale en plein cintre en raison de l’écartement), ont été comblées à l’époque moderne et remplacées par des fenêtres et une porte, hormis au contact du palais abbatial où les travées sont trop étroites. Les contreforts à larmier, qui séparent les travées, s’étendent jusqu’à l’étage, dortoir des moines. Des fenêtres modernes ont été elles aussi substituées aux baies d’origine. On retrouve ces mêmes dispositions en façade orientale (ill. IVR21_20155100503NUCA)à ceci près que les baies médiévales du rez-de-chaussée n’ont pas été comblées et montrent toujours un bel arc brisé à arêtes chanfreinées (début XIIIe). Seule la baie centrale a été bouchée ultérieurement par un escalier extérieur de plein pied donnant accès à l’étage (XVIIIe s. ?). Au niveau supérieur, l’érosion du crépi fait apparaître le chaînage des baies primitives (arcs en plein cintre) que les fenêtres modernes ont recoupées. Aux deux autres extrémités, les destructions et remaniements ont généré des pignons « artificiels ». Au sud, après la destruction de la salle des moines, un nouveau mur a été élevé pour clore le bâtiment, renforcé par trois contreforts massifs. On y voit encore un arc doubleau de la galerie du cloître, ainsi que les arrachements des murs gouttereaux. Au nord, le problème est différent car au pignon actuel, aveugle et percé d’une seule porte au centre de l’étage, correspondait celui du bras sud du transept de l’église abbatiale que la nouvelle église n’a pas conservé ou reconstruit. L’angle nord-est du bâtiment des moines porte encore l’arrachement de cette dissociation qui a détruit aussi le dernier contrefort (à double larmier de ce côté).

- La galerie orientale du cloître (ill. IVR21_20155100504NUCA), malgré la destruction de la moitié sud du bâtiment (qui devait faire saillie au delà du carré monastique), n’a sans doute perdu qu’une seule travée (cf. plus loin). Huit d’entre elles ont été conservées. Le voûtement quadripartite d’ogives (mi XIIIe s.) n’aurait pas été prévu à l’origine d’après M. Aubert (L’architecture cistercienne en France, II, 1967, p. 3). Le cloître aurait été simplement charpenté, puis voûté au XIIIe s., ce qui expliquerait les hésitations des trois premières travées qui sont trapézoïdales. Pour appuyer cette hypothèse, on ajoutera que les tailloirs des chapiteaux du portail de la salle capitulaire ont été sectionnés pour y insérer les culots recevant les doubleaux du cloître. Cet ajustement ne peut avoir été réalisé qu’a posteriori. Les ogives sont « profilées d’un tore en amande dégagé par une gorge de deux tores plus petits » (id. p. 13). Côté intérieur, ces ogives reposent systématiquement sur de sobres culots à feuilles d’eau classiques, tandis que côté préau a prévalu une alternance de culots et piles engagées surmontées de chapiteaux à crochets. Ces piles sont flanquées à mi-hauteur d’autres chapiteaux à crochets, plus petits, découverts récemment puis dégagés du mur de comblement, sur lesquels reposaient les arcs formerets du remplage (ill. IVR21_20155100505NUCA), sans qu’il soit possible de dire s’il donnait lieu à des baies géminées comme on en voit encore un au-devant de la salle capitulaire.

- Cette galerie desservait comme il se doit les différentes salles du bâtiment des moines, à commencer par l’armarium, immédiatement placé à gauche au sortir de l’église pour la lecture (2e travée). Au Reclus, comme dans beaucoup d’autres abbayes l’armarium est réduit à sa plus simple expression, à savoir une armoire ménagée dans l’épaisseur du mur qui n’était autre que le mur ouest du bras sud du transept de l’église. Large d’un mètre et profond de près de 0,60 m, il était divisé en deux parties égales, séparées par un meneau sur lequel était aussi prévu le système de fermeture. Les vantaux venaient ainsi prendre place dans les feuillures de l’encadrement. Des plateaux de bois étaient glissés dans les rainures latérales pour former les rayons.

- La porte à coussinets donnant sur la 4e travée ouvre sur la sacristie, première véritable salle du bâtiment des moines. Couverte d’un berceau en plein cintre, elle s’étend sur un peu plus que la largeur d’une travée du cloître, voûtement oblige. Ses murs sont percés d’armoires et d’une piscine. Elle se termine à l’est par une fenêtre rectangulaire à larges ébrasements. Une porte la mettait en communication directe avec l’église, ce qu’on ne peut plus voir en raison de la terrasse qui masque tout le rez-de-chaussée à l’extérieur.

- Aux trois travées suivantes du cloître correspond la salle capitulaire, joyau du Reclus. Cette magnifique salle de 12 x 8 m est divisée en deux vaisseaux, dont les voûtes d’ogives retombent au centre sur deux colonnes monolithes et, autour, sur de puissants culots, tous surmontés de beaux chapiteaux ornés de feuilles d’eau parmi les plus représentatifs de l’art cistercien (ill. IVR21_20155100506NUCA). Elle aurait été construite selon M. Aubert vers 1190, quelques années avant l’église. Des trois baies qui éclairaient la salle, celle du milieu a été obstruée par l’aménagement d’un escalier extérieur. En face, le chapitre ouvre sur le cloître par une porte en arc brisé, dotée de voussures retombant sur autant de ressauts des ébrasements. De part et d’autre de cette porte centrale, s’ouvrent les baies par lesquelles les convers avaient la possibilité d’assister au chapitre depuis la galerie du cloître. Seule subsiste celle de droite : elle s’insère entre les deux archivoltes (côté salle et côté galerie) et s’appuie sur trois colonnettes occasionnant une baie géminée surmontée d’un tympan aveugle dont on ne sait s’il était ajouré d’un oculus (ill. IVR21_20155100504NUCA). À gauche, la colonnette centrale ayant disparu, le tympan s’est écroulé, ne laissant plus voir aujourd’hui que les départs des arcs brisés (premiers claveaux). La quarantaine de chapiteaux de ces ébrasements recevant ogives, formerets, doubleaux et voussures montrent une indéniable homogénéité stylistique où la feuille d’eau, motif unique qu’une variété de registres formels renouvelle sans cesse, est quelquefois agrémentée de petits crochets (ill. IVR21_20155100507NUCA et IVR21_20155100508NUCA). On remarquera généralement la grande finesse d’exécution de cette sculpture monumentale, comme le montre par exemple la base de la colonnette de la baie géminée (ill. IVR21_20155100509NUCA). Si les portes intérieures ne sont pas d’origine, il faut en revanche considérer avec intérêt les vestiges de bancs de pierre qui couraient le long des murs de la salle et sur lesquels les moines prenaient place pendant la lecture quotidienne du chapitre de la Règle.

