Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Le Clos, ancienne grange de Sellières

Dossier IA10001313 réalisé en 2015

Fiche

Le Clos, ou Clos de Mâcon ou Clos de Sellières (10-com. Bouy-sur-Orvin), n'est pas une création cistercienne (ill. IVR21_20151000064NUCA). L'abbaye de Sellières l'a reçue en aumône de Pierre de Bouy en mai 1219, avec les terres en dépendant et qui s'étendaient principalement au sud. La donation fut confirmée en 1222 par l'évêque de Troyes, en rappelant toutefois que la grange, terres comprises, resterait soumise à la dîme que se partageaient alors le prieuré bénédictin de Bouy (dép. de Cormery) et l'abbaye du Paraclet. Bien que tardive, cette grange deviendra rapidement l'une des plus importantes du temporel (cf. carte du temporel IVR21_20151000516NUCA), s'étendant à la mesure des donations qui se sont accumulées jusqu'à la fin du XIIIe siècle, jusque sur les finages voisins. Parmi ces donations, on retiendra celle de Pierre de Marpigny en 1238, consistant en droits et terres contiguës, celle de Renaud de Bouy qui affranchit l'abbaye en 1252 des clauses auxquelles était attachée la donation initiale de son père, ou encore celles d'Adam et Henri de Bouy augmentant chacun le domaine de 3, puis 10 nouveaux arpents en décembre 1261 et juin 1267. Cette grange était entre autres un centre de production lainière, au sujet de laquelle l'abbaye dut s'acquitter en 1257 de la dîme sur la laine des moutons. De même, la vigne y est signalée en 1245 comme nouvellement plantée (Le Clert, Notre-Dame de Seillières, p.274).

Le Clos de Mâcon fut baillé en 1485 à un marchand de Nogent-sur-Seine, afin de limiter les charges pesant sur les revenus de l'abbaye. Les termes du contrat disent assez l'état du domaine au sortir de la guerre de Cent-Ans, dont il a gravement souffert : « Comme plusieurs de noz maisons, granges et labouraiges soient à present à ruynes et venuz comme à non valloyr, tant par la fortune des guerres qui le temps passé ont eu cours en ce pays, comme parce que plusieurs des dites maisons, granches et terres ont esté tenuz et occupez par gens qui les ont lessez deschoyr, et mesmes noz maisons, granche et labouraige du clos de Celliers [sic] … » (AD10, 9 H 3). Dès 1489, le domaine fut mis en valeur par une riche famille locale, les Raguier, dont deux membres furent élus évêques de Troyes à la même époque. Il se composait « d'un corps de maison avec grange, étable, colombier, jardin et pourpris, fermé de murailles et de fossés, avec 300 arpents de terres, prés et pâtures ». À l'issue d'une lente remise en état, le Clos fut attribué à la mense abbatiale en 1621. Au moment de sa mise en vente en mars 1791, il s'étendait encore sur 350 arpents, bois compris (soit 155 ha environ). C'est un laboureur aisé de Bouy-sur-Orvin, qui l'acquit pour près de 100 000 £. Au début du XXe siècle, le Clos de Mâcon était la propriété d'un sénateur de l'Aube, M. Renaudat, qui en fit une ferme-modèle (Le Clert, Notre-Dame de Seillières, p.249-250).

Même si les bâtiments, formant un U au fond de la cour, correspondent globalement à l'emplacement du bâti que l'on peut voir encore sur le cadastre de 1838 (section A1), la ferme a été entièrement reconstruite, réaménagée et agrandie pour les besoins de la ferme-modèle (2e moitié du XIXe siècle ?). À cette occasion, l'abreuvoir a été comblé et surtout deux bâtiments en retour, qui fermaient la cour intérieure face à l'habitation actuelle, ont été démolis. Celui qui en constituait l'angle sud-est présentait par ailleurs des murs gouttereaux rythmés par un intéressant alignement de 9 contreforts. De taille modeste, soit approximativement 10 x 5 m, il est peu probable de voir là une ancienne grange stricto sensu mais plutôt une ancienne chapelle, dont la dimension sacrée aurait été un facteur temporaire de conservation. Dans une optique pédagogique et économique, de nouvelles ailes fonctionnelles ont alors été bâties, prolongeant l'ensemble jusqu'à la route.

