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Esnoms, ancien cellier d'Auberive

Dossier IA52001039 réalisé en 2015

Fiche

Propriétaire de divers biens fonciers dès le XIIe siècle dans le val d’Esnoms, Auberive y développe grâce à ses vignes un domaine plus spécialisé dans la viticulture à partir du XIIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200689NUCA). Le cellier d’Esnoms, autrement nommé la Petite Auberive, sera le cellier le plus proche de l’abbaye. Les vignobles de meilleure qualité ayant été constitués beaucoup plus loin, à Dijon et ses environs (Pouilly, Mirande, Fontaine, Ruffey) ainsi qu’à Mussy-l’Évêque [-sur-Seine], il a sans doute paru utile de doter les domaines aménagés sur le revers méridional du plateau de Langres (Montsaugeon, Grancey, Esnoms) des équipements viticoles nécessaires (ill. IVR21_20155200493NUCA). C’est dans ce cadre que, plus à l’est, Auberive reçut en 1247 une maison à Cohons avec ses dépendances et tout le nécessaire viticole (dont un pressoir vraisemblablement), qui vint compléter le système productif d’Esnoms. Auberive reçut aussi un certain nombre de dîmes, qui furent sujet à de longues contestations avec le curé, décimateur du lieu (O. Grandmottet, "Le temporel de l'abbaye d'Auberive des origines à la fin du XIIIe siècle", Les Cahiers Haut-Marnais, n°52, 1958, p. 12-13). Esnoms eut à subir comme l’abbaye les effets des guerres jusqu’à la fin du XVe siècle : « l’an mil IIII LXXX et XVIII ne fut riens reçeu de noz terres des Noms, lesquelles l’on avoit fait labourer aux despens de céans, pour ce que les gens d’armes mangerent le tout en venant du siège de Foivent » [Fouvent] (P. Gautier, ”La désolation de l’abbaye d’Auberive à la fin de la guerre de Cent Ans”, Bull. CTHS, 1912, p. 63). On comprend bien à ces propos que la Petite-Auberive n’était pas qu’un cellier à cette époque, pas plus d’ailleurs qu’à sa fondation car les granges spécialisées étaient toujours dotées en parallèle de terres et prés, et de bétail ne serait-ce que pour la traction.

Après la vente des biens nationaux, le domaine d’Esnoms se composait d’un corps de bâtiment principal et d’une annexe formant retour à l’ouest (en lieu et place de l’aile actuelle), dotée d’un four à pain, comme on peut le voir sur le cadastre du début du XIXe siècle (AD52, 3 P 2/190-4, section A3). Le corps principal était en fait formé de deux bâtiments jointifs fort différents : à l’est, l’habitation et ses appentis, à l’ouest, la grande grange, longue d’environ 40 m sur 15 de large. Dans un état de ruine avancée, cette dernière n’a malheureusement pu être conservée. Par chance, une carte postale du début du XXe siècle permet d’en apercevoir le gouttereau sud, percé de diverses portes et fenêtres, et surtout son immense toit faiblement pentu (ill. IVR21_20155200708NUCA). Le logis occupait la partie orientale, heureusement conservée. Ce beau bâtiment au toit à croupes comprend quatre niveaux : un rez-de-chaussée surélevé sur caves et deux étages, dont un sous combles éclairé par deux lucarnes au linteau monolithe en forme de fronton arrondi. Deux rangées de 5 baies rectangulaires (dont la porte d’accès) rythment les façades, où règne la symétrie. Entièrement restauré par ses propriétaires actuels, le bâtiment, nécessairement remanié, a conservé sa cave voûtée d’arêtes en berceau reposant sur un massif pilier central carré (XIIIe s. ?) (ill. IVR21_20155200707NUCA). Les adjonctions et appentis disgracieux ont été supprimés et l’escalier, qui donnait accès au rez-de-chaussée en façade sud, a été remplacé par une terrasse à degrés (ill. IVR21_20155200495NUCA et IVR21_20155200697NUCA). La symétrie, l’élévation et l’ordonnancement du XVIIIe siècle (?) ont été respectés, jusqu’aux lucarnes et cheminées, dont seules celles du pignon oriental existent encore cependant. La planche cadastrale figure un domaine s’étendant sur le versant (vers le nord et l’est), encore peu divisé et constitué de vastes parcelles plantées de vignes, comme du reste l’ensemble de l’adret dominant la vallée. La crise phylloxérique n’avait pas encore eu lieu et le sud du département de la Haute-Marne était une région viticole.