- Au-delà de la salle capitulaire se trouve le passage, mettant le cloître en communication avec l’espace intra muros situé à l’est du carré monastique où étaient localisés selon les cas l’infirmerie, un jardin, voire un second cloître. Au Reclus, son identification ne laisse pas de doute en raison des portes qui en contrôlent les issues, notamment celle du cloître, robuste et monumentale, composée d’un double piédroit aux angles abattus ou chanfreinés, recevant un double arc brisé de même facture (ill. IVR21_20155100510NUCA). En vis-à-vis, la porte donnant sur l’extérieur, aujourd’hui presque entièrement bouchée, était plus simple et constituée d’un unique arc brisé. Le passage, pouvant occasionnellement servir de parloir, se situe habituellement dans l’axe même de la galerie sud du cloître desservant le réfectoire, ou en léger décalage (une travée souvent). Ce devait être le cas ici car l’arc brisé de cette dernière travée, qui transparaît en façade occidentale du bâtiment, est bien l’arc formeret de l’ancienne baie à remplage et non pas un arc doubleau, à proximité duquel d’ailleurs des arrachements auraient été nécessairement visibles. D’autre part le pignon sud, remonté à la suite de la destruction de la salles des moines, montre clairement un arc brisé (un doubleau ?) dans la continuité du cloître, imparfaitement comblé au milieu d’arrachements, trahissant l’existence d’une travée supplémentaire. Le nouveau pignon ayant été monté non pas à la perpendiculaire des gouttereaux mais en légère oblique, ce doubleau a pu être épargné protégé par l’angle, et utilisé comme arc de décharge. L’aile sud du cloître devait donc se situer juste au-delà de la terrasse de l’actuel jardin. Et c’est peut-être à ce niveau que se trouvait l’escalier de jour donnant accès à l’étage, c’est-à-dire au dortoir des moines.

- Le dortoir des moines occupait la totalité du niveau supérieur. Il n’est plus guère possible d’en discerner l’organisation interne en raison des cloisonnements et des modifications profondes qu’il a subies. Néanmoins plusieurs culots, départs d’ogives et chapiteaux émergeant des murs et entresols sont à considérer comme autant de vestiges de son ancien voûtement sur croisées d’ogives. Les décors à feuillages et crochets semblent contemporains de ceux du rez-de-chaussée. On a réutilisé pour édifier ces cloisons modernes une grande quantité d’éléments issus des démolitions, parmi lesquels nombre de claveaux, sections de colonnettes, écoinçons et autres carreaux vernissés. Si les croisées d’ogives ont disparu, il reste malgré tout la plupart des formerets, faisant offices d’arcs de décharge retombant dans l’axe des contreforts. Comme on peut le voir dans les combles, les parties sommitales de ces arcs brisés ont été arasées, ce qui a permis d’abaisser la base de la charpente et donc du toit. On y découvre aussi d’anciennes fenêtres en plein cintre, logées juste sous ces arcs brisés. Ces dernières constituaient donc un niveau d’ouvertures différent des fenêtres qui éclairaient l’étage et qui sont encore partiellement restituables tant de l’extérieur que l’intérieur. Chaque travée du dortoir comportait donc deux petites fenêtres, elles-mêmes surmontées d’une troisième, sans doute à l’image du dortoir des moines de l’abbaye du Val (Val-d’Oise).

L’extrémité sud de cette galerie du cloître n’existe plus, contrairement à son extrémité nord qui présente le double intérêt d’avoir conservé l’amorce de la galerie nord et la porte de l’église abbatiale. Cette amorce, matérialisée par la présence en retour du premier doubleau, a le mérite de fixer clairement l’emplacement de la galerie qui longeait l’église. En d’autres termes, l’actuelle façade sud du logis abbatial, bâtie exactement sur le mur gouttereau méridional de l’ancienne église, a fossilisé l’empreinte de la galerie septentrionale du cloître contre lequel elle s’appuyait. Ainsi, la porte du cloître, située dans l’axe de la galerie orientale, constitue-t-elle le dernier témoin du bas côté sud de l’église abbatiale (ill. IVR21_20155100511NUCA). Bien qu’elle ait été bûchée au point d’araser ses chapiteaux et que le rehaussement postérieur du sol en dissimule les bases, elle se caractérise par une facture similaire à la porte du passage (cf. plus haut). Les quelques arrachements, traces de sciage et moignons d’appareil épargnés trahissent l’existence d’un ancien tympan, configuration fréquente pour ce lieu. On accédait de jour au sanctuaire depuis le cloître par cette porte après avoir gravi quelques marches d’escalier afin d’épouser la déclivité naturelle, l’église étant toujours située au point le plus haut d’une abbaye, il faut le rappeler.