Genre de cisterciens
Appellations Clos-de-Mâcon, Clos-de-Sellières
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Nogent-sur-Seine
Adresse Commune : Bouy-sur-Orvin
Lieu-dit : Le Clos
Adresse : 3 rue du Hameau du Clos , D 374
Cadastre : 1987 A1 87 à 91

Le Clos, ou Clos de Mâcon ou Clos de Sellières (10-com. Bouy-sur-Orvin), n'est pas une création cistercienne (ill. IVR21_20151000064NUCA). L'abbaye de Sellières l'a reçue en aumône de Pierre de Bouy en mai 1219, avec les terres en dépendant et qui s'étendaient principalement au sud. La donation fut confirmée en 1222 par l'évêque de Troyes, en rappelant toutefois que la grange, terres comprises, resterait soumise à la dîme que se partageaient alors le prieuré bénédictin de Bouy (dép. de Cormery) et l'abbaye du Paraclet. Bien que tardive, cette grange deviendra rapidement l'une des plus importantes du temporel (cf. carte du temporel IVR21_20151000516NUCA), s'étendant à la mesure des donations qui se sont accumulées jusqu'à la fin du XIIIe siècle, jusque sur les finages voisins. Parmi ces donations, on retiendra celle de Pierre de Marpigny en 1238, consistant en droits et terres contiguës, celle de Renaud de Bouy qui affranchit l'abbaye en 1252 des clauses auxquelles était attachée la donation initiale de son père, ou encore celles d'Adam et Henri de Bouy augmentant chacun le domaine de 3, puis 10 nouveaux arpents en décembre 1261 et juin 1267. Cette grange était entre autres un centre de production lainière, au sujet de laquelle l'abbaye dut s'acquitter en 1257 de la dîme sur la laine des moutons. De même, la vigne y est signalée en 1245 comme nouvellement plantée (Le Clert, Notre-Dame de Seillières, p.274).

Le Clos de Mâcon fut baillé en 1485 à un marchand de Nogent-sur-Seine, afin de limiter les charges pesant sur les revenus de l'abbaye. Les termes du contrat disent assez l'état du domaine au sortir de la guerre de Cent-Ans, dont il a gravement souffert : « Comme plusieurs de noz maisons, granges et labouraiges soient à present à ruynes et venuz comme à non valloyr, tant par la fortune des guerres qui le temps passé ont eu cours en ce pays, comme parce que plusieurs des dites maisons, granches et terres ont esté tenuz et occupez par gens qui les ont lessez deschoyr, et mesmes noz maisons, granche et labouraige du clos de Celliers [sic] … » (AD10, 9 H 3). Dès 1489, le domaine fut mis en valeur par une riche famille locale, les Raguier, dont deux membres furent élus évêques de Troyes à la même époque. Il se composait « d'un corps de maison avec grange, étable, colombier, jardin et pourpris, fermé de murailles et de fossés, avec 300 arpents de terres, prés et pâtures ». À l'issue d'une lente remise en état, le Clos fut attribué à la mense abbatiale en 1621. Au moment de sa mise en vente en mars 1791, il s'étendait encore sur 350 arpents, bois compris (soit 155 ha environ). C'est un laboureur aisé de Bouy-sur-Orvin, qui l'acquit pour près de 100 000 £. Au début du XXe siècle, le Clos de Mâcon était la propriété d'un sénateur de l'Aube, M. Renaudat, qui en fit une ferme-modèle (Le Clert, Notre-Dame de Seillières, p.249-250).

Période(s) Principale : 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle , (?)

Même si les bâtiments, formant un U au fond de la cour, correspondent globalement à l'emplacement du bâti que l'on peut voir encore sur le cadastre de 1838 (section A1), la ferme a été entièrement reconstruite, réaménagée et agrandie pour les besoins de la ferme-modèle (2e moitié du XIXe siècle ?). À cette occasion, l'abreuvoir a été comblé et surtout deux bâtiments en retour, qui fermaient la cour intérieure face à l'habitation actuelle, ont été démolis. Celui qui en constituait l'angle sud-est présentait par ailleurs des murs gouttereaux rythmés par un intéressant alignement de 9 contreforts. De taille modeste, soit approximativement 10 x 5 m, il est peu probable de voir là une ancienne grange stricto sensu mais plutôt une ancienne chapelle, dont la dimension sacrée aurait été un facteur temporaire de conservation. Dans une optique pédagogique et économique, de nouvelles ailes fonctionnelles ont alors été bâties, prolongeant l'ensemble jusqu'à la route.

Murs grès moellon crépi
Toit tuile plate, tuile mécanique, tôle ondulée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée surélevé, étage de comble
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
toit à longs pans pignon découvert
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.