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Forest, ancienne grange d'Élan

Dossier IA08002519 réalisé en 2015

Fiche

Grange la plus éloignée de l’abbaye, à une vingtaine de kilomètres vers le sud, au bord de l’Aisne, Forest (08-com. Attigny) procède très vraisemblablement de la donation que fit l’archevêque de Reims, Henri, frère du roi Louis VII et ancien moine de Clairvaux, d’une terre extraite de son domaine d’Attigny en 1170 (cf. carte du temporel ill. IVR21_20170800002NUCA). Bien qu’on ne sache rien de plus sur cette aumône importante, on constate néanmoins qu’elle forme le noyau d’un ensemble de domaines répartis dans le val d’Aisne. D’après la Vita de saint Roger, la terre était connue pour sa fertilité notamment en céréales (Jordan, 2010, p. 131). La rivière est connue de tout temps pour ses débordements, d’où la localisation des granges et autres fermes sur les premières terrasses. D’ailleurs, les religieux avaient dû faire appel à un arpenteur en 1753 pour mesurer leurs oseraies et prés et ceux des riverains, compris dans les méandres de la rivière en contrebas de Forest du fait d’un changement de lit survenu depuis 1741 (AD08, H 108, 1753 et H 492, 1766). L’étendue du finage de Forest n’est pas connue pour la période médiévale mais on peut s’en faire une idée sur la base des documents modernes. Le cadastre d’Attigny exécuté en 1813 est à ce titre riche d’enseignements car la massivité des parcelles (coutures) qui composent la section de Forest contraste nettement avec l’extrême morcellement des sections voisines en étroites et longues lanières : l’ancien territoire grangier, compact et homogène, est donc révélé en négatif dans son extension maximale. Un bois, qui lui valut son nom, entourait le pourpris de la grange ; évalué à 31 arpents (16 ha environ) vers 1787 (AD51, J5107), il existait encore au milieu du XIXe siècle. Du bois de la Cabre, il ne reste plus que 3 ha désormais. Il semble donc que cette grange a été fondée en marge de la propriété métropolitaine d’Attigny, dans un espace bien plus forestier qu’aujourd’hui et qu’il s’agit peut-être dès lors d’un défrichement. La surface, obtenue d’un seul tenant ou constituée progressivement, a permis l’exploitation de prés humides sur les rives de l’Aisne et de terres plus ou moins lourdes sur le plateau de gaize qui a donné quelque relief. Elle consistait en 1791 en 329 arpents de terres et 21 de prés (H. Jadart, ”Topographie ardennaise”, Revue de Champagne et de Brie, 1894, p. 827). À une période inconnue, médiévale ou moderne, les moines d’Élan ont diversifié leur domaine en mettant à profit l’exposition du versant sud-est de leur territoire : une ferme nommée ”Le Pressoir” y fut établie, vraisemblablement consacrée à la vigne. Peut-être faut-il y voir le seul cellier de l’abbaye ? Cette culture était bien présente dans les environs car la ferme de Montjoly, dans le proche terroir de Terron-sur-Aisne, était entourée de vignes au XVIIIe siècle. Plus à l’ouest enfin, en limite d’Attigny mais sur le territoire actuel de Vaux-Champagne, Élan a possédé une autre ferme, celle de Beaumont, établie au pied de la côte de la craie. Comme Forest, cette ferme était entourée d’un bois qui contenait 44 arpents (23 ha) vers 1787 (AD51, J5107) et que le cadastre napoléonien restitue là encore précisément. De la même manière, la ferme a occupé toute la partie du territoire paroissial de Vaux qui forme une excroissance vers le nord en une seule section cadastrale aux parcelles tout aussi massives. L’affiche de vente des Biens Nationaux du 21 mars 1791 en liste le détail : « ferme ci-devant appartenant à l’abbaye d’Élan, consistant en bâtimens, cour, etc. 250 arpents de terre, 25 de prés, aulnis …50 arpens de bois en une seule pièce, garnie de belle futaie, … le tout mis au prix de 86 000 £ » (H. Jadart, p. 816). Il fallait aussi lui ajouter les 24 arpents de la petite cense d’Hubigny, qui avait été créée à l’extrémité de cette excroissance (lieu-dit ”Bigny” sur la section cadastrale de Beaumont) (idem, p. 827).

Forest a pu jouer le rôle de la grange maîtresse, dominant un petit réseau de fermes en pays axonien dont on ignore le statut. À la fin de l’Ancien Régime, la grange comprenait de deux ailes parallèles (ill. IVR21_20150800550NUCA), aujourd’hui remplacées par des hangars métalliques ayant néanmoins conservé des pignons en pierre. D’autres bâtiments perpendiculaires, dont l’habitation, typique de la Reconstruction, se sont intercalés pour former un grand corps de ferme rectangulaire qui n’a de monastique que l’origine et le souvenir (ill. IVR21_20150800103NUCA).