- D’autres vestiges de l’église abbatiale médiévale sont visibles, aujourd’hui à l’extérieur entre le bâtiment des moines et l’église du XVIIIe s. : des socles de colonnes et, soutenant les restes d’un chapiteau et de départs de voûtes, une colonne engagée dans le mur sud de l’église moderne, qui s’est appuyée in situ sur des éléments médiévaux subsistants tels que les contreforts d’angles et vraisemblablement aussi les fenêtres en plein cintre appareillées en pierre (ill. IVR21_20155100512NUCA). De quoi confirmer l’hypothèse reprise par plusieurs auteurs selon laquelle la reconstruction du sanctuaire en 1767-70 aurait consisté à utiliser l’ancien chœur. Autrement dit, l’église abbatiale du Reclus a bien eu un chœur à chevet plat, saillant d’une travée, flanqué de 3 chapelles latérales ouvrant sur chacun des bras du transept (cf. plan, ill. IVR21_20155100501NUCA)

Bâtiments modernes (cf. plan, ill. IVR21_20155100501NUCA) :

- La nouvelle église abbatiale a été reconstruite de 1767 à 1770. Il s’agit donc du chœur de l’édifice médiéval, sans doute repris dans son volume sans réelles transformations, à ceci près que la travée de croisée du transept, qui lui a été adjointe, a été murée et renforcée par de nouveaux contreforts, et ajourée de quatre nouvelles fenêtres latérales en brique, sur le modèle des anciennes. Une nouvelle voûte surbaissée à lunettes en pierre et en plein cintre a été réalisée pour couvrir cette nef unique. L’architecture intérieure, dans un esprit baroque assez sobre, se limite à la matérialisation de trois travées au moyen de pilastres plats et très peu saillants, et à une volonté d’arrondissement des angles. Enfin, en raison des bouleversements induits par l’édification mitoyenne du logis abbatial, l’organisation du sanctuaire a été inversée et l’autel placé à l’ouest, d’où le percement du mur de l’ancien chevet pour y ménager le nouvel accès principal (porte rectangulaire surmontée d’un socle de statuette et d’un grand oculus).

- L’ancienne nef quant à elle, en ruines depuis le milieu du XVIe siècle, a été abandonnée à l’usage des abbés commendataires qui y ont fait construire leur logis sur toute sa longueur (soit 35 m). La façade sud a été érigée sur les fondations du mur du collatéral sud, tandis que le bas-côté nord et le gouttereau nord de la nef (grandes arcades) ont été totalement arasés. Le palais abbatial, qui n’occupe donc que la moitié sud du volume de l’église, est un bâtiment d’une grande rigueur et symétrie architecturales, s’élevant sur deux niveaux, animés côté nord par un alignement de 10 fenêtres et une lucarne à l’étage, 9 fenêtres et 2 portes à arcs segmentaires au rez-de-chaussée, dont celle de droite mise en valeur par un beau portail à ébrasement en pierre de taille. Le côté sud observe le même rythme mais le raccordement de la galerie du cloître a réduit le nombre de (portes-) fenêtres à 9, ce qui a permis du point de vue de la symétrie d’enrichir la façade d’un avant-corps central à peine saillant, doté d’un balcon et surmonté d’un fronton à oculus (ill. IVR21_20155100513NUCA). À cette avancée répond, au-devant de la terrasse, une petite fontaine vraisemblablement connectée sur le réseau d’adduction de l’ancien lavabo. Tous ces éléments contribuent à la désigner comme façade principale. On pourra rapprocher ce logis abbatial de celui de Sellières, malgré l’emploi de matériaux différents.

- Au devant du petit jardin d’hiver, postérieurement accolé au pignon du logis, court le mur de soutènement du jardin qui s’étend en terrasse sur l’espace de l’ancien préau, afin de compenser la pente naturelle. Ce mur qui regarde l’ouest est lui-même soutenu par une série irrégulière (ou plus exactement incomplète) de contreforts à larmiers, d’aspect tout à fait comparable à ceux de l’aile des moines, bien que réduits dans leur élévation à la hauteur de la terrasse. Si l’on restitue l’alignement d’origine sur la base des contreforts subsistants, on remarque que le rythme et les intervalles sont identiques à ceux de l’aile orientale. Si l’on admet par ailleurs que l’ancienne église abbatiale devait s’étendre peu ou prou jusqu’au pignon occidental du logis, on constate alors que l’espace entre ce pignon et les dits contreforts est sensiblement le même que la largeur du bâtiment des moines, hors cloître. Compte tenu de l’aspect et de la mise en œuvre de ces (bases de) contreforts et de leur localisation précise par rapport aux éléments conservés du carré monastique, alors il y a de très fortes présomptions qu’ils soient encore en place et qu’il s’agisse des derniers témoins du mur gouttereau ouest du bâtiment des convers, détruit à une date inconnue (ill. IVR21_20155100514NUCA). D’autres éléments épars, nombreux, sont visibles un peu partout dans le domaine, qu’il s’agisse de dépôts lapidaires (galerie du cloître, passage, sacristie) ou de remplois décoratifs (claveaux, bases de colonnes, tambours de piles, chapiteaux) en attendant d’autres prospections archéologiques du coté des ailes du réfectoire et des convers notamment.

- Enfin, malgré l’ampleur des destructions, la richesse des vestiges de l’abbaye du Reclus ne doit pas éclipser l’intérêt des dépendances modernes, construites au nord-ouest de l’église. Aujourd’hui aménagés en gîte rural, ces communs constituent un beau corps de ferme de plein pied, principalement du XVIIIe siècle mais dont les éléments les plus anciens comme cette belle porte en plein cintre moulurée pourraient remonter aux siècles précédents (XVIe-XVIIe s. ?). Les autres aménagements sont postérieurs aux ventes révolutionnaires.

