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Mésancelle, ancienne grange de Signy

Dossier IA08002513 réalisé en 2015

Fiche

Mésancelle (08- com. Thin-le-Moutier) n’est pas mieux documentée que Draize ou Maimby (cf. carte du temporel ill. IVR21_20150800514NUCA). Elle est la seule grange médiévale à avoir été implantée dans le grand espace créé par la coalescence des clairières culturales de Signy, Dommery et Thin-le-Moutier. C’est dans la bulle du pape Alexandre III du 9 février 1163 que le lieu apparaît pour la première fois dans les archives de Signy : Erlaud d’Amagne donne Mésancelle, sans plus de précision. S’agit-il d’une simple terre ou d’un domaine déjà constitué ? L’abbaye, poursuivant sa politique d’affranchissement des contraintes juridiques pouvant grever ses domaines, acheta en 1227 à Henri d’Amagne le cens attaché à cette grange. Le rachat du cens fut l’objet deux ans après d’une confirmation faisant apparaître la mention de « la maison des moines de Mésancelle » et ses dépendances (V. Corneille, Acta de Signy, p. 335). On notera avec intérêt que le libellé de l’acte a privilégié le terme ”domus” au détriment de ”grange”. Si ailleurs, il a pu être montré que cette particularité terminologique ne relevait pas du hasard mais de dispositions hiérarchiques propres à certains temporels comme ceux de Clairvaux (cf. Ch. Wissenberg, Beaumont, 2007) ou de Quincy (cf. Ch. Wissenberg, ”L’abbaye de Quincy et ses granges”, Annales de Bourgogne, 2011), il semble en aller différemment ici. Une investigation poussée serait sans doute riche en enseignements. Quoi qu’il en soit, le territoire qui a fini par être constitué autour d’elle était manifestement assez moyen (170 ha) : il est encore nettement perceptible sur la carte topographique actuelle et l’orthophotoplan correspondant, où l’on peut constater une correspondance parfaite avec l’espace compact qui a servi de base à la délimitation du quartier cadastral en 1830. Cette relative modestie se retrouve aussi dans le revenu annuel qu’elle apportait à la mense conventuelle en 1790 : 1575 £, toutes redevances comprises, soit 8 fois moins qu’une grange comme Bray ou Chaudion.

Les bâtiments qui composent aujourd’hui cette ferme (habitation, étables, remises et hangars) (ill. IVR21_20150800150NUCA) sont tous issus de reconstructions du XXe siècle, réalisées contre le corps de bâtiment précédent (auj. détruit), qui enserrait en 1830 une cour carrée, traversée par le chemin de desserte. Le pourtour du domaine, l’emprise de l’ancien pourpris de la grange et les divisions internes de l’espace cultivé, héritées vraisemblablement des anciennes soles, sont encore étonnamment perceptibles et matérialisées sur le terrain (haies et chemins). À ce titre, Mésancelle incarne bien l’inertie des grands domaines monastiques dont les structures ont perduré jusqu’à nos jours, soit plus de 200 ans après leur suppression.

Genre de cisterciens
Appellations Mésancelle, Mézancelle
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Signy-l'Abbaye
Adresse Commune : Thin-le-Moutier
Lieu-dit : Mézancelles
Cadastre : 1995 D1 25-26, 28-29 ferme actuelle : parcelles 25 et 26 ferme détruite : parcelles 28 et 29

Mésancelle (08- com. Thin-le-Moutier) n’est pas mieux documentée que Draize ou Maimby (cf. carte du temporel ill. IVR21_20150800514NUCA). Elle est la seule grange médiévale à avoir été implantée dans le grand espace créé par la coalescence des clairières culturales de Signy, Dommery et Thin-le-Moutier. C’est dans la bulle du pape Alexandre III du 9 février 1163 que le lieu apparaît pour la première fois dans les archives de Signy : Erlaud d’Amagne donne Mésancelle, sans plus de précision. S’agit-il d’une simple terre ou d’un domaine déjà constitué ? L’abbaye, poursuivant sa politique d’affranchissement des contraintes juridiques pouvant grever ses domaines, acheta en 1227 à Henri d’Amagne le cens attaché à cette grange. Le rachat du cens fut l’objet deux ans après d’une confirmation faisant apparaître la mention de « la maison des moines de Mésancelle » et ses dépendances (V. Corneille, Acta de Signy, p. 335). On notera avec intérêt que le libellé de l’acte a privilégié le terme ”domus” au détriment de ”grange”. Si ailleurs, il a pu être montré que cette particularité terminologique ne relevait pas du hasard mais de dispositions hiérarchiques propres à certains temporels comme ceux de Clairvaux (cf. Ch. Wissenberg, Beaumont, 2007) ou de Quincy (cf. Ch. Wissenberg, ”L’abbaye de Quincy et ses granges”, Annales de Bourgogne, 2011), il semble en aller différemment ici. Une investigation poussée serait sans doute riche en enseignements. Quoi qu’il en soit, le territoire qui a fini par être constitué autour d’elle était manifestement assez moyen (170 ha) : il est encore nettement perceptible sur la carte topographique actuelle et l’orthophotoplan correspondant, où l’on peut constater une correspondance parfaite avec l’espace compact qui a servi de base à la délimitation du quartier cadastral en 1830. Cette relative modestie se retrouve aussi dans le revenu annuel qu’elle apportait à la mense conventuelle en 1790 : 1575 £, toutes redevances comprises, soit 8 fois moins qu’une grange comme Bray ou Chaudion.

Période(s) Principale : 1ère moitié 20e siècle

Les bâtiments qui composent aujourd’hui cette ferme (habitation, étables, remises et hangars) (ill. IVR21_20150800150NUCA) sont tous issus de reconstructions du XXe siècle, réalisées contre le corps de bâtiment précédent (auj. détruit), qui enserrait en 1830 une cour carrée, traversée par le chemin de desserte. Le pourtour du domaine, l’emprise de l’ancien pourpris de la grange et les divisions internes de l’espace cultivé, héritées vraisemblablement des anciennes soles, sont encore étonnamment perceptibles et matérialisées sur le terrain (haies et chemins). À ce titre, Mésancelle incarne bien l’inertie des grands domaines monastiques dont les structures ont perduré jusqu’à nos jours, soit plus de 200 ans après leur suppression.

Murs calcaire moellon
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général (c) Région Grand-Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


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