Genre de cisterciens
Appellations Forest, Forêt
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Attigny
Adresse Commune : Attigny
Lieu-dit : Ferme de Forest
Cadastre : 1984 AI 46-47

Grange la plus éloignée de l’abbaye, à une vingtaine de kilomètres vers le sud, au bord de l’Aisne, Forest (08-com. Attigny) procède très vraisemblablement de la donation que fit l’archevêque de Reims, Henri, frère du roi Louis VII et ancien moine de Clairvaux, d’une terre extraite de son domaine d’Attigny en 1170 (cf. carte du temporel ill. IVR21_20170800002NUCA). Bien qu’on ne sache rien de plus sur cette aumône importante, on constate néanmoins qu’elle forme le noyau d’un ensemble de domaines répartis dans le val d’Aisne. D’après la Vita de saint Roger, la terre était connue pour sa fertilité notamment en céréales (Jordan, 2010, p. 131). La rivière est connue de tout temps pour ses débordements, d’où la localisation des granges et autres fermes sur les premières terrasses. D’ailleurs, les religieux avaient dû faire appel à un arpenteur en 1753 pour mesurer leurs oseraies et prés et ceux des riverains, compris dans les méandres de la rivière en contrebas de Forest du fait d’un changement de lit survenu depuis 1741 (AD08, H 108, 1753 et H 492, 1766). L’étendue du finage de Forest n’est pas connue pour la période médiévale mais on peut s’en faire une idée sur la base des documents modernes. Le cadastre d’Attigny exécuté en 1813 est à ce titre riche d’enseignements car la massivité des parcelles (coutures) qui composent la section de Forest contraste nettement avec l’extrême morcellement des sections voisines en étroites et longues lanières : l’ancien territoire grangier, compact et homogène, est donc révélé en négatif dans son extension maximale. Un bois, qui lui valut son nom, entourait le pourpris de la grange ; évalué à 31 arpents (16 ha environ) vers 1787 (AD51, J5107), il existait encore au milieu du XIXe siècle. Du bois de la Cabre, il ne reste plus que 3 ha désormais. Il semble donc que cette grange a été fondée en marge de la propriété métropolitaine d’Attigny, dans un espace bien plus forestier qu’aujourd’hui et qu’il s’agit peut-être dès lors d’un défrichement. La surface, obtenue d’un seul tenant ou constituée progressivement, a permis l’exploitation de prés humides sur les rives de l’Aisne et de terres plus ou moins lourdes sur le plateau de gaize qui a donné quelque relief. Elle consistait en 1791 en 329 arpents de terres et 21 de prés (H. Jadart, ”Topographie ardennaise”, Revue de Champagne et de Brie, 1894, p. 827). À une période inconnue, médiévale ou moderne, les moines d’Élan ont diversifié leur domaine en mettant à profit l’exposition du versant sud-est de leur territoire : une ferme nommée ”Le Pressoir” y fut établie, vraisemblablement consacrée à la vigne. Peut-être faut-il y voir le seul cellier de l’abbaye ? Cette culture était bien présente dans les environs car la ferme de Montjoly, dans le proche terroir de Terron-sur-Aisne, était entourée de vignes au XVIIIe siècle. Plus à l’ouest enfin, en limite d’Attigny mais sur le territoire actuel de Vaux-Champagne, Élan a possédé une autre ferme, celle de Beaumont, établie au pied de la côte de la craie. Comme Forest, cette ferme était entourée d’un bois qui contenait 44 arpents (23 ha) vers 1787 (AD51, J5107) et que le cadastre napoléonien restitue là encore précisément. De la même manière, la ferme a occupé toute la partie du territoire paroissial de Vaux qui forme une excroissance vers le nord en une seule section cadastrale aux parcelles tout aussi massives. L’affiche de vente des Biens Nationaux du 21 mars 1791 en liste le détail : « ferme ci-devant appartenant à l’abbaye d’Élan, consistant en bâtimens, cour, etc. 250 arpents de terre, 25 de prés, aulnis …50 arpens de bois en une seule pièce, garnie de belle futaie, … le tout mis au prix de 86 000 £ » (H. Jadart, p. 816). Il fallait aussi lui ajouter les 24 arpents de la petite cense d’Hubigny, qui avait été créée à l’extrémité de cette excroissance (lieu-dit ”Bigny” sur la section cadastrale de Beaumont) (idem, p. 827). Forest a pu jouer le rôle de la grange maîtresse, dominant un petit réseau de fermes en pays axonien dont on ignore le statut.

Période(s) Principale : 1ère moitié 20e siècle , (?)

À la fin de l’Ancien Régime, la grange comprenait de deux ailes parallèles (ill. IVR21_20150800550NUCA), aujourd’hui remplacées par des hangars métalliques ayant néanmoins conservé des pignons en pierre. D’autres bâtiments perpendiculaires, dont l’habitation, typique de la Reconstruction, se sont intercalés pour former un grand corps de ferme rectangulaire qui n’a de monastique que l’origine et le souvenir (ill. IVR21_20150800103NUCA).

Murs calcaire moellon
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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