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Abbaye du Reclus
Destinations abbaye, demeure
Parties constituantes non étudiées communs
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Montmort-Lucy
Adresse Commune : Talus-Saint-Prix
Lieu-dit : Le Reclus
Adresse : D 43
Cadastre : 1986 A2 465-467-470

Le Reclus fait partie de ces abbayes cisterciennes aux origines pas clairement établies, et ce d’autant plus que son histoire n’a pas encore été véritablement écrite, à l’exception de quelques contributions ponctuelles qui, souvent, se paraphrasent. Bien avant l’arrivée des cisterciens, vers 1128, un ermite du nom d’Hugues Reclusus vivait en un lieu dénommé « Fons Balini » (non identifié, au territoire de Saint-Prix semble-t-il). Cet ermitage servit de base à la fondation que préparèrent saint Bernard et l’évêque de Troyes Hatton, et qui aboutit en 1142-43. Le Reclus entra dans la grande filiation claravallienne, via Vauclair qui envoya un groupe de moines. L’assise matérielle fut apportée peu après (1144) par Simon de Broyes qui donna divers droits d’usages au bois de Talus. Justifiant le titre honorifique de fondateur, cette générosité trahit sans doute les motivations religieuses de cette puissante famille, qui avait déjà fondé vers 1131 pour des moniales bénédictines de Molesme (filiation de Jully), le prieuré d’Andecy en sa seigneurie de Baye. Néanmoins, l’épreuve des faits compromit la pérennité du site, mise en cause dans la grande détresse de la jeune abbaye. C’est pourquoi le comte de Champagne Henri le Libéral intervint en 1164 en donnant des bois et divers usages en sa proche forêt de Wassy, dont le pâturage, et initiant un déplacement du site abbatial en lieu plus propice, celui que les vestiges occupent encore aujourd’hui, en rive droite du Petit-Morin, en limite des territoires paroissiaux de Talus, Corfélix et Bannay (ill. IVR21_20155100322NUCA). Cette libéralité doit être aussi considérée comme une compensation car le comte prépare à ce moment-là la fondation d’une autre fille de Vauclair, la Charmoye, à 12 km au nord, qu’il dote des deux granges de Betin et du Jard, appartenant jusqu’alors au Reclus. Au titre du préjudice, il ajoute une terre et un bois à Lachy et une somme de 200£ pour en financer le défrichement (AD51, 16H4, 1177). Ce dernier domaine est vraisemblablement à l’origine de la ferme des Épées (grange en 1228). L’abbaye prit réellement son envol grâce à une nouvelle faveur de la famille de Broyes, qui donna une partie du marais, une carrière voisine, une terre pour en extraire de l’argile, des bois proches, le droit de pâturages sur tous ses domaines, des revenus sur plusieurs moulins ainsi que 10 arpents de terre à planter en vignes. Cette importante donation allait assurer son développement matériel et économique de manière décisive même si le Reclus n’a jamais été un monastère très important. Le siècle qui suivit fut une période d’accroissement temporel notable, redevable en grande partie à cette même famille qui céda beaucoup de bois, notamment à Chapton (entre Soizy et Lachy) en 1202, en face de l’abbaye du côté de Colléard en rive gauche du Petit Morin en 1210 et 1223 et surtout 180 arpents à nouveau au bois de Chapton en 1239.

Le temporel du Reclus se composait des 8 granges suivantes à la fin du XIIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100500NUCA) Noërel/Norroy (51-com. Connantre ?), Chenevrey (51-anc. com. Joches), Broyes/ Maison des Convers (51-com. Broyes), dont 5 existaient encore en 1756 selon l’état des revenus, le Mont (51-com. Clamanges), les Épées (51-com. Lachy), les Pisserottes et la Haute-Vigne (51-com. du Thoult-Trosnay) et Colléard (51-com. Talus-st-Prix), auxquelles il faut ajouter les trois relais urbains de Châlons, Reims et Sézanne —ce dernier jouant aussi le rôle de cellier—, la forge devant l’abbaye et l’énigmatique Vieille-Grange (don non localisé du comte de Champagne avant 1200, peut-être site primitif ?). L’extension géographique de ce temporel reflète bien la situation de l’abbaye, au contact entre Champagne crayeuse, plateau briard, marais de Saint-Gond et côte de Champagne viticole, chacune de ces entités bien distinctes et complémentaires accueillant une ou plusieurs granges. La vigne semble avoir été une source de revenus notable pendant un temps car, outre la bien nommée grange de Haute-Vigne, on en trouve mention en plusieurs lieux comme Barbonne (1179), Colléard (1210), le Mont Août (1228) et Sézanne (1225), où la maison jouera le rôle de point d’écoulement. À ce titre, le relais châlonnais est plus exemplaire car plusieurs maisons y sont signalées dès 1186-93, dont une où l’on vendait les vins de l’abbaye (1225). Eu égard à leur localisation, les granges des Pisserottes, de Broyes et de Chenevrey ont nécessairement contribué à la production. Les domaines briards se sont quant à eux plus orientés vers l’élevage et la gestion forestière. On notera enfin avec intérêt le rôle de relais qu’a dû jouer la grange du Mont, idéalement située à mi-chemin de Châlons.

