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Église prieurale Saint-Gervais-Saint-Portais et église paroissiale Saint-Blaise

Dossier IA51001463 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

ÉGLISE SAINT-BLAISE D'ANGLUZELLES par Jean-Pierre Ravaux (AD de la Marne. 132 J 37)

Jusque la Révolution, Angluzelles faisait partie du diocèse de Troyes. Son église est citée pour la première fois dans une bulle du pape Pascal II le 6 avril 1117. L'abbaye de Montieramey (Aube) est alors le "patron" de la paroisse, c'est-à-dire que c'est elle qui désigne le curé, perçoit les dîmes et est chargé de l'entretien d'une partie de l'église. Celle-ci est alors dédiée aux saints Gervais et Protais.

Probablement vers 1137, cette abbaye établit à Angluzelles un prieuré signalé pour la première fois en 1178. Des moines vinrent donc s'installer à demeure, célébrant jour et nuit l'office divin dans l'église paroissiale. Les bâtiments, aujourd'hui détruits, se trouvaient du côté sud de l'édifice. Ils vivaient des revenus de terres qu'ils cultivaient eux-mêmes.

Il y avait cependant un curé chargé du culte paroissial. La cohabitation n'alla pas sans heurts entre les moines et les paroissiens (horaires des offices, enterrements, partage des offrandes, etc.). On décida au début du 13 siècle de construire, pour les paroissiens, une nouvelle nef plus longue, le long de l'ancienne qui resta aux moines. L'ancien vocable de l'église resta au prieuré, tandis que les habitants d'Angluzelles mettaient leur partie d'église sous le vocable de saint Blaise.

Dans les premières années du 16e siècle, les deux chevets (celui du prieuré et celui de la paroisse), furent reconstruits.

La Révolution supprima le prieuré. Le vocable de la paroisse resta seul subsistant, mais l'église, avec ses deux nefs parallèles et ses deux chevets jumeaux reste le témoin d'une longue et intéressante histoire.

On ne sait à quelle époque fut rasée la nef du prieuré, dont on voit encore les arcs, aujourd'hui murés, qui communiquaient avec la tour et la nef paroissiale. On peut supposer que cette destruction se fit peu de temps après 1789, quand elle fut devenue inutile.

En 1840-1841, la commune entreprit de grands travaux. L'arcade entre le chœur et la nef fut élargie, de façon à avoir une largeur de 4,65 m et une hauteur de 5,15 ; la précédente n'était large que de 3 m et haute de 4.

En même temps fut construit l'autel de la sainte Vierge et les boiseries qui l'entourent, par Auguste Ailleret menuisier à Faux-Fresnay.

À Courcelles, toujours durant les mêmes années, le conseil municipal faisait construire la tour.

La charpente fut refaite à neuf en 1862. De nouveaux travaux de maçonnerie et de couverture furent exécutés en 1872. Le chéneau entre les deux toitures fut posé en 1880. En 1911, la cloche, qui était fêlée, fut refondue par A. Farnier fils, de Velars-sur-Ouche (Côte-d'Or). Enfin, en 1924 la toiture du clocher fut reprise.

La tour est la partie la plus ancienne de l'église d'Angluzelles puisqu'elle est romane. Elle se trouvait placée entre le chœur et la nef. Sa partie basse possédait une voûte d'arêtes, dont il ne subsiste que les départs. Vers le chœur, il y a un arc doubleau en plein-cintre qui repose sur deux chapiteaux romans, couverts de feuilles stylisées et d'ornements géométriques. Vers l'ancienne nef détruite, l'arc est muré. Sans doute possédait-il des chapiteaux semblables.

La partie supérieure de la tour est percée de deux fenêtres jumelles par faces. Chacune est divisée en deux par une colonnette qui porte deux arcs en plein-cintre. Tous les chapiteaux visibles du bas ont été refaits au 19e siècle, à l'exception d'un seul, qui est couvert de feuillages semblables à ceux dont nous venons de parler.