Genre de cisterciens
Appellations Esnoms, Petite-Auberive
Destinations grange monastique, ferme, demeure
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique, cellier
Aire d'étude et canton Prauthoy - Villegusien-le-Lac
Adresse Commune : Le Val-d'Esnoms
Lieu-dit : Veverey
Adresse : 33 rue Bardot
Cadastre : 1988 ZC 11-14

Propriétaire de divers biens fonciers dès le XIIe siècle dans le val d’Esnoms, Auberive y développe grâce à ses vignes un domaine plus spécialisé dans la viticulture à partir du XIIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200689NUCA). Le cellier d’Esnoms, autrement nommé la Petite Auberive, sera le cellier le plus proche de l’abbaye. Les vignobles de meilleure qualité ayant été constitués beaucoup plus loin, à Dijon et ses environs (Pouilly, Mirande, Fontaine, Ruffey) ainsi qu’à Mussy-l’Évêque [-sur-Seine], il a sans doute paru utile de doter les domaines aménagés sur le revers méridional du plateau de Langres (Montsaugeon, Grancey, Esnoms) des équipements viticoles nécessaires (ill. IVR21_20155200493NUCA). C’est dans ce cadre que, plus à l’est, Auberive reçut en 1247 une maison à Cohons avec ses dépendances et tout le nécessaire viticole (dont un pressoir vraisemblablement), qui vint compléter le système productif d’Esnoms. Auberive reçut aussi un certain nombre de dîmes, qui furent sujet à de longues contestations avec le curé, décimateur du lieu (O. Grandmottet, "Le temporel de l'abbaye d'Auberive des origines à la fin du XIIIe siècle", Les Cahiers Haut-Marnais, n°52, 1958, p. 12-13). Esnoms eut à subir comme l’abbaye les effets des guerres jusqu’à la fin du XVe siècle : « l’an mil IIII LXXX et XVIII ne fut riens reçeu de noz terres des Noms, lesquelles l’on avoit fait labourer aux despens de céans, pour ce que les gens d’armes mangerent le tout en venant du siège de Foivent » [Fouvent] (P. Gautier, ”La désolation de l’abbaye d’Auberive à la fin de la guerre de Cent Ans”, Bull. CTHS, 1912, p. 63). On comprend bien à ces propos que la Petite-Auberive n’était pas qu’un cellier à cette époque, pas plus d’ailleurs qu’à sa fondation car les granges spécialisées étaient toujours dotées en parallèle de terres et prés, et de bétail ne serait-ce que pour la traction.

Période(s) Principale : 13e siècle, 18e siècle

Après la vente des biens nationaux, le domaine d’Esnoms se composait d’un corps de bâtiment principal et d’une annexe formant retour à l’ouest (en lieu et place de l’aile actuelle), dotée d’un four à pain, comme on peut le voir sur le cadastre du début du XIXe siècle (AD52, 3 P 2/190-4, section A3). Le corps principal était en fait formé de deux bâtiments jointifs fort différents : à l’est, l’habitation et ses appentis, à l’ouest, la grande grange, longue d’environ 40 m sur 15 de large. Dans un état de ruine avancée, cette dernière n’a malheureusement pu être conservée. Par chance, une carte postale du début du XXe siècle permet d’en apercevoir le gouttereau sud, percé de diverses portes et fenêtres, et surtout son immense toit faiblement pentu (ill. IVR21_20155200708NUCA). Le logis occupait la partie orientale, heureusement conservée. Ce beau bâtiment au toit à croupes comprend quatre niveaux : un rez-de-chaussée surélevé sur caves et deux étages, dont un sous combles éclairé par deux lucarnes au linteau monolithe en forme de fronton arrondi. Deux rangées de 5 baies rectangulaires (dont la porte d’accès) rythment les façades, où règne la symétrie. Entièrement restauré par ses propriétaires actuels, le bâtiment, nécessairement remanié, a conservé sa cave voûtée d’arêtes en berceau reposant sur un massif pilier central carré (XIIIe s. ?) (ill. IVR21_20155200707NUCA). Les adjonctions et appentis disgracieux ont été supprimés et l’escalier, qui donnait accès au rez-de-chaussée en façade sud, a été remplacé par une terrasse à degrés (ill. IVR21_20155200495NUCA et IVR21_20155200697NUCA). La symétrie, l’élévation et l’ordonnancement du XVIIIe siècle (?) ont été respectés, jusqu’aux lucarnes et cheminées, dont seules celles du pignon oriental existent encore cependant. La planche cadastrale figure un domaine s’étendant sur le versant (vers le nord et l’est), encore peu divisé et constitué de vastes parcelles plantées de vignes, comme du reste l’ensemble de l’adret dominant la vallée. La crise phylloxérique n’avait pas encore eu lieu et le sud du département de la Haute-Marne était une région viticole.

Murs calcaire moellon
Toit tuile plate
Étages en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à deux pans croupe
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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