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L'Écaillère, ancienne grange de Signy

Dossier IA08002515 réalisé en 2015

Fiche

Après avoir bénéficié d’un droit d’extraction à Fumay vers 1157, comme les abbayes d’Aulne et Cambron par la suite, Signy s’implante à Rimogne (08) en 1159 à la faveur de la donation de Pierre Bolmont, qui lui accorde la possibilité de tirer de l’ardoise à volonté (cf. carte du temporel ill. IVR21_20150800514NUCA). Ce droit est confirmé en 1186 par Pierre de Montcornet, puis à nouveau en 1230 par Hugues de Montcornet, moyennant cette fois une redevance de 6 deniers parisis par lot de 1000 ardoises (L. Voisin, Acta de Signy, p. 371). La ressource minérale est convoitée et les concessions, qui se monnaient désormais, demandent alors à être réglementées. L’emprise de Signy est contestée mais l’abbaye est maintenue dans son droit et est même autorisée à agrandir son exploitation à cette occasion (1230). Si la production d’ardoises est précoce dans l’histoire de Signy, l’existence d’une grange spécialisée n’est attestée qu’en 1208, date à laquelle Hugues de Montcornet (importante seigneurie voisine) concède l’usage d’une route (et sa propriété ?) aux moines afin de faciliter la desserte de leur maison de Rimogne. Il leur accorde en outre sa protection et les exempte des droits de péages. Très intéressante est la précision par laquelle on apprend que l’abbaye était alors autorisée à supprimer l’ancien l’accès (et à le déplacer) de manière à ménager l’isolement nécessaire et la tranquillité des convers cisterciens (V. Corneille, Acta de Signy, p. 335). Le domaine ardoisier de Signy, qui a continué à s’étendre jusque vers 1270, était localisé au sud-ouest du village, à mi-chemin du Châtelet, sur les veines schisteuses que le versant et l’encaissement de la boucle de la Rimogneuse faisaient affleurer à l’emplacement des ardoisières Pierka, qui en ont ensuite prolongé l’activité, comme le montre le Plan des Ardoisières de Rimogne sur lequel est designée l’ardoisière de Mrs. de Signy proche Pierreca du début du XVIIIe siècle (AD08, H219, recto et verso, ill. IVR21_20150800519NUCA). On notera que comme pour le sel, les vignobles de qualité ou encore le minerai de fer, les gisements et productions locales à forte valeur ajoutée étaient particulièrement convoitées, d’où la présence d’autres exploitations ardoisières à Rimogne : celle de Bonnefontaine, attestée avant 1235 vers le centre du village (veine Saint-Quentin), et celle de Foigny, dès 1222 semble-t-il, au sud, entre l’Écaillère et Châtelet-Haut.

En complément de l’activité extractive, Signy a reçu diverses donations à Rimogne et aux alentours, notamment des terres, prés et autres droits de pâturages, comme pour n’importe quelle grange en somme. L’espace pastoral s’étendait ainsi principalement en aval, dans la vallée de la Sormonne sur Haudrecy, Sormonne et Saint-Marcel, où les convers pouvaient mener jusqu’à 300 moutons et autant d’agneaux depuis leur bergerie de Rimogne.

Il ne reste rien aujourd’hui de la présence monastique à Rimogne si ce n’est les emprises des champs d’extraction encore bien visibles, comme ceux de Bonnefontaine encombrés de déblais. Les ardoisières Pierka n’existent plus non plus et le site est envahi de végétation. L’exploitation ayant continué jusqu’au XXe siècle, on voit encore dans le village sur les anciennes fosses Saint-Quentin un chevalement qui, avec la maison de l’ardoise, entretient la mémoire de cette activité.