Cette tour date du deuxième quart du 12e siècle. Il est vraisemblable que l'église dont elle fit partie avait été reconstruite quand le prieuré fut fondé, vers 1137.

Pour respecter l'ordre chronologique, il nous faut décrire la nef de l'église actuelle. Elle est très simple, puisqu'elle ne comporte ni voûtes, ni bas-côtés. Elle communiquait autrefois avec la nef détruite du prieuré par des arcades en tiers point aujourd'hui murées, mais encore visible à l'intérieur et à l'extérieur. Elle est éclairée par des fenêtres de dates et de dimensions différentes. Elles sont en arc brisé sauf une, murée, près de la façade.

La porte principale est percée sous un arc en plein-cintre mouluré d'un boudin, qui repose sur deux colonnettes, par l'intermédiaire de chapiteaux à crochets. On peut la dater grâce aux chapiteaux et aux moulures, des premières années du 13e siècle.

Les deux chevets ont été reconstruits en même temps. Chacun d'eux comporte deux travées et se termine par un mur plat. Ils sont couverts de voûtes d'ogives. Les nervures de la voûte reposent sur des colonnettes sans chapiteau.

Dans le chœur paroissial, la première clé de voûte est ornée de sculptures : personnages et animaux difficilement identifiables en raison de la hauteur où ils se trouvent et des couches de badigeon dont ils ont été recouverts.

Dans l'autre chœur, la première clé de voûte porte un blason, mutilé pendant la Révolution, et une inscription en lettre gothiques, dont j'ai pu lire "Jehan Paquier". L'autre clé de voûte porte les lettres "IHS", initiales des mots "Iesus Hominum Salvator" (Jésus sauveur des hommes, en latin) et une longue inscription que je n'ai pas pu déchiffrer.

Dans les deux chœurs sont percées des fenêtres à réseau flamboyant dans le mur du fond, et des fenêtres plus simples dans les murs latéraux. Près de chacun des autels, il y a une piscine : celle du maître-autel est surmontée d'un arc en accolade, celle de l'autel de la Sainte-Vierge est plus complexe : elle a un arc en accolade très pointu et elle est ornée d'un réseau de pierre semblable à celui d'une fenêtre.

L'église d'Angluzelles contient plusieurs œuvres d'art : tout d'abord une très belle Vierge à l'Enfant en pierre, sculptée dans les premières années du 16e siècle.

Un peu plus anciennes sont les statues, également en pierre, de saint Gervais et saint Protais, qui furent les premiers patrons de l'église, puis seulement titulaires du prieuré (15e s.).

Le Christ en fer forgé qui se trouve à l'entrée du chœur paroissial date du 17e siècle.

Le maître-autel, de style Louis XV, est surmonté d'un tabernacle datant du début du 17e sicle ; on y voit figurés trois apôtres : saint Jean-Baptiste et deux anges. Il y avait également un retable orné d'un tableau, qui a été accroché dans la nef ; il représente saint Blaise bénissant un homme à genoux (début du 19e siècle).

L'autel de la Sainte-Vierge a été fait en 1841 par Auguste Ailleret menuisier à Faux-Fresnay. Son retable contient la statue de la Vierge.

Un autre tableau, de bonne facture, représente la Mise au tombeau. On y voit la saint Vierge, saint Jean l'évangéliste et sainte Marie Madeleine pleurant près du corps du Christ.

Genre de bénédictins
Vocables Saint-Gervais-Saint-Portais , Saint-Blaise
Destinations actuellement église paroissiale
Parties constituantes non étudiées cimetière
Dénominations prieuré, église paroissiale
Aire d'étude et canton Marne - Vertus-Plaine Champenoise
Adresse Commune : Angluzelles-et-Courcelles
Lieu-dit : Angluzelles
Adresse : rue de l'église
Cadastre : 2016 D 347