Après la guerre de Cent-Ans, les anciennes granges ont été amodiées et certaines, divisées en plusieurs fermes, de manière à trouver plus facilement preneurs. D’autres ont été créées sur les terres de Bannay ou de Coizard. Comme le rappelle A. Dimier, les revenus avaient alors fortement baissé au point que « le chapitre général de 1456 dut faire appel à la générosité des autres maisons pour lui venir en aide » (A. Dimier, « La Marne cistercienne », in B. Chauvin, Mélanges à la mémoire du père Anselme Dimier, t.1, 1987, p. 621). Ici comme ailleurs, les crises de la fin du Moyen Âge ont été aggravées par l’instauration de la commende, dont le premier abbé fut le courtisan Melin de Saint-Gelais en 1532, privant le monastère d’une part importante de ses revenus. Le Reclus fut incendié lors des guerres de Religion, en 1567, lorsque Nicolas Boucherat, futur abbé de Cîteaux, en était le prieur. Faute de moyens, les bâtiments encore debout ont été remis en état tant bien que mal : il ne restait plus de l’église abbatiale, réduite à la dimension d’une chapelle, qu’une partie du sanctuaire. C’est sur la nef détruite qu’on éleva le palais abbatial, mais bien plus tard au XVIIIe siècle seulement. La reconstruction de l’abbaye se limita à l’érection d’une nouvelle église sur les ruines de la précédente, lancée en 1767, consacrée 3 ans plus tard, et en présence du descendant des sires de Broyes, François Berthelot, baron de Baye, qui en a été le financeur. Entre temps, alors que l’ordre réfléchissait au devenir des petits monastères en difficultés, le Reclus reçut en 1744 une affectation particulière, l’accueil de moines récalcitrants et/ou en pénitence, ce qu’on s’empressa de considérer comme la preuve de l’existence d’une maison de détention. De beaux graffitis témoignent encore de leur séjour forcé.

C’est sous le dernier abbé de Ventoux que l’abbaye ferma ses portes et fut vendue comme bien national. Un certain Berlin, de Château-Thierry, s’en porta acquéreur. Plus tard, le domaine fut divisé en deux propriétés, puis à nouveau réunies au cours du XXe siècle.

Faute de relevé ancien et de fouilles archéologiques, le plan complet de l’abbaye du Reclus n’est pas connu mais un plan proche de l’état actuel a été diffusé au XXe s. (A. Erlande-Brandenburg, "L’abbaye du Reclus", Congrès Archéologique de France, 1977 (Champagne du Nord), p. 647-652) (ill. IVR21_20155100501NUCA). De l’abbaye médiévale, il reste avant tout le bâtiment des moines (salle capitulaire, sacristie, galerie orientale du cloître) et quelques vestiges structuraux de l’église, soit repris dans l’édifice du XVIIIe, soit retrouvés au dehors par sondages. De l’abbaye reconstruite, il reste l’église abbatiale et le palais des abbés commendataires. L’agencement des jardins reprend partiellement par ailleurs la structure du carré monastique, notamment les emplacements du préau et du bâtiment des convers.

Période(s) Principale : limite 12e siècle 13e siècle, 3e quart 18e siècle
Auteur(s) Auteur : Chaillou François Urbain
François Urbain Chaillou

Architecte parisien, auteur des plans de reconstruction, en 1770 de l'église de Bannes (Haute-Marne). Source : AD 52, C c119.


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Bâtiments médiévaux (cf. plan, ill. IVR21_20155100501NUCA) :

- L’aile des moines du Reclus, seul véritable vestige de l’abbaye médiévale, est l’un des beaux exemples d’architecture cistercienne de Champagne. Réduite de moitié environ, elle se prolongeait au sud sur plusieurs travées correspondant au moins à l’espace de la salle des moines, détruite. Ce bâtiment de 22 m de long sur 15 m de large (galerie du cloître comprise) comporte deux niveaux sous un toit à croupes moyennement pentu et couvert de tuiles plates. Il présente un aspect extérieur austère et très remanié tout en laissant entrevoir de nombreux éléments médiévaux, ce qui n’est pas sans rappeler celui de Quincy (Yonne). En façade occidentale (côté jardin, ill. IVR21_20155100502NUCA), le rez-de-chaussée se caractérise par une arcature complète mais irrégulière, correspondant aux arcs formerets des baies de la galerie du cloître, qui ouvraient sur le préau. Ces baies à remplages, en arc brisé (sauf la travée centrale en plein cintre en raison de l’écartement), ont été comblées à l’époque moderne et remplacées par des fenêtres et une porte, hormis au contact du palais abbatial où les travées sont trop étroites. Les contreforts à larmier, qui séparent les travées, s’étendent jusqu’à l’étage, dortoir des moines. Des fenêtres modernes ont été elles aussi substituées aux baies d’origine. On retrouve ces mêmes dispositions en façade orientale (ill. IVR21_20155100503NUCA)à ceci près que les baies médiévales du rez-de-chaussée n’ont pas été comblées et montrent toujours un bel arc brisé à arêtes chanfreinées (début XIIIe). Seule la baie centrale a été bouchée ultérieurement par un escalier extérieur de plein pied donnant accès à l’étage (XVIIIe s. ?). Au niveau supérieur, l’érosion du crépi fait apparaître le chaînage des baies primitives (arcs en plein cintre) que les fenêtres modernes ont recoupées. Aux deux autres extrémités, les destructions et remaniements ont généré des pignons « artificiels ». Au sud, après la destruction de la salle des moines, un nouveau mur a été élevé pour clore le bâtiment, renforcé par trois contreforts massifs. On y voit encore un arc doubleau de la galerie du cloître, ainsi que les arrachements des murs gouttereaux. Au nord, le problème est différent car au pignon actuel, aveugle et percé d’une seule porte au centre de l’étage, correspondait celui du bras sud du transept de l’église abbatiale que la nouvelle église n’a pas conservé ou reconstruit. L’angle nord-est du bâtiment des moines porte encore l’arrachement de cette dissociation qui a détruit aussi le dernier contrefort (à double larmier de ce côté).