Genre de cisterciens
Précision dénomination grange ardoisière
Appellations L'Écaillère, Rimogne
Destinations grange monastique, ardoisière
Parties constituantes non étudiées grange monastique
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Rocroi
Adresse Commune : Rimogne
Lieu-dit : L'Enclos, Pierka, Forgeau
Adresse : rue Jules Guesde
Cadastre : 1994 B 280, 761, 759 Pierka : parcelles 280 et 761 Forgeau : parcelle 759

Après avoir bénéficié d’un droit d’extraction à Fumay vers 1157, comme les abbayes d’Aulne et Cambron par la suite, Signy s’implante à Rimogne (08) en 1159 à la faveur de la donation de Pierre Bolmont, qui lui accorde la possibilité de tirer de l’ardoise à volonté (cf. carte du temporel ill. IVR21_20150800514NUCA). Ce droit est confirmé en 1186 par Pierre de Montcornet, puis à nouveau en 1230 par Hugues de Montcornet, moyennant cette fois une redevance de 6 deniers parisis par lot de 1000 ardoises (L. Voisin, Acta de Signy, p. 371). La ressource minérale est convoitée et les concessions, qui se monnaient désormais, demandent alors à être réglementées. L’emprise de Signy est contestée mais l’abbaye est maintenue dans son droit et est même autorisée à agrandir son exploitation à cette occasion (1230). Si la production d’ardoises est précoce dans l’histoire de Signy, l’existence d’une grange spécialisée n’est attestée qu’en 1208, date à laquelle Hugues de Montcornet (importante seigneurie voisine) concède l’usage d’une route (et sa propriété ?) aux moines afin de faciliter la desserte de leur maison de Rimogne. Il leur accorde en outre sa protection et les exempte des droits de péages. Très intéressante est la précision par laquelle on apprend que l’abbaye était alors autorisée à supprimer l’ancien l’accès (et à le déplacer) de manière à ménager l’isolement nécessaire et la tranquillité des convers cisterciens (V. Corneille, Acta de Signy, p. 335). Le domaine ardoisier de Signy, qui a continué à s’étendre jusque vers 1270, était localisé au sud-ouest du village, à mi-chemin du Châtelet, sur les veines schisteuses que le versant et l’encaissement de la boucle de la Rimogneuse faisaient affleurer à l’emplacement des ardoisières Pierka, qui en ont ensuite prolongé l’activité, comme le montre le Plan des Ardoisières de Rimogne sur lequel est designée l’ardoisière de Mrs. de Signy proche Pierreca du début du XVIIIe siècle (AD08, H219, recto et verso, ill. IVR21_20150800519NUCA). On notera que comme pour le sel, les vignobles de qualité ou encore le minerai de fer, les gisements et productions locales à forte valeur ajoutée étaient particulièrement convoitées, d’où la présence d’autres exploitations ardoisières à Rimogne : celle de Bonnefontaine, attestée avant 1235 vers le centre du village (veine Saint-Quentin), et celle de Foigny, dès 1222 semble-t-il, au sud, entre l’Écaillère et Châtelet-Haut.

En complément de l’activité extractive, Signy a reçu diverses donations à Rimogne et aux alentours, notamment des terres, prés et autres droits de pâturages, comme pour n’importe quelle grange en somme. L’espace pastoral s’étendait ainsi principalement en aval, dans la vallée de la Sormonne sur Haudrecy, Sormonne et Saint-Marcel, où les convers pouvaient mener jusqu’à 300 moutons et autant d’agneaux depuis leur bergerie de Rimogne.

Il ne reste rien aujourd’hui de la présence monastique à Rimogne si ce n’est les emprises des champs d’extraction encore bien visibles, comme ceux de Bonnefontaine encombrés de déblais. Les ardoisières Pierka n’existent plus non plus et le site est envahi de végétation. L’exploitation ayant continué jusqu’au XXe siècle, on voit encore dans le village sur les anciennes fosses Saint-Quentin un chevalement qui, avec la maison de l’ardoise, entretient la mémoire de cette activité.

Période(s) Principale : (détruit)
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


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