L’église Saint-Gervais-Saint-Protais est citée pour la première fois en 1117. Elle appartient alors à l’abbaye de Montiéramey qui y établit un prieuré de bénédictins probablement en 1137. C’est vraisemblablement de cette époque que datent les parties les plus anciennes : le clocher et le mur gouttereau sud de la nef (qui constituait alors le mur gouttereau nord ; fenêtres encore visibles au-dessus des grandes arcades plus tardives). Au début du 13e siècle, il est décidé de réserver cette église au prieuré et un second vaisseau est élevé contre le premier au nord pour l’usage de la paroisse. Celui-ci est dédié à saint Blaise, tandis que la partie prieurale conserve le vocable primitif. Les chœurs de ce double édifice sont reconstruits au début du 16e siècle. Le prieuré est supprimé à la Révolution et la nef de l’église prieurale est détruite.

Période(s) Principale : 2e quart 12e siècle, 1er quart 13e siècle, 1er quart 16e siècle , daté par travaux historiques

Église double de plan allongé à deux vaisseaux, celui de droite était destiné au prieuré, celui de gauche à la paroisse. La partie paroissiale est constituée d’une nef charpentée et d’un chœur de deux travées ; la partie prieurale, d’une nef aujourd’hui détruite, d’un avant-chœur sous le clocher et d’un chœur identique à celui de l'église paroissiale. Les chœurs sont voûtés d’ogives et terminés par un chevet plat. Les pignons juxtaposés qui les surmontent affirment à l’extérieur la double fonction de l’édifice. Des grandes arcades, aujourd’hui murées, mettaient en relation les nefs des deux églises tandis que dans les chœurs, la communication se fait uniquement par la première travée. Les élévations extérieures de la nef et du clocher sont en moellon (meulière), la partie inférieure de la façade est en moellon et la partie supérieure en pierre de taille (craie), celles des chœurs en pierre de taille (craie) à l'exception de la première travée nord qui est en moellon.

Murs calcaire pierre de taille
meulière moellon
Toit tuile plate, tuile plate mécanique
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux
Couvrements plafond
voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
toit en pavillon
États conservations mauvais état
Techniques sculpture
Représentations monogramme armoiries homme animal fantastique
Précision représentations

La deuxième travée du chœur de l’église prieurale comporte sur la clé de voûte le symbole christique IHS et une inscription non lue autour ; dans la première, la clé est timbrée des armes royales accompagnées de l'inscription IHA [Jehan] PAQUIER, probablement le nom d'un prieur. La clé de la première travée du chœur paroissial présente un homme en activité (vendangeur ?) et un animal fantastique.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Marne, Reims. Série J : 132 J 37. Fonds Jean Ravaux. Edifices religieux de la Marne, architecture, histoire. D'Ablancourt à Bisseuil. Documentation, articles, notes de travail (1970-2008).

    Archives départementales de la Marne, Reims : 132 J 37
  • Archives Départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. Série O : 2 O 213. Église : réfection de la tour du clocher (1842) ; achat d'une cloche (1911) (1840-1925).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 213
  • Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. Série Fi : 2 Fi. Cartes postales de la Marne (1916-2011).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 Fi
Documents figurés
  • Plan des cimetières de la paroisse d'Angluzelles et Courcelles, arrondissement d'Epernay / [s. n.]. [1 : 500]. [15 février 1857] (Archives Départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. 2 O 213).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 213
  • Angluzelles-et-Courcelles. Photographies extérieures et intérieures / [s.n.], [s.d.]. Photogr. pos : couleur (Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne. Classeurs de photographies. Sans cote).

    Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne : sans cote
  • Plan des cimetières de la paroisse d'Angluzelles et Courcelles, arrondissement d'Epernay / [s. n.]. [1 : 500]. [15 février 1857] (Archives Départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. 2 O 213).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 213
  • L'église / [s.n.]. [s.l.] : Édition Simard. [s.d.]. Impression photomécanique noir et blanc (carte postale) (Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. 2 Fi 10/1).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 Fi 10/1
(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil départemental de la Marne (c) Conseil départemental de la Marne - Bruny Florence - Dandel Elisabeth
Elisabeth Dandel

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Art2 Conseil, mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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Chercheur au service de l'Inventaire Grand Est.


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