- La galerie orientale du cloître (ill. IVR21_20155100504NUCA), malgré la destruction de la moitié sud du bâtiment (qui devait faire saillie au delà du carré monastique), n’a sans doute perdu qu’une seule travée (cf. plus loin). Huit d’entre elles ont été conservées. Le voûtement quadripartite d’ogives (mi XIIIe s.) n’aurait pas été prévu à l’origine d’après M. Aubert (L’architecture cistercienne en France, II, 1967, p. 3). Le cloître aurait été simplement charpenté, puis voûté au XIIIe s., ce qui expliquerait les hésitations des trois premières travées qui sont trapézoïdales. Pour appuyer cette hypothèse, on ajoutera que les tailloirs des chapiteaux du portail de la salle capitulaire ont été sectionnés pour y insérer les culots recevant les doubleaux du cloître. Cet ajustement ne peut avoir été réalisé qu’a posteriori. Les ogives sont « profilées d’un tore en amande dégagé par une gorge de deux tores plus petits » (id. p. 13). Côté intérieur, ces ogives reposent systématiquement sur de sobres culots à feuilles d’eau classiques, tandis que côté préau a prévalu une alternance de culots et piles engagées surmontées de chapiteaux à crochets. Ces piles sont flanquées à mi-hauteur d’autres chapiteaux à crochets, plus petits, découverts récemment puis dégagés du mur de comblement, sur lesquels reposaient les arcs formerets du remplage (ill. IVR21_20155100505NUCA), sans qu’il soit possible de dire s’il donnait lieu à des baies géminées comme on en voit encore un au-devant de la salle capitulaire.

- Cette galerie desservait comme il se doit les différentes salles du bâtiment des moines, à commencer par l’armarium, immédiatement placé à gauche au sortir de l’église pour la lecture (2e travée). Au Reclus, comme dans beaucoup d’autres abbayes l’armarium est réduit à sa plus simple expression, à savoir une armoire ménagée dans l’épaisseur du mur qui n’était autre que le mur ouest du bras sud du transept de l’église. Large d’un mètre et profond de près de 0,60 m, il était divisé en deux parties égales, séparées par un meneau sur lequel était aussi prévu le système de fermeture. Les vantaux venaient ainsi prendre place dans les feuillures de l’encadrement. Des plateaux de bois étaient glissés dans les rainures latérales pour former les rayons.

- La porte à coussinets donnant sur la 4e travée ouvre sur la sacristie, première véritable salle du bâtiment des moines. Couverte d’un berceau en plein cintre, elle s’étend sur un peu plus que la largeur d’une travée du cloître, voûtement oblige. Ses murs sont percés d’armoires et d’une piscine. Elle se termine à l’est par une fenêtre rectangulaire à larges ébrasements. Une porte la mettait en communication directe avec l’église, ce qu’on ne peut plus voir en raison de la terrasse qui masque tout le rez-de-chaussée à l’extérieur.

- Aux trois travées suivantes du cloître correspond la salle capitulaire, joyau du Reclus. Cette magnifique salle de 12 x 8 m est divisée en deux vaisseaux, dont les voûtes d’ogives retombent au centre sur deux colonnes monolithes et, autour, sur de puissants culots, tous surmontés de beaux chapiteaux ornés de feuilles d’eau parmi les plus représentatifs de l’art cistercien (ill. IVR21_20155100506NUCA). Elle aurait été construite selon M. Aubert vers 1190, quelques années avant l’église. Des trois baies qui éclairaient la salle, celle du milieu a été obstruée par l’aménagement d’un escalier extérieur. En face, le chapitre ouvre sur le cloître par une porte en arc brisé, dotée de voussures retombant sur autant de ressauts des ébrasements. De part et d’autre de cette porte centrale, s’ouvrent les baies par lesquelles les convers avaient la possibilité d’assister au chapitre depuis la galerie du cloître. Seule subsiste celle de droite : elle s’insère entre les deux archivoltes (côté salle et côté galerie) et s’appuie sur trois colonnettes occasionnant une baie géminée surmontée d’un tympan aveugle dont on ne sait s’il était ajouré d’un oculus (ill. IVR21_20155100504NUCA). À gauche, la colonnette centrale ayant disparu, le tympan s’est écroulé, ne laissant plus voir aujourd’hui que les départs des arcs brisés (premiers claveaux). La quarantaine de chapiteaux de ces ébrasements recevant ogives, formerets, doubleaux et voussures montrent une indéniable homogénéité stylistique où la feuille d’eau, motif unique qu’une variété de registres formels renouvelle sans cesse, est quelquefois agrémentée de petits crochets (ill. IVR21_20155100507NUCA et IVR21_20155100508NUCA). On remarquera généralement la grande finesse d’exécution de cette sculpture monumentale, comme le montre par exemple la base de la colonnette de la baie géminée (ill. IVR21_20155100509NUCA). Si les portes intérieures ne sont pas d’origine, il faut en revanche considérer avec intérêt les vestiges de bancs de pierre qui couraient le long des murs de la salle et sur lesquels les moines prenaient place pendant la lecture quotidienne du chapitre de la Règle.

- Au-delà de la salle capitulaire se trouve le passage, mettant le cloître en communication avec l’espace intra muros situé à l’est du carré monastique où étaient localisés selon les cas l’infirmerie, un jardin, voire un second cloître. Au Reclus, son identification ne laisse pas de doute en raison des portes qui en contrôlent les issues, notamment celle du cloître, robuste et monumentale, composée d’un double piédroit aux angles abattus ou chanfreinés, recevant un double arc brisé de même facture (ill. IVR21_20155100510NUCA). En vis-à-vis, la porte donnant sur l’extérieur, aujourd’hui presque entièrement bouchée, était plus simple et constituée d’un unique arc brisé. Le passage, pouvant occasionnellement servir de parloir, se situe habituellement dans l’axe même de la galerie sud du cloître desservant le réfectoire, ou en léger décalage (une travée souvent). Ce devait être le cas ici car l’arc brisé de cette dernière travée, qui transparaît en façade occidentale du bâtiment, est bien l’arc formeret de l’ancienne baie à remplage et non pas un arc doubleau, à proximité duquel d’ailleurs des arrachements auraient été nécessairement visibles. D’autre part le pignon sud, remonté à la suite de la destruction de la salles des moines, montre clairement un arc brisé (un doubleau ?) dans la continuité du cloître, imparfaitement comblé au milieu d’arrachements, trahissant l’existence d’une travée supplémentaire. Le nouveau pignon ayant été monté non pas à la perpendiculaire des gouttereaux mais en légère oblique, ce doubleau a pu être épargné protégé par l’angle, et utilisé comme arc de décharge. L’aile sud du cloître devait donc se situer juste au-delà de la terrasse de l’actuel jardin. Et c’est peut-être à ce niveau que se trouvait l’escalier de jour donnant accès à l’étage, c’est-à-dire au dortoir des moines.

- Le dortoir des moines occupait la totalité du niveau supérieur. Il n’est plus guère possible d’en discerner l’organisation interne en raison des cloisonnements et des modifications profondes qu’il a subies. Néanmoins plusieurs culots, départs d’ogives et chapiteaux émergeant des murs et entresols sont à considérer comme autant de vestiges de son ancien voûtement sur croisées d’ogives. Les décors à feuillages et crochets semblent contemporains de ceux du rez-de-chaussée. On a réutilisé pour édifier ces cloisons modernes une grande quantité d’éléments issus des démolitions, parmi lesquels nombre de claveaux, sections de colonnettes, écoinçons et autres carreaux vernissés. Si les croisées d’ogives ont disparu, il reste malgré tout la plupart des formerets, faisant offices d’arcs de décharge retombant dans l’axe des contreforts. Comme on peut le voir dans les combles, les parties sommitales de ces arcs brisés ont été arasées, ce qui a permis d’abaisser la base de la charpente et donc du toit. On y découvre aussi d’anciennes fenêtres en plein cintre, logées juste sous ces arcs brisés. Ces dernières constituaient donc un niveau d’ouvertures différent des fenêtres qui éclairaient l’étage et qui sont encore partiellement restituables tant de l’extérieur que l’intérieur. Chaque travée du dortoir comportait donc deux petites fenêtres, elles-mêmes surmontées d’une troisième, sans doute à l’image du dortoir des moines de l’abbaye du Val (Val-d’Oise).

L’extrémité sud de cette galerie du cloître n’existe plus, contrairement à son extrémité nord qui présente le double intérêt d’avoir conservé l’amorce de la galerie nord et la porte de l’église abbatiale. Cette amorce, matérialisée par la présence en retour du premier doubleau, a le mérite de fixer clairement l’emplacement de la galerie qui longeait l’église. En d’autres termes, l’actuelle façade sud du logis abbatial, bâtie exactement sur le mur gouttereau méridional de l’ancienne église, a fossilisé l’empreinte de la galerie septentrionale du cloître contre lequel elle s’appuyait. Ainsi, la porte du cloître, située dans l’axe de la galerie orientale, constitue-t-elle le dernier témoin du bas côté sud de l’église abbatiale (ill. IVR21_20155100511NUCA). Bien qu’elle ait été bûchée au point d’araser ses chapiteaux et que le rehaussement postérieur du sol en dissimule les bases, elle se caractérise par une facture similaire à la porte du passage (cf. plus haut). Les quelques arrachements, traces de sciage et moignons d’appareil épargnés trahissent l’existence d’un ancien tympan, configuration fréquente pour ce lieu. On accédait de jour au sanctuaire depuis le cloître par cette porte après avoir gravi quelques marches d’escalier afin d’épouser la déclivité naturelle, l’église étant toujours située au point le plus haut d’une abbaye, il faut le rappeler.

- D’autres vestiges de l’église abbatiale médiévale sont visibles, aujourd’hui à l’extérieur entre le bâtiment des moines et l’église du XVIIIe s. : des socles de colonnes et, soutenant les restes d’un chapiteau et de départs de voûtes, une colonne engagée dans le mur sud de l’église moderne, qui s’est appuyée in situ sur des éléments médiévaux subsistants tels que les contreforts d’angles et vraisemblablement aussi les fenêtres en plein cintre appareillées en pierre (ill. IVR21_20155100512NUCA). De quoi confirmer l’hypothèse reprise par plusieurs auteurs selon laquelle la reconstruction du sanctuaire en 1767-70 aurait consisté à utiliser l’ancien chœur. Autrement dit, l’église abbatiale du Reclus a bien eu un chœur à chevet plat, saillant d’une travée, flanqué de 3 chapelles latérales ouvrant sur chacun des bras du transept (cf. plan, ill. IVR21_20155100501NUCA)

Bâtiments modernes (cf. plan, ill. IVR21_20155100501NUCA) :

- La nouvelle église abbatiale a été reconstruite de 1767 à 1770. Il s’agit donc du chœur de l’édifice médiéval, sans doute repris dans son volume sans réelles transformations, à ceci près que la travée de croisée du transept, qui lui a été adjointe, a été murée et renforcée par de nouveaux contreforts, et ajourée de quatre nouvelles fenêtres latérales en brique, sur le modèle des anciennes. Une nouvelle voûte surbaissée à lunettes en pierre et en plein cintre a été réalisée pour couvrir cette nef unique. L’architecture intérieure, dans un esprit baroque assez sobre, se limite à la matérialisation de trois travées au moyen de pilastres plats et très peu saillants, et à une volonté d’arrondissement des angles. Enfin, en raison des bouleversements induits par l’édification mitoyenne du logis abbatial, l’organisation du sanctuaire a été inversée et l’autel placé à l’ouest, d’où le percement du mur de l’ancien chevet pour y ménager le nouvel accès principal (porte rectangulaire surmontée d’un socle de statuette et d’un grand oculus).

- L’ancienne nef quant à elle, en ruines depuis le milieu du XVIe siècle, a été abandonnée à l’usage des abbés commendataires qui y ont fait construire leur logis sur toute sa longueur (soit 35 m). La façade sud a été érigée sur les fondations du mur du collatéral sud, tandis que le bas-côté nord et le gouttereau nord de la nef (grandes arcades) ont été totalement arasés. Le palais abbatial, qui n’occupe donc que la moitié sud du volume de l’église, est un bâtiment d’une grande rigueur et symétrie architecturales, s’élevant sur deux niveaux, animés côté nord par un alignement de 10 fenêtres et une lucarne à l’étage, 9 fenêtres et 2 portes à arcs segmentaires au rez-de-chaussée, dont celle de droite mise en valeur par un beau portail à ébrasement en pierre de taille. Le côté sud observe le même rythme mais le raccordement de la galerie du cloître a réduit le nombre de (portes-) fenêtres à 9, ce qui a permis du point de vue de la symétrie d’enrichir la façade d’un avant-corps central à peine saillant, doté d’un balcon et surmonté d’un fronton à oculus (ill. IVR21_20155100513NUCA). À cette avancée répond, au-devant de la terrasse, une petite fontaine vraisemblablement connectée sur le réseau d’adduction de l’ancien lavabo. Tous ces éléments contribuent à la désigner comme façade principale. On pourra rapprocher ce logis abbatial de celui de Sellières, malgré l’emploi de matériaux différents.

- Au devant du petit jardin d’hiver, postérieurement accolé au pignon du logis, court le mur de soutènement du jardin qui s’étend en terrasse sur l’espace de l’ancien préau, afin de compenser la pente naturelle. Ce mur qui regarde l’ouest est lui-même soutenu par une série irrégulière (ou plus exactement incomplète) de contreforts à larmiers, d’aspect tout à fait comparable à ceux de l’aile des moines, bien que réduits dans leur élévation à la hauteur de la terrasse. Si l’on restitue l’alignement d’origine sur la base des contreforts subsistants, on remarque que le rythme et les intervalles sont identiques à ceux de l’aile orientale. Si l’on admet par ailleurs que l’ancienne église abbatiale devait s’étendre peu ou prou jusqu’au pignon occidental du logis, on constate alors que l’espace entre ce pignon et les dits contreforts est sensiblement le même que la largeur du bâtiment des moines, hors cloître. Compte tenu de l’aspect et de la mise en œuvre de ces (bases de) contreforts et de leur localisation précise par rapport aux éléments conservés du carré monastique, alors il y a de très fortes présomptions qu’ils soient encore en place et qu’il s’agisse des derniers témoins du mur gouttereau ouest du bâtiment des convers, détruit à une date inconnue (ill. IVR21_20155100514NUCA). D’autres éléments épars, nombreux, sont visibles un peu partout dans le domaine, qu’il s’agisse de dépôts lapidaires (galerie du cloître, passage, sacristie) ou de remplois décoratifs (claveaux, bases de colonnes, tambours de piles, chapiteaux) en attendant d’autres prospections archéologiques du coté des ailes du réfectoire et des convers notamment.

- Enfin, malgré l’ampleur des destructions, la richesse des vestiges de l’abbaye du Reclus ne doit pas éclipser l’intérêt des dépendances modernes, construites au nord-ouest de l’église. Aujourd’hui aménagés en gîte rural, ces communs constituent un beau corps de ferme de plein pied, principalement du XVIIIe siècle mais dont les éléments les plus anciens comme cette belle porte en plein cintre moulurée pourraient remonter aux siècles précédents (XVIe-XVIIe s. ?). Les autres aménagements sont postérieurs aux ventes révolutionnaires.

Murs calcaire moellon crépi
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau brisé
voûte en berceau plein-cintre
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe
Jardins parterre
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH partiellement, 2012/12/19
inscrit MH partiellement, 1968/02/22, 2012/01/12
Précisions sur la protection

Les façades et les toitures des bâtiments conventuels du 18e siècle ; la chapelle ; les vestiges du cloître (à l'exception de la galerie classée) : inscription par arrêté du 22 février 1968 - Les vestiges des ailes sud et ouest du cloître (cad. A 467, 470) : inscription par arrêté du 12 janvier 2012 - L'aile est en totalité (cad. A 470) : classement par arrêté du 19 décembre 2012.

Annexes

  • Bibliographie

    ARBOIS DE JUBAINVILLE, Henri d', Pouillé du diocèse de Troyes, Paris, 1853, p. 34 et 160

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd)

    BARTHELEMY, Édouard de, "La ville de Sézanne et l’abbaye du Reclus", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. XLIII, 1879, p. 429-447

    BAYE, Jean de, "Notes pour servir à l’histoire de l’abbaye du Reclus", Revue de Champagne et de Brie, t. 9, p. 487 ; t. 13, 1882-83, p. 428-435 ; t. 14, 1882-83, p. 40-48

    BAYE, Jean de, "Quelques documents historiques relatifs à la baronnie de Baye en Champagne", Revue de Champagne et de Brie, t. IX, 1880, p. 107-124 [Reclus]

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 825-826

    BEAUNIER, dom et BESSE, dom J.-M., Abbayes et prieurés de l'ancienne France, t. VI (Province ecclésiastique de Sens), Ligugé / Paris, 1913, p. 141

    BENTON, John et BUR, Michel, Recueil des actes d’Henri le Libéral, comte de Champagne (1152-1181), Paris, t. 1, 2009 ; t. 2, 2013

    BEUVE, Octave, "Déclaration des revenus et charges de l’abbaye Notre-Dame de Reclus (1756)", Revue de Champagne et de Brie, 1908-10, p. 318-320

    CHEVALIER, Ulysse, Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. Topo-bibliographie, II, Montbéliard, 1894-99, col. 